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sorte que, si une forêt était, par exemple, située én
plaine; composée de bois de même âge ou régulière-
ment entremêlés, tout à fait homogène, enfin, quant
aux conditions de- peuplement, de sol, de climat, de
situation, son parcellaire deviendrait inutile, la
marche des coupes pouvant indifféremment avoir lieu dans un sens ou dans l’autre.
Ainsi, voilà qui est bien convenu : Quelles que soient les diversités d’état qui existent dans une forêt, il n’y a pas à en tenir compte, lorsque leur expression superficielle, s'il est permis d’employer ces termes, descend au-dessous d’une certaine limite. Voyons maintenant s’il ne convient pas de laisser, en outre, quelque latitude aux aménagistes, en ce qui concerne l'appréciation des dissemblances ellesmêmes, suivant qu’elles sont relatives à l’âge ou aux essences, à la végétation ou au sol, à la situation ou à l'exposition. * e
… Dissemblances relatives à l’âge. — Puisque l’âge est la circonstance qui sert de base, dans la plupart des cas, pour fixer l’époque de la régénération d’un massif, la différence d'âge doit être prise, avant tout, en considération dans la formation des. parcelles.
Ë Ë C'est d’ailleurs celle qui attire la première les regards.
et qui est la plus évidente; mais s’arrêtera-t-on devant une différence d’un an? — Le simple bon sens répond que non : d’abord, parce que cette différence serait fort difficile à reconnaître ; ensuite, parce que ce n’est point un aussi petit écart entre les âges qui pourrait en motiver un entre les époques n
d'exploitation ; enfin, parce que dans les futaies, la régénération ne pouvant, en général, avoir lieu sur une place donnée qu’en plusieurs fois, il en résulte - nécessairement que sur cette même place il y aura entremêlés des bois qui ne sauraient être aussi exactement âgés les uns que les autres. Il faut s'arrêter, dans le parcellaire, aux différences qui frappent l'œil, et non à celles qui ne pourraient être constatées que par le comptage des couches concentriques. Voilà la règle, et par conséquent, dans les futaies on considère comme étant de même âge des bois entre les âges desquels il n’y à pas un écart de plus de 42 à 15 ans. On adopte, dans les taillis, des limites moins larges, attendu que les différences d'âge y sont ordinairement plus apparentes; nonseulement parce que la croissance des rejets de souches est, quand ils sont jeunes, plus rapide que celle des brins de semis, mais parce qu’il y a nécessairement plus d’homogénéité dans les peuplements dont la régénération remonte à la même époque, leur exploitation ayant lieu, comme on sait à blanc “6106! 1
Dissemblances relatives aux essences. — Après l’âge, vient l'essence dans l’examen des particularités qui peuvent motiver la formation d’une parcelle, Ici, il ne saurait s'élever des doutes, et toutes les fois qu'un massif renfermera, sur une étendue plus grande que celle qu’il conviendrait de donner à une coupe annuelle, un peuplement dont l’essence dominante différera, au point de vue de l’exploitabilité ”
surtout, de celle des bois environnants, on fera de ce peuplement une parcelle distincte.
Dissemblances relatives à l'état de la végétation.
; — On agira de même qu'il est dit ci-dessus, pour
l’état de la végétation, toutes les fois qu’à âge égal, les essences étant les mêmes, cet état sera manifestement assez mauvais, sur une étendue au moins égale à celle d’une coupe, pour que l’on soit obligé d'avancer l'époque de la régénération, d'un nombre d'années plus grand que celui que l’on peut admettre entre les âges des sujets appartenant à la même parcelle. ©
Dissemblances relatives à la situation et à FR sition. — Si le partage de la forêt en cantons a été fait conformément aux principes que j'ai émis, le climat, dans son acception générale, n’exercera aucune influence sur la formation des parcelles ; l'exposition ne saurait non plus en avoir beaucoup — quoiqu’elle soit au nombre des principales causes des aceidents météoriques qui affectent une contrée — attendu qu'il en aura été tenu compte indirecte- . ment dans la subdivision des parcelles, eu égard aux différences de la végétation; mais la situation, en rendant plus ou moins facile l’exploitation et la vidange, a, sous ce double rapport, une action par- - ticulière qui motiverait la subdivision d’une par- - celle, si elle devait placer des parties de cette parcelle dans des conditions sensiblement différentes.
Dissemblances relatives au sol. — Le sol ne vient qu'en dernier lieu dans la série des circonstances
que l’on doit apprécier, quand on effectue le parcellaire d’une forêt; cela s’explique par la difficulté d'en constater la qualité absolue, et par le signe d’après lequel on juge le plus communément de sa qualité relative. Ce signe est l’état de la végétation. Presque toujours, le parcellaire, modifié d’abord d’après la nature des essences, puis d’après l’état de la végétation, n'aura pas besoin de l'être par suite des différences de qualité que pourrait présen-
ter le terrain. Toutefois, puisque la mauvaise qualité.
du sol n’est pas la seule circonstance qui soit susceptible d’entraver la croissanee des végétaux, il pourrait arriver que des parties de terrain, profondes et substantielles, eussent été comprises dans la même parcelle que des parties maigres et sans profondeur, parce que les premières seraient couvertes d’un peuplement mal venant. Dans ces cas, certainement très-rares, et dont on constalerait l’existence au moyen de quelques sondages, il faudrait évidemment faire des parcelles distinctes des bons et des mauvais terrains.
Le parcellaire est en définitive, comme on peut en juger par ce qui précède, une opération moins compliquée qu'elle ne paraît au premier abord. Lorsqu'il est terminé, on exécute le levé des parcelles qu’on rapporte ensuite sur le plan de la forêt, et on procède, à l’aide de ce plan, à l'examen et à la description détaillés du peuplement et des conditions dans lesquelles il se trouve.
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ARTICLE III