‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 3)Chapitre 45 sur 92 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

DU PLAN d'exploitation DANS LES TAILLIS SIMPLES.

ARTICLE PREMIER

DU TABLEAU DES EXPLOITATIONS ET DES DIPFlGULTiS

QUE rencoutre sa formation.

Nons avons affaire à un taillis dont la contenance est de 200 hectares, dont les parcelles sont toutes exploitables à 20 ans, et par conséquent dans une révolution principale de 20 ans\ Nous avons sous les yeux le cahier de la description spéciale et le plan topographique sur lequel les parcelles ont été figurées avec rindication de leur étendue et de leur âge respectifs. Nous reroplirons le tableau ci-contre :

Pour savoir quelle est celle des 20 dernières colonnes à laquelle appartient une parcelle quelconque, il suffira de prendre la différence^entre Tâge d'exploitabilité et Tâge actuel de cette parcelle ; si la différence était de 5 années, ce serait dans la cin-

4 . Il est bien entendu qae ce chiffre de SO ans est arbitraire. On n'en a pas pris un plus élevé, afin de simplifier la démonstration. (Note de la 2* édition.)

quième colonne, qu'il faudrait placer la parcelle en question ; si elle était nulle ou négative, ce qui indiquerait que la parcelle est exploitable depuis plus ou moins longtemps, on la colloquerait dans la première colonne.

Au lieu du classement rigoureux que je suppose ici et qui implique que dans la reconnaissance de la forêt on est parvenu à distinguer les peuplements dont les âges ne diffèrent que d'un an *, on pourrait adopter un classement de 5 en 5 ans, et remplacer les 20 dernières colonnes du tableau par k colonnes seulement, dont la première comprendrait les bois exploitables dans la première période de 1 à 5 ans ; la deuxième, les bois exploitables dans la deuxième période de 6 à 10 ans, etc., etc. Je conserverai néanmoins le classement que mes lecteurs ont sous les yeux, parce qu'il est propre à rendre plus intelligibles les observations auxquelles la formation d'un plan d'exploitation est susceptible de donner lieu.

La contenance de la forêt étant de 200 hectares, l'âge d'exploitabilité de 20 ans, il est clair que, si toutes . les parcelles étaient placées dans les mêmes conditions de végétation et présentaient la gradation d'âge convenable, on devrait trouver au total de Chacune des 20 dernières colonnes du tableau un

4. Contrairement aux règles que j*ai exposées au sujet du parcellaire, pages 48 et suivantes, règles qui n'admettent pas non plus qu'il faille plusieurs parcelles pour former une coupe. (Note de la SI* édition.)

chiffre égal au quotient de l'étendue de la forêt par Tâge d'eiploitabilité, et, par conséquent, 10 hectares.

Si, d'un autre côté, en rapprochant l'assiette des coupes résultant de ce classement de celle que prescrivent les règles de la culture, on constatait qu'elle n'y déroge pas, on en conclurait que ledit classement ne laisse rien à désirer, et il n'y aurait plus qu'à l'appliquer sur le terrain, au moyen de laies sommières et séparatives, de fossés, de bornes et de numéros indicateurs.

Le plan d'exploitation se trouverait parfaitement en harmonie avec les principes que nous avons posés dans le premier chapitre de cette étude : la production maxima serait assurée, puisque chaque parcelle arriverait en tour d'exploitation à l'époque correspondante à son âge d'exploitabîlité; les règles sur l'assiette des coupes seraient observées d'après la supposition que nous avons faite ; et le rapport soutenu serait réalisé, puisque les conditions de végétation étant les mêmes pour toutes les parcelles, chaque coupe donnerait à surface égale un produit égal ; enfin, la méthode d'exploitation du taillis simple consistant à couper, à blanc étoc, les peuplements destinés à être régénérés, il en résulte que l'on peut, sans contrarier l'application de cette méthode, préciser l'année et l'emplacement où chaque coupe devra être effectuée, et que les prescriptions du plan d'exploitation, à ce sujet, se concilient avec les exigences de la culture.

Ce plan ne serait cependant pas complet, si l'on

n'y ajoutait, comme annexe, les indications nécessaires, relativement aux coupes d'amélioration (nettoiements) et à la réserve en baliveaux de l'âge, que rétat du peuplement ou l'intérêt du propriétaire pourrait réclamer.

Les nettoiements.dans les taillis il'ont, en général, aucune importance, au point de vue de leur rendement immédiat en matière ou en argent; ils en ont une plus ou moins grande, quelquefois nulle, au point de vue cultural ; il n'était donc pas nécessaire d^ les faire figurer dans le tableau d'exploitation qu'ils auraient compliqué sans utilité. Quant aux baliveaux à réserver, on ne saurait d'avance en préciser ni le nombre ni la grosseur.

L'aménagement d'une forêt placée dans les conditions favorables que nous avons admises serait, comme on le voit, bien facile à faire ; mais ces conditions sont, on peut le dire, imaginaires. Nos forêts offrent, presque toutes, une grande irrégularité de peuplement, qui tient en partie à la nature même des choses et qui les éloigne plus ou moins de la forêttype que nous avons prise pour exemple : tantôt c'est l'âge d'exploitabilité qui n'est pas le même pour tous les massifs qu'on voudrait comprendre dans le même aménagement; tantôt c'est la gradation des âges qui est insuffisante ou qui ne s'accorde pas avec les règles d'assiette des coupes; ou bien c'est la puissance productive du sol qui est inégale... et ces circonstances fâcheuses font du règlement d'exploitation une opération quelquefois très-délicate et très-ardue.

Examinons successivement les principaux embarras qui peuvent se produire, et cherchons les moyens de les surmonter.

Ces embarras sont presque toujours complexes et contradictoires en ce sens qu'il est rarement possible de remédier à un inconvénient sans en faire naître un autre.

La question est donc de savoir, entre deux maux, choisir le moindre.

ARTICLE II

CLASSEMENT DES PARCELLES SUIVANT L'AGB D*EXPLOITABILlTé.

Cette considération de l'âge d'exploitabilité est celle qui se présente la première à l'esprit, quand on veut procéder au classement des parcelles dans le tableau d'exploitation.

Rien de plus facile que de s'y conformer, lorsque l'âge d'exploitabilité est le môme pour toutes les parcelles de la forêt, et qu'aucune raison ne s'oppose à ce que les peuplements que renferment ces parcelles puissent rester sur pied jusqu'à l'époque correspondante à cet âge.

Mais, l'âge d'exploitabilité étant le même pour toutes les parcelles, il arrive souvent que, par suite, soit d'une exploitation vicieuse, soit d'un abroutissement, d'une gelée ou de toute autre cause acciden-

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telle, le peuplement d'une ou plusieurs d'entre elles exige une exploitation anticipée. Les faits de ce genre sont consignés dans le tahier de la description spéciale; on doit y avoir égard, et pour cela on classe les parcelles dans les colonnes du tableau qui correspondent, non à l'âge normal d'exploitabilité, mais à J'âge où elles devront être réellement exploitées, à raison de l'état accidentellement mauvais de la végétation.

Lorsque l'âge d'exploitabilité n'est pas le même pour toutes les parcelles, on adopte pour base du règlement d'exploitation l'âge d'exploitabilité le plus reculé, et l'on partage en conséquence le tableau de classement en autant de colonnes qu'il y a d'années dans cet âge. On colloque ensuite les différentes parcelles dans c'es colonnes, de manière que chacune d'elles arrive périodiquement en tour d'exploitation à l'âge qui lui convient; mais, pour cela, il faut^que l'âge d'exploitabilité le plus reculé soit un multiple des autres, et, alors, on fait figurer chaque parcelle dans le tableau, autant de fois qu'il y a d'unités dans le quotient de cet âge d'exploitabilité par le sien. Une parcelle en châtaigniers qui serait, par exemple, exploitable à 10 ans, figurerait deux fois dans le tableau d'exploitation d'une forêt dont la révolution serait fixée à 20 ans.

Lorsque certaines parcelles ont un âge d'exploitabilité qui n'est pas renfermée un nombre exact de fois dans la révolution adoptée, elles ne peuvent être comprises dans le même aménagement, à moins qu'on

ne se résigne à les couper avant ou après leur âge d'exploitabilité, ou qu'on ne les destine à une transformation qui les ferait rentrer dans les conditions désirables. Si un peuplement, exploitable à 15 ans. appartenait, par exemple, à une forêt dont le surplus serait exploitable à 20, on pourrait classer ce peuplement dans le tableau d'exploitation de manière à le faire arriver en tour d'exploitation, dans la première révolution, à Tépoque correspondante à son âge d'exploitabilité de J5 ans; seulement, pour le , maintenir dans l'aménagement sans être forcé de modifier à chaque révolution le plan d'exploitation, il faudrait, à partir au moins de la deuxième, ou porter à 20 ans son âge d'exploitation, ou le réduire à 10, ou substituer à Tessence dont il se compose, une essence dont Tâge d'exploitabilité serait conciliable avec celui des autres parcelles.

La divisibilité de l'âge d'exploitabilité le plus reculé par les autres, est donc la seule condition rigoureusement indispensable pour que l'on paisse comprendre dans le même aménagement, des parcelles dont l'exploitabilité différerait; mais on verra que cette différence est souvent un obstacle à l'application des règles d'assiette et rend, dans tous les cas, l'établissement du rapport soutenu d'autant plus difficile, que les parcelles exploitables à l'âge le plus reculé sont moins nombreuses par rapport aux autres. Aussi, dans la pratique, adopte-t-on pour base du classement l'âge d'exploitabilité qui convient k la majorité des parcelles, et laisse-t-on en dehors

de r aménagement tous les peuplements exploitables à un âge plus avancé, lorqu'on croit devoir se conformer à leur âge d'exploitabilité.

Quant aux parcelles exploitables à une époque plus rapprochée, leur classement se fait comme je l'ai indiqué.

Une fois le classement des parcelles établi d'après les considérations précédentes, il faut voir s'il est en harn^onie avec les règles sur l'assiette des

coupes.

ARTICLE III

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