CHOIX DU MODE D*BXPLOITATIOH
Ce choix ne saurait être douteux pour les essences qui sont privées de la propriété de repousser par la souche. Il est évident que le mode de la futaie est le seul qui leur soit applicable; mais les bois feuillus jouissent tous, à un degré plus ou moins grand, de la faculté de produire des rejets quand on les a coupés par le pied ; ils peuvent par conséquent être exploités soit en taillis, soit en futaie; et suivant qu'ils seront exploités d'après l'un ou l'autre mode, leur exploitabilité devra être ou très-avancée ou trèsreculée.
1. Je ne tiendrai pas compte des drageons et des marcottes qui ne sont que des exceptions.
iSS AMÉNAGEMENT DES FORÊTS.
Les considérations d'après lesquelles on se guide, dans le choix du mode d'exploitation, sont comme toujours, en économie forestière, de deux sortes : cuUurales et économiques.
Je vais comparer, à ces deux points de vue, le taillis simple à la futaie, et je m'occuperai ensuite du taillis composé.
Du taillis simple et de la futaie au point de yue cultural.
M. Parade a parfaitement démontré, dans son examen comparé des trois principales méthodes d'exploitation, les inconvénients du taillis et les avantages de la futaie. Je ne veux pas refaire cet examen. Je me bornerai à mettre en relief les principales conséquences qui en découlent, et à les accompagner de quelques réflexions.
Ces conséquences se résument dans les quatre propositions suivantes :
i* La méthode de la futaie a pour résultat d'améliorer le sol; celle du taillis tend à le détériorer.
2° La méthode de lu futaie permet de garantir la végétation contre les intempéries du climat; celle du taillis la livre sans défense à ces intempéries.
â° La méthode de la futaie est beaucoup plus favo^ rabk à la régénération que celle dû taillis.
4° La méthode de la futaie favorise la croissance des sujets qui composent un massif; celle du taillis l'entrave.
DE L'EXPLOITABILITÉ. 129
V Influence du mode d'exploitation sur le soL
Le sol, pour la culture des boîs, emprunte surtout ses éléments de fertilité à l'humus. Il peut à la rigueur se passer d'humus, quand il est constitué physiquement d'une façon particulièrement avantageuse. Il n'en a jamais trop et il devient stérile quand^ à la mauvaise qualité de ses composants minéralogiques, il joint l'absence complète de substances organiques.
Mais l'humus ne se forme, on le sait, que sous l'influence de l'humidité, de la chaleur et d'un air calme. Cette influence est grande et prolongée dans les futaies; elle est faible et courte, au contraire, dans les taillis dont le sol est, à des périodes rapprochées, exposé à l'action desséchante du soleil et des vents.
Avec le temps, le sol s'enrichit donc de plus en plus dans le premier cas; avec le temps, il s'appauvrit donc de plus en plus dans le second.
Je crois que cet appauvrissement n'est plus contesté aujourd'hui par personne; il devient plus ou moins grave suivant le climat, la situation, et la nature de la base minéralogique.
Si le climat est humide, les inconvénients du taillis seront moindres quant à la fertilité du sol, que s'il est sec; si le terrain est en plaine, moindres que s'il est en pente; s'il est en pente septentrionale, moindres que s'il est en pente méridionale ; s'il est imperméable, moindres que s'il ne l'est pas ^