‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 3)Chapitre 63 sur 92 · ET LA MARCHE DES COUPES, PROVISOIRE · texte numérisé non relu

ET LA MARCHE DES COUPES, PROVISOIRE

ARTICLE PREMIER

UTILITÉ DE LA FORMATION PRÉALABLE D(] TABLEAU DES AFFECTATIONS NORMALES.

Quelle que soit la première révolution adoptée, qu'elle soit définitive, transitoire ou préparatoire; quelles que soient également la nature et la variété des exploitations à faire dans cette première révolution ; enfin, quelque grande que puisse être la différence entre la marche des coupes dans ladite révolution et la marche des coupes dang les révolutions ultérieures, je suis convaincu que de toutes les bases que Ton pourrait imaginer afin d'assurer la régularisation de la forêt, la meilleure, la plus efficace , la plus certaine, consiste dans le tableau des affectations qu'il serait utile de former, si cette forêt était à l'état ïiormal. Je ne crois pas qu'aucune lacune, dans l'état actuel du peuplement, puisse dis-

penser de celte formation qui est destinée à mettre constamment sous^ les yeux des agents d'exécution, le but auquel ils doivent tendre, et qui exempte par conséquent de remplir les procès-verbaux d'aménagement des nombreuses recommandations qu'on s'est cru jusqu'à présent obligé d'y consigner, au sujet du traitement des parcelles. Toutes ces recomniandations, qu'on y réfléchisse, et on reconnaîtra que j'ai raison, toutes ces recommandations peuvent être, en général, avantageusement remplacées par lacollocation des diiTérentes parcelles dans les affectations normales des périodes. 'Cette coUocation indiquant d'une manière précise la classe d'âge dont une parcelle est appelée à faire partie, la fonction qu'elle aura à remplir dans l'aménagement définitif, indique en même temps quels sont les soiils qu'il faut lui donner pour la transformer de la façon la plus convenable; et si l'on admet, ce qui doit être, que les agents d'exécution connaissent les principes de la culture, il n'est pas nécessaire de leur dire, dans le cahier d'aménagement, la manière dont ils auront à faire les balivages, les semis, les plantations, etc., pour atteindre le but que l'on se propose.

Une dernière observation achèvera, je le pense, de lever toute incertitude sur l'utilité et la possibilité de cette formation préalable des affectations normales: C'est qu'après tout, lorsqu'elle n'existe pas sur le terrain et sur le papier, il faut bien cependant l'avoir dans la tête, quand on procède à la régularisation d'une forêt, n'aurait-on à y faire que des éclaircies ;

car enfin, en réalité, quel que soit Tétat d*un massif que Ton veut aménagefi', l'aménagement consiste dans un travail de transformation qui peut sans doute être plus ou moins difficile, plus ou moins compliqué, plus ou moins long ; mais qui ne cesse pas d'avoir le même objectif, de tendi^e exactement au même but et qui comporte en conséquence la même. méthode et la même base. Cette base^ c'est le tableau des affectations normales ; cette méthode, c'est la subordination du caractère des exploitations, à la place qu'occupent les parcelles dans ledit tableau. Ce sont là des idées qui sembleront peut-être trop absolues, je le crains. Trop absolues, soit : nous faisons de la théorie, et par conséquent nous visons à l'absolu. Sont-elles justes ? sont-elles vraies? sont-elles propres à apporter la lifmière et Tunitédans les travaux d'aménagement? Telle est la question.

A mes yeux, les aménagements, proprement dits, les transformations, les conversions, rentrent dans le même genre d'opérations. Toutes ces opérations peuvent différer par quelques expédients; jamais par les moyens fondamentaux, et il me parait nécessaire qu'on puisse reconnaître, retrouver dans les plans qui les résument, les principes essentiels que nous avons essayé d'analyser.

Eh quoi ! dira-t-on peut-être, vous voulez assujettir la transformation d'un massif composé d'arbres de 20 à 40 ans, entremêlés, aux mêmes règlements, au même plan que l'aménagement d'une forêt qui contiendrait toutes les classes d'âge nécessaires, pour

qu'on pût y entreprendre et y continuer des coupes de régénération ?

Oui c'est là ce que je demande, et je pense même que cela est indispensable pour que l'on ne soit pas privé du seul guide propre à assurer la marche de la transformation du massif que l'on vient de prendre pour exemple. En effet/ cette transforn^tion doit tendre, sous peine de manquer un des buts principaux de la culture des bois, à créer dans le massif en question, une gradation d'âge qui permette d'en retirer un jour le rapport soutenu le plus avanta;geux. Mais il s'agit alors de faire un aménagement ou d'en préparer au moins les éléments ; or, pour cela, il faut évidemment se fixer sur l'âge d'exploitabilité, sur la durée de la révolution définitive, sur le sens dans lequel il importe que les classes d'âge se suivent ; car, autrement, on ne saurait quels sont les sujets qu'il convient de conserver, ceux qu'il y a lieu d'abattre, etc. Bien que les opérations possibles actuellement ne soient que des éclaircles, on s'exposerait à compromettre par la manière de les effectuer, la formation des classes d'âge.

Admettez, au contraire, que la révolution définitive devant être de 100 ans et les périodes de 20, on ait partagé le massif en cinq parties d'égale productivité, et indiqué la période dans laquelle il serait désirable que chacune d'elles pût être régénérée; alors, les agents d'exécution sauront, en procédant aux éclaîrcies : qu'ici il faut ménager les bois de 40 ans; que là on doit les sacrifier; et,, quand

arrivera Tépoque à laquelle pourront commencer les coupes de régénération, la forêt sera susceptible d'un rapport annuel.

Le tableau des affectations normales étant arrêté,

examinons comment on règle les exploitations dans

les forêts auxquelles on est obligé d'appliquer une

révolution principale transitoire ou une révolution

.préparatoire.*

On peut être conduit à adopter une révolution transitoire, lorsque l'âge trop avancé des massifs les plus jeunes ne permet pas de les laisser sur pied jusqu'à la fin" de la révolution normale ; et une révolution préparatoire, lorsque Tâge trop peu avancé des massifs les plus vieux ne permet pas de les exploiter immédiatement.

ARTICLE II

DES RÈGLEMENTS D^EXPLOITATIQN,

DANS LE CAS OU l'AGB TROP AYANGÉ DES MASSIFS

Page 1