‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 2)Chapitre 66 sur 121 · A CE QUE L’ON ADOPTE · texte numérisé non relu

A CE QUE L’ON ADOPTE

POUR LE TABLEAU DES EXPLOITATIONS DES FUTAIES, LE MÊME CADRE QUE POUR CELUI DES TAILLIS.

Nous avons à régler la marche et la quotité des exploitations d'une futaie, dont la contenance est de 200 hectares, dont les parcelles sont toutes exploitables à 100 ans ‘; nous avons sous les yeux le cahier de la description spéciale, et le plan topographique sur lequel chaque parcelle figure avec l'indication de son étendue et de son âge; essayerons-nous, et suffi-

1. Ce chiffre de 400 ans n’a aucune signification pratique. I] est évidemment trop faible pour la plupart des futaies, et on verra plus tard qu'il convient d’ailleurs d'adopter autant que possible pour la révolution un chiffre divisible par un grand nombre de facteurs. (Note de la 2° édition.)

rait-il, pour atteindre le but que nous nous proposons, de remplir un tableau semblable à celui que nous avons dressé pour le taillis simple et qui comprendrait, en conséquence, autant de colonnes qu'il y à d'années dans l’âge d’exploitabilité, ou, ce qui revient au même, dans la révolution?

Un semblable travail rencontrerait des difficultés mécaniques presque insurmontables, dans le grand nombre des colonnes entre lesquelles devrait se faire la répartition des parcelles ; mais il ÿ à pour ne pas l'entreprendre une raison culturale péremptoire, raison qui consiste en ce que l'application de la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies périodiques ne pourrait se concilier avec un plan dans lequel la contenance, l'emplacement et l’époque des coupes annuelles, seraient préalablement et invariablement fixés.

Admettons en effet que surmontant les difficultés mécaniques de la répartition des parcelles, on soit parvenu à classer ces dernières dans les cent colonnes du tableau d'exploitation ; supposons que, la sradation des âges étant parfaitement régulière et les conditions de végétation uniformes, on ait trouvé une égale contenance pour le total de chaque colonne ; faisons abstraction des règles d’assiette.

Nousserait-il permis d'affirmer, en présence de cet état de choses, que le plan d'exploitation ne laisse rien à désirer, et qu’il ne reste plus qu’à l'appliquer sur le terrain ?

Nous n’y serions nullement autorisés,-et c’est ce

dont on s’assurera facilement, si on se rappelle, d’une part, le troisième des principes que nous avons posés comme l’une des bases essentielles d’un bon plan d'exploitation, et, de l’autre, les règles de culture relatives au traitement des futaies destinées à être régénérées par les semis naturels.

Que dit ce principe ? — Que l’on doit établir pour la répartition des produits à réaliser, dans le cours de la révolution, un règlement qui, tout en se conciliant avec les exigences de la culture, soit de nature à assurer le rapport annuel soutenu.

Que disent ces règles ? — Que l’exploitation des massifs à régénérer doit être faite en plusieurs fois, si l’on veut procurer d’abord l’ensemencement complet du terrain, placer les graines dans les conditions les plus favorables à leur germination, et ne livrer ensuite les jeunes repeuplements aux influences de l'atmosphère, qu'avec les ménagements que réclame leur tempérament.

On ne saurait donc prévoir le nombre d’arbres que l’on abattra dans la coupe d’ensemencement ; on ne saurait préciser ni l’époque, n1 l'importance, ni l'emplacement de la coupe secondaire et de la coupe définitive; on ne saurait enfin fixer le rang de chacune des coupes de régénération, lui donner un numéro d'ordre et l’exploiter dans l’année correspondante; et, par conséquent, un plan dans lequel ces différents points seraient arrêtés, violerait les règles élémentaires de la culture: Nous verrons plus tard que tous les efforts faits pour concilier ces règles

avec le rapport soutenu et les avantages inhérents à la détermination, par contenance, des coupes annuelles, n'ont abouti et ne pouvaient aboutir à aucun résultat pratique. Pour le moment, je me borne à constater qu'il n'est pas possible de régler d'avance dans une futaie; comme on a proposé de le faire dans les taillis, l'ordre dans lequel se succéderont les coupes principales annuelles.

Ainsi, pas de doute à cet égard : le cadre adopté pour la formation du tableau d'exploitation des taillis, est inadmissible pour la formation du même tableau, dans les futaies traitées par la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies périodiques. Il est inconciliable avec les principes de la culture. surtout quand on les considère dans leur application aux coupes principales.

ARTICLE IT

DE LA DIVISION DE LA RÉVOLUTION PRINCIPALE. EN PÉRIODES ET DU PARTAGE DE LA FORÉT

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