DU PARCELLAIRE
On commence par diviser chaque canton en autant de-parties qu'il y existe de peuplements différents par l’âge; cela fait, si ces parties renferment des parties dissemblables sous le rapport des essences, de l'état de la végétation, de la nature du sol, de l’expo-
sition ou de la situation, on les subdivise en autant de parcelles qu’il y a d’essences, d'états de végétation, de qualités de sol, d'expositions et de situations particulières.
Telle est l’opération connue sous le nom de parcellaire. C’est une des plus importantes de l’aménagement, comme nous le verrons plus tard, et comme il est facile d’ailleurs de le comprendre dès à présent.
Le parcellaire est en effet indispensable pour-qu’on puisse circonscrire les coupes, dresser le plan d’exploitation ; parce que seul il permet de rapprocher, de grouper les peuplements qu’il convient de régénérer à la même époque et par le même mode.
Le parcellaire ne saurait donc être fait avec trop
d'attention, et son élément, la parcelle, peut se définir, d’après les explications que je viens de donner : une portion de forét homogène, quant à l’âge, à l'essence et aux conditions de végétation, et par.conséquent, dont toutes les parhes constituantes sont susceptibles d’être soumises au méme traitement.
Cette définition, que je n’invente pas, que j’emprunte à la tradition, est fort, claire et me dispenserait d'entrer dans de nouvelles explications, si les diversités d'état que présente une forêt, étaient jamais bien tranchées, bien évidentes; si l'homogénéité parfaite dans un peuplement ne se renfermait pas, presque toujours, dans des limites extrêmement étroites. Malheureusement nos forêts sont, en général, fort irrégulières ; et si on voulait y séparer les unes des autres, en prenant et en appliquant à la lettre la défi-
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nition de la parcelle, toutes les parties dissemblables par un des caractères que j'ai signalés, on arriverait à y former presque autant de parcelles qu’il y aurait d'arbres, ce qui enlèverait évidemment au pasoalisire toute utilité.
Il faut ici chercher une règle qui empêche que le parcellaire ne dégénère en une opération trop minutieuse; or, celte règle est indiquée par le but que l'on veut atteindre. Quel est ce but ? — Nous le savons déjà, c’est la connaissance et la réunion de tous les peuplements susceptibles d’être régénérés à . la même époque et par le même mode; mais la cul-
ture nous enseigne qu'il y a, pour l'exploitation des bois, deux méthodes principales : la méthode du jardinage, qui consiste à prendre chaque année çà et là; sans s'astreindre à aucune limite de contenance, les arbres les plus âgés; la méthode des coupes régulières et de proche en proche, dont une des exigences est, au contraire, la concentration de la coupe annuelle dans une circonscription aussi étroite que possible. Nous n'avons pas à nous occuper de la première de ces méthodes, car elle est inconciliable avec l'aménagement pris dans son acception scientifique; et Si nous interrogeons la portée de la seconde, nous reconnaïtrons que puisqu'elle exige que chaque année l'exploitation soit concentrée dans une certaine circonscription, la contenance la plus petite que l’on puisse donner à une parcelle, est celle au-dessous de laquelle l'étendue d’une coupe annuelle ne saurait descendre: sans inconvénients palpables, étendue
variable, du reste, suivant les localités, selon le propriétaire. | | |
Quelle que soit, par conséquent, lirrégularité d’un peuplement, on doit considérer comme l'élément irréductible du parcellaire une portion de ce peuplement, égale au moins en étendue à une coupe annuelle; y ajouter le peuplement environnant, pour le confondre dans la même parcelle, s’il participe de la même irrégularité; le séparer dans le cas contraire, pour en faire une parcelle distincte; si son éterfdue est d’ailleurs assez grande *. |
Nous tirerons une autre conséquence du même principe : c'est que dans le tracé des lignes séparatives des parcelles, il n’est pas nécessaire de s’as- - treindre à suivre tous les contours, toutes les sinuosités
indiquées par les changements d'état du peuplement,
et qu'il faut, au contraire, redresser ces lignes toutes les fois qu’il s’agit de ne transporter, d’une parcelle dans la parcelle voisine , 8 des portions peu étendues.
Quant à la limite supérieure pour la contenance des parcelles, il n’y en a rigoureusement pas; en
1. On m'a fait remarquer qu’au moment où on procède au parcellaire, on ne connaît pas encore l'étendue de la coupe annuelle. Cela est vrai puisqu'on ne connaît pas la possibilité, mais on sait déjà quelle est l’importance qu’il convient de donner à une coupe pour qu'elle puisse se vendre avantageusement et ‘dans des conditions qui en favorisent la régénération. Au reste, je conviens que dans les futaies surtout il est impossible de prévoir exactement quelle sera l'étendue de la coupe annuelle, “mais il s’agit ici d’une approximation. (Note de la 2° édition.) :