DES MASSES, DES SECTIONS, DES SÉRIES
ARTICLE PREMIER
OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
La science de l’aménagement serait une science difficile à comprendre, si l’on voulait approfondir dans tous leurs détails, au fur et à mesure qu’elles se présentent, les différentes questions dont elle réclame l’examen.
Je me suis appliqué, dans ces études, à dégager les principes fondamentaux, des objets secondaires qui auraient pu en compliquer la démonstralion, et en rendre l'intelligence laborieuse. J'ai réduit ces
principes à leur plus simple expression, dans la pensée que c'était le meilleur moyen pour faire saisir au lecteur les rapports qui les lient. Mon but était surtout de mettre en relief l’enchaïînement logique des opérations que j'avais à exposer; de montrer comment elles se commandent successivement l’une l’autre; et je crois que si j'avais atteint ce but, j aurais répondu à tout ce que l’on peut exiger d'un travail qui est plutôt un programme qu'un traité sur la matière.
Ces observations préliminaires expliquent pourquoi j'ai fait imprimer l'étude sur le partage de la forêt en masses, en sections, et en séries, après les autres.
C'est que ce partage, malgré son importance dans la pratique, est, au point de vue de la théorie. un de ces objets secondaires, qu’il n’est pas indispensable de connaître pour comprendre le mécanisme de l'aménagement.
J'entends par masse une partie de forêt qui, à priori, sans qu'il soit besoin d’une reconnaissance préalable, à raison de sa grande étendue, de sa situation topographique, de ses débouchés, peut être considérée comme indépendante du surplus. Quand une vaste forêt, comme celle d'Orléans par exemple, présente plusieurs parties dans ces conûitions-là, il convient tout d’abord de la diviser en autant de masses distinctes que l’on envisage comme des forêts à part; mais cette division dont les bases sont évidentes par elles-mêmes, ne réclame aucun développement et je n’en parlerai pas davantage.
Ou entend par section une partie de forêt ou de masse qui se distingue du surplus par le mode d'exploitation (taillis, futaie régulière, futaie jardinée etc.), auquel elle doit être soumise. Pour savoir combien il y a lieu de former de sections dans une forêt, il faut en avoir fait une reconnaissance générale. Cependant, ici encore, les principes d’après lesquels où se règle dans le partage d’une forêt ou d’une masse en sections, sont trop simples pour qu'il soit nécessaire de nous y arrêter.
Enfin, on entend par série, une partie de forêt, de masse ou de section, destinée à êlre soumise à un plan spécial d’expioitation et à fournir par conséquent une suite de coupes annuelles.
La division d’une forêt en séries est une opération souvent désirable, quelquefois nécessaire, mais qui, dans certains cas, pourrait avoir des inconvénients.
ARTICLE LI