‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 4)Chapitre 13 sur 112 · XXXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXII PRÉFACE

leur caractère, on les voit tout pleins d’un respect religieux pour les bois. Cette histoire est remplie de traits qui montrent qu'une superstition tutélaire s’attachait autrefois à l'existence des arbres; ils étaient placés sous la protection spéciale de la Divinité. Nos mœurs sont bien éloignées de celles de nos pères; notre raison impitoyable a voulu sonder tous les mystères ; elle a fait tomber tous les prestiges, et pour ce qui concerne les bois, leur conservation serait tout à fait compromise si elle ne reposait que sur la vénération dont ils sont l’objet. On peut dire même que, de toutes les propriétés, c’est la moins respectée. Puisqu” il en est ainsi; puisque le positivisme de notre époque a renversé les barrières que le sentiment religieux opposait jadis à lesprit de destruction, on doit chercher dans l'intérêt des populations une sauvegarde qui remplace celle qui n’existe plus. Il faut faire comprendre les avantages économiques inhérents à la propriété boisée; il faut surtout enseigner les moyens d'en tirer tous les fruits dési- rables.

Pour les personnes étrangères à la sylviculture, la

forêt vierge représente le type du beau en matière de

richesse forestière : elle est l'expression la plus haute des ressources que peut fournir une masse d'arbres.

Il y a dans cette opinion une erreur grossière :

Les forêts, comme les autres biens que la Providence a répandus sur notre globe, ont besoin des soins de l’homme pour développer toute leur puissance productive : là comme ailleurs, la terre n’est féconde que pour celui qui la cultive. Le tout est de la bien cultiver, et il est en conséquence désirable qu’on en vulgarise l’art autant que possible:

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