‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 2)Chapitre 63 sur 121 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION

Résumons-nous :

L'abatage à l’âge d’exploitabilité,

L'application des règles sur l’assielte des coupes.

La réalisation d'un rapport annuel et soutenu,

Tels sont les résultats que l’on doit se préoccuper d'assurer dans la formation du plan d'exploitation du taillis simple.

Plusieurs causes peuvent s’y opposer :

1° La situation relative des parcelles d’âges différents;

2° La différence des âges d’exploitabilité des peuplements de ces parcelles;

9° Le défaut de gradation dans les âges ;

h° L'inégalité dans les puissances productives des parcelles.

Les deux premières causes contrarient l’obtention des deux premiers résultats ; le fâcheux effet de l’une d'elles, la seconde, est irrémédiable : lorsque l’exploitabilité n’est pas la même pour toutes les parcelles, il n’est pas possible de les faire arriver en tour d'exploitation à l’époque correspondant à cet àge, sans s’écarter des prescriptions des règles d’assiette, et vice versâ; aussi, doit-on s'abstenir de comprendre dans le même aménagement des peuplements exploitables à des âges différents. Quant aux obstacles qui proviendraient de la situation relative des parcelles, on les surmonte en se condamnant à une perte temporaire d’accroissement; et comme, dans les taillis, la révolution n’est pas assez longue pour que cette perte soit jamais bien cons'dérable, on néglige ordinairement de la répartir sur plusieurs révolutions, à moins que l'intérêt de la reproduction ne le réclame.

Les autres causes qui intéressent particulièrement le rapport soutenu, exigent aussi des sacrifices d’accroissement : ainsi, pour rétablir dans les âges la gradation convenable, il est nécessaire d'exploiter, une ou plusieurs fois, un nombre plus ou moins grand de parcelles, soit avant, soit après l’âge d’exploitabilité ; mais, par la raison que je viens de donner, il est rare que l’on ne puisse pas, à cause des pertes qui en résulteraient, procéder immédiatement à l'établissement de l’ordre définitif.

Pour ce qui est de l'inégalité dans les puissances productives des parcelles, elle tient à plusieurs circonstances plus ou moins dignes d'attention, et qui se partagent en deux catégories bien distinctes :

Les unes sont accidentelles et temporaires, les autres sont permanentes.

Si l’on tenait compte des premières, on nuirait infailliblement à la régularité des exploitations, laquelle est très-importante à obtenir; on retarderait la réalisation de l’état normal, résultat non moins désirable. On ne doit donc, en principe, attacher de l'importance qu'aux diflérences qui porteraient sur la nature des essences, sur leur exploitabilité, sur la qualité du sol, sur la nature du climat, et qui seraient susceptibles d'entraîner des variations sensibles dans les produits annuels. Pour les taillis, ces variations sensibles se présentent rarement, et quand elles se présentent, la division de la forêt en séries * permet presque toujours d'y obvier et de se dispenser des calculs très-incertains que nécessiterait la détermination de contenances inversement proportionnelles à la puissance productive. — De sorte que, en définitive :

Lorsqu'on veut régulariser lexploitation d’une forêt traitée en taillis simple, on se borne ordinairement à la partager en coupes régulières, d’égales contenances, exploitables de proche en proche, dans le sens prescrit par les règles d’assiette.

C’est en cela que consiste l'opération essentielle

4, Voir la quatrième étude.

DU PLAN D EXPLOÏTATION. : 291

de l'aménagement, et mes lecteurs, qui ne ignorent pas, auront été peut-être surpris des longs développements et des hypothèses plus ou moins vraisemblables, dont J'ai fait précéder cette conclusion ; ils se seront dit plus d’une fois : Est-ce que l’on se donne tant de peines pour former le plan d’exploitation d’un taillis ? est-ce qu'on y met tant de facons ?

Je dois répondre à ces objections :

Les diverses combinaisons que j'ai exposées ne sont point restées à l’état de pures spéculations: on les a pratiquées, on les pratique encore, même dans les taillis. Toutefois, leur utilité, pour les peuplements de ce genre, est souvent contestable, et si, malgré cela, je les ai étudiées avec une attention qui peut, au premier abord, paraîlre superflue, c'est parce que je me préoccupais de leur application dans les forêts soumises aux autres modes de culture. En traitant de l'aménagement des futaies, nous retrouverons les exigences que nous avons rencontrées dans celui des taillis. Nous les retrouverons agrandies, et nous reconnaitrons que pour y satisfaire, dans la formation du plan d'exploitation, il est souvent nécessaire de recourir aux combinaisons dont il s’agit,

Parmi les suppositions qui auront probablement le plus étonné ceux de mes lecteurs qui ne considèrent que le côté pratique des choses, il en est deux surtout qui ont dû les frapper :

Jai, par exemple, admis la possibilité de distinguer dans la description spéciale et dans le parcellaire

qui l'accompagne, les peuplements dont les âges ne ë

diffèrent que d’un an. Jai admis, en outre, que le parcellaire pouvait être assez détaillé pour que chaque coupe contint plusieurs parcelles.

Ces suppositions, évidemment forcées ‘, avaient pour but de faciliter mes démonstrations, de rendre plus intelligible, en le complétant, le mécanisme de la formation du plan d'exploitation. Pour faire comprendre ce mécanisme, il ne fallait pas seulement le réduire à la plus simple expression, en l'étudiant dans les taillis ; il fallait supposer toutes les conditions propres à meltre en évidence jusqu'aux plus petits de ses rouages.

En théorie, on est absolu, on ne recule devant aucune hypothèse, lorsqu'elle est utile à une démonstralion, et qu'elle n’est pas d’ailleurs manifestement contredite par la nature des choses.

En pratique, on fait ce que l’on peut, dans l’ordre des choses réellement utiles; mais pour ne point se tromper dans le choix des choses possibles et utiles, 1l est indispensable d’être pénétré de tout ce que comporterait lapplication rigoureuse de la théorie.

En réalité, on ne s’attache pas, je l’ai déjà dit, dans la division d'une forêt en parcelles, à ces nuances à peine perceptibles qui résulteraient de l'accroissement d’une année en plus ou en moins. En réalité, on fait ordinairement ces parcelles assez orandes pour que l’on puisse en former plusieurs

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