Des limites dans lesquelles il paraît conve
nable de renfermer l'emploi des coefjicients de produc-. lion.
Il ne faut pas se dissimuler que dans l’état d’irrégularité où sont généralement les forêts de notre pays, et en présence du très-petit nombre de renseignements positifs que l’on a recueillis sur l’accroissement et la longévité des massifs, la réalisation du rapport soutenu, par la méthode des contenances réduites, est fort chanceuse. Il est donc prudent de ne l’essayer que dans des circonstances bien accusées et avec une grande circonspection.
Entrons, à ce sujet, dans quelques développements, cherchons quelques principes : nous les trouverons en nous rendant un compte exact de tous les éléments qui sont compris, comme données plus ou moins essentielles, dans le problème à résoudre, problème qui consiste à déterminer la puissance productive d'une parcelle de bois.
A quoi tient cette puissance productive ? à quelles circonstances est-elle subordonnée ?
Elle est subordonnée :
1° Au temps, c'est-à-dire à l’âge qu’aura le massif quand il arrivera en tour d’exploitation;
2° A l’état du peuplement, c’est-à-dire à la nature des essences, à leur consistance, à leur végétation;
3° A la qualité du sol;
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* 4° Au climat, et, principalement, à la situation et à l'exposition.
- Ainsi, le produit d'une parceile, parvenue à l'âge fixé pour son exploitation, est la résultante des actions combinées de ces diverses causes.
C’est là ce qui complique la recherche des coeficients de production. C’est là ce qui rend difficile et souvent impossible le choix des peuplements indispensables pour la détermination de ces coefficients ; et le problème serait en conséquence simplifié d’autant plus, qu'il y aurait à tenir compte d'un moins grand nombre des circonstances précitées.
Or, parmi ces circonstances, les unes sont accidentelles et temporaires, tandis que les autres sont permanentes. Les unes sont susceptibles d'un effet dont le caractère favorable ou défavorable peut être prévu avec une approximation suflisante, tandis que les autres sont susceptibles de se modifier et de ne produire aucun des résultats qu'on en attendait.
L'époque de l'exploitation, lorsqu'elle ne correspond pas à l’âge d’exploitabilité, est une circonstance temporaire; elle disparaîtra presque toujours à la deuxième révolution; mais son effet peut être prévu avec assez de certitude.
. Le mauvais état de la consistance ou de la végétation, s'il résultait des vices de la culture ou d’un événement fortuit, serait encore une circonstance temporaire, dont, en outre, dans la plupart des cas, l'influence ne saurait être préjugée; car il arrive souvent qu'un massif dont la consistance et la végétation
ne sont pas ce qu’elles devraient être, se complète et répare le temps perdu, avant d'arriver en tour d’exploitation.
Quant aux circonstances qui consistent dun la nature des essences, dans l’âge d’exploitabilité, dans la qualité du sol, dans le climat, elles sont à la fois permanentes et susceptibles d'un effet qu'il est difficile sans doute de préciser, mais dont il est possible de prévoir avec certitude le caractère.
On déduit, de ces observations, les principes suivants :
Les contenances inversement proportionnalles à la puissance productive des parcelles, ne sont presque jamais admissibles, lorsqu'elles n’ont d'autre motif que la nécessité d'exploiter, pendant une révolution, certaines parcelles, soit avant, soit après l’âge d’exploitabilité. Elles ne le sont pas davantage, quand la différence, dans les productions présumées, tient à un état de consistance ou de végélation dont les causes sont fortuites, indépendantes des conditions naturelles dans lesquelles est placée la forêt.
Il y a deux raisons pour que l’on ne tienne pas compte de ces circonstances :
La première, c’est qu'il est, en général, comme on vient de le faire observer, difficile de déterminer leur influence sur la production; la seconde, c’est qu'en admettant qu'on y parvint, on se condamnerait à modifier de nouveau les contenances des coupes après la première révolution, chose que l’on doit éviter autant que possible.
Les caractères essentiels et permanents, qui dérivent de l’exploitabilité, de la nature des essences, de la qualité du terrain et du climat, sont les seuls qu'il convienne ordinairement de prendre en considération, et encore faut-il Lg soient bien prononcés.
. Si dans nos 200 hectares de taillis d'éspiolae, presque tous, à 20 ans, nous avions des” parcelles dont l’âge d’exploitabilité serait de 40 ans, il y aurait tout lieu de croire que ces parcelles ne fourniraient pas, par hectare, le même produit que le surplus de la forêt; il serait donc nécessaire, pour réaliser le * rapport soutenu, d’augmentér proportionnellement l'étendue des coupes dont elles feraient partie.
La diversité des essences, toutes les autres cir-
constances étant égales d’ailleurs, pourrait justifier
une mesure analogue : ainsi, un taillis de châtaignier exploité à 20 ans, fournirait probablement, par hectare, un plus grand produit qu’un taillis de chêne que l’on couperait au même âge.
Voici des parcelles dont le sol est très-mauvais. L'expérience a prouvé que, dans un temps donné, la production par hectare de ce taillis est à peine égale aux troits quarts de celle du surplus de la forêt. Ce n'est certainement pas ayec le maintien du.mode d'exploitation en taillis, que le sol pourra jamais s'améliorer ; et, dès lors, un coefficient de fertilité est applicable à ces parcelles.
En ce qui concerne le climat, c’est surtout l’influence de l'exposition qu'il importe de ne pas négliger,
lorsqu'on veut rendre les contenarices des coupes inversement proportionnelles à leur puissance productive. Un taillis, situé sur une pente méridionale, sera évidemment beaucoup moins productif qu'un taillis exposé au nord.
. Mais, je ne me lasserai pas de le dire, l'émbloi des coefficients de production dans la fixation des
« ‘contenances des coupes annuelles, ne doit avoir lieu
". que dans des cas-exceptionnels. Il n’y faut recourir que lorsque les différences dans les conditions de la végétation sont bien tranchées, et portent sur des étendues assez considérables, pour que la compensation entre le bon et le mauvais soit impossible dans * la même coupe. Il n’y faut recourir encore que lorsque l'établissement du rapport soutenu n’est pas réalisable par le moyen plus rationnel et plus sûr de la division préalable de la forêt en séries *
Du rapport soutenu dans l’hypothèse d’une révolution principale définitive et d’une marche des coupes, provisoire.
Dans l’article ‘sur la formation du tableau des exploitations, conformément aux règles d'assiette, j'ai montré qu’il était convenable, pour les taillis, quelles que dussent être d’ailleurs les coupes anormales qu’exigerait, pendant plus ou moins longtemps,