‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 4)Chapitre 55 sur 112 · D 7 FA · texte numérisé non relu

D 7 FA

Le second procédé n’a’pas, en définitive, de valeur propre, puisqu'il ne supplée pas au premier. Il est impraticable, puisqu'il exige des appréciations que la nature des choses ne comporte pas. Son mérite est d'éclairer et d’assurer la marche de l’opérateur qui se propose de déterminer les rapports entre les puissances productives de divers peuplements. Ainsi, il l’oblige à apporter dans ses reconnaissances de la méthode et de la précision; il lui apprend à contrôler, par des rapprochements nombreux; les résultats d’un premier examen, en vérifiant si les différences dans les productions qui seraient indiquées, soit par des exploitations antérieures, soit par des tables d'expérience, s'accordent avec celles que présenteraient les éléments de la végétation.

A tous ces points de vue, l'examen attentif des circonstances qui sont de nature à exercer une influence sur la production, est d’un grand secours dans les opérations très-délicates auxquelles l’établissement du rapport soutenu donne lieu.

3° Indépendamment des deux moyens sur lesquels je me suis appesanti, un peu longuement peutêtre, au gré de mes lecteurs, on a appliqué à l’établissement du rapport soutenu, un expédient qüe je dois faire connaître, ne fût-ce que pour fournir une - nouvelle preuve de l'importance que certains auteurs attachent à l’égalisation des produits annuels.

On calcule, comme on le fait dans les autres méthodes, le volume de chaque coupe pour le moment de son exploitation; puis on partage la révolution en

LS

nl NO

un cerlain nombre de périodes égales qui correspondent, chacune, à un même nombre de coupes; et,

enfin, au lieu de fixer sur le terrain les limites des

coupes annuelles, on subordonne leur étendue, pendant chaque période, au volume qu'elles présenteront en bloc quand elles arriveront en tour d'exploitation, ce qui veut dire que, chaque année, on exploite la quantité de bois qu'indique le quotient du volume total présumé d’une période par la durée de cette dernière.

Ce moyen n’est pas affranchi des incertitudes d'appréciation qu'offrent les précédents ; il y ajoute au contraire des chances d’erreur ; il complique l’exploitation, il en compromet la régularité, et ce, sans compensation, car de deux choses l’une : ou bien les exploitations annuelles se renfermeront précisément dans les limites qu’auraient eues les coupes, si on leur avait donné des contenances proportionnelles à leur puissance productive, ou bien elles s’en éloigneront. Dans le premier cas, les précautions qui caractérisent le procédé en question auront été inutiles ; dans le second cas, qui est infiniment plus probable, une inévitable confusion se mettra dans l’assiette des coupes, et, pour réaliser le rapport soutenu pendant quelques années, on se condamnera à des anticipations ou à des déficits successifs qui ne tarderont pas à l’altérer profondément.

Page 1