DU PLAN D'EXPLOITATION DANS LES EUTAIES
LA RÉVOLUTION PRINCIPALE POUVANT ÊTRE DÉFINTIVE | ET LA MARCHE DES COUPES NORMALE.
MAC ETS
ARTICLE PREMIER
d FORMATION DES AFFECTATIONS.
D OI OROUR TR ATETCTERERS .
Tableau des affectations.
Nous avons affaire à une forêt de 200 hectares, exploitable dans une révolution de cent ans. Cette révolution a été divisée en cinq périodes égales. Il s’agit de partager la forêt en un même nombre d’af- . fectations correspondantes. Nous remplironsle tableau ci-contre. ae | ë J'ai maintenu la première partie du tableau d’ex- : ploitation des taillis, partie destinée à recevoir le résumé de la description spéciale. On en comprend l'utilité. Il est important que le tableau des affectations
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renferme les indications sommaires, qui sont de nature à justifier l’ordre adopté pour la succession des coupes; car ce tableau est, comme je l'ai déjà dit, le document essentiel et fondamental de l'aménagement, et il doit être établi de telle sorte, qu'on puisse à la rigueur juger de son mérite, sans recourir à d’autres éléments d’ agree que ceux qui y sont contenus.
J'ai substitué à la seconde partie du tableau, destinée à présenter l'ordre des exploitations, cinq colonnes dont l’objet est clairement indiqué par leur en-tête... On peut regarder chacune d'elles comme un compte ouvert à l'affectation dont ‘elle porte le numéro. Toutes les parcelles qui devront être régénérées dans la première période seront:inscrites dans la première colonne, et composeront la première affectation. Toutes celles qui devront être régénérées dans la deuxième période seront inscrites dans la deuxième colonne, et PRRRRRESS la deuxième affecpererass etc., etc.
* Mais sur quelles snidiritinle se idnaredt
+18 décider que telle parcelle doit être régénérée __. dans telle ou telle période ?
On se fondera sur les considérations que nous avons fait intervenir dans la dAasian du plan d’exploitation des taillis. «
+ On fera donc le classement des parcelles dans les affectations, de manière à rendre possibles des exploitations qui satisfassent tout.à la-fois, dans la mesure
que comporte la nature des choses, aux exigences de
l’exploitabilité, aux règles sur l'assiette des ps et au rapport annuel soutenu.
Appliquons rapidement à chacun de ces s côtés de la question, les préceptes que. j'ai donnés, en traitant de l’aménagement des taillis.
Formation des affectations suivant l’age d’exploitabilité.
Si toutes les parcelles renfermaiént dés peuplements susceptibles de rester sur pied jusqu'au terme fixé par la révolution, leur classement dans les affectations ne rencontrerait aucune difficulté.
- La parcelle À renferme un peuplement âgé moyennement de 35/ans ; elle ne sera exploitable que dans 65 ans; on la classera dans l'affectation de la quatrième période. | : ob sl deb
La parcelle B renferme un massif de vieux arbres clair-plantés, surmontant un jeune repeuplement ; exploitation de ces vieux arbres sous forme de coupe secondaire ou définitive est urgente; on les classera dans l'affectation de la première ss
Rien de plus simple. 1&. 0:
Mais il y a souvent des parcelles dont le peuple ment n’est pas susceptible de végéter jusqu’au terme fixé par la révolution, et qu’il faut, en Te exploiter avant ce terme. 19
Cette nécessité peut tenir à une circonstance accidentelle : il s’agit d’un peuplement qui, quoique
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jeune encore, ne jouit déjà plus d’une vigoureuse
végétation, soit qu'il ait été abrouti dans sa jeunesse, soit qu’il provienne de vieilles souches, soit .que des éclaircies maladroites aient ébranlé sa constitution.
Dans ces divers cas, l'affectation à laquelle une
parcelle appartient, n’est pas indiquée par la diffé-
rence existant entre l’âge normal d’exploitabilité et l’âge de cette parcelle, mais par le temps, difficile à | apprécier d’ailleurs, pendant lequel le peuplement de la parcelle en. question pourra rester sur pied sans dépérir:
La nécessité d'exploiter une parcelle avant le terme fixé par la révolution peut dépendre d’une circonstance permanente :
Cette parcelle se compose d’une essence dont la longévité est moins grande que celle d’après laquelle
a-été fixée la durée de la révolution. Ici, de deux choses l’une : ou l’âge d’exploitabilité de cette essence
est une partie aliquote de là révolution, ou il ne l’est pas. Dans le premier cas, on fait figurer la parcelle dans autant d’affectations différentes que son âge est renfermé de fois dans la révolution; dans le second cas, on la laisse en dehors de l'aménagement, à
moïns qu’on ne juge convenable d'y pratiquer. une
substitution d’essences, qui permette de concilier son exploitation avec celle du surplus de la forêt, et alors-son classement rentre dans les conditions déjà
prévues.
Nous avons à nous occuper d une parcelle de pins
ou de bouleaux exploitables à cinquante ans et âgés aujourd’hui de vingt-cinq ans; nous la classerons dans l'affectation de la deuxièrhe période et dans celle de la quatrième. : bnagln San
On pourrait prévoir des circonstances. où une parcelle devrait figurer dans toutes les affectations. C'est ce qui aurait lieu s’il s'agissait de comprendre dans l'aménagement de notre forêt, exploitable: à cent ans, une parcelle exploitable en taie à l’âge de vingt ans.
Mais ce sont là des huilé qui ont ssl d'utilité pratique, et que je fais seulement pour me pas laisser ma démonstration incomplète. +
Dans la pratique, on.évite généralement de comprendre dans le même aménagement; -des peuplements exploitables .à des âges différents; car en compliquant le plan d'exploitation, ‘ils deviennent en même temps une cause de confusion et de difficultés, et aucun motif sérieux ne commande de se Legs à de tels inconvénients. :
: [ls deviennent une cause.de confusion et dé difficultés; parce qu'ils s'opposent à l'application des règles d’assiette; parce qu'ils contrarient la réalisation du rapport soutenu; parce qu’ils obligent de ramener les ‘exploitations sur un point donné, plus souvent que sur les points environnants. |
Aucun motif sérieux ne commande «de se résigner à de tels inconvénients: Le plus important de tous les intérêts, celui de la consommation, ne saurait par exemple y rien gagner : en effet, lorsque le con-
sommateur sollicite un produit d’une nature particulière, ce n’est pas d’une manière intermittente, c'est d’une manière ‘permanente; ce n’est pas tous les cinquante ans, tous les vingt ans, c’est chaque année. Si donc les parcelles de pins, de bouleaux ou de taillis, dont je parlais tout à l'heure, étaient assez grandes pour fournir chaque année une coupe, il faudrait en former une série particulière; dans le cas contraire, il conviendrait de les régénérer en essences susceptibles de parcourir la révolution applicable à la masse, et, si cette régénération était impossible, je serais d'avis de les laisser en dehors de : péémili
Hs ; Formation des affectations conformément aux règles d’assiette.
Que fnatios doit être examinée à deux suit de vue :
-4* Au point de vue de la marche des 7 die chaque affectation ;
2 Au point de vue de la péeitiôn respective que les affectations doivent occuper sur le terrain.
Pour que la marche des coupes, dans chaque affectation, puisse se conformer aux règles d’assiette, il est bon que les affectations aient une forme régulière; qu’elles présentent leur moindre largeur aux vents les plus violents; qu’elles soient traversées et limitées par des chemins, mais, par-dessus
tout, qu’elles constituent des masses distinctes et séparées,
Telles sont les dispositions que l’on doit chercher à réaliser pour assurer la marche des coupes dans chaque affectation. Je, recommande surtout de. ne jamais scinder une affectation, quand on n’a pas pour le faire des motifs majeurs. |
La contiguïté des parcelles qui forment une affectation, n’est pas utile seulement pour l’application des règles d’assiette; elle l’est aussi pour l’économie des exploitations, lesquelles entraînent nécessairement: à leur suite des intérêts nombreux et un matériel considérable. Il est très-désirable que l’on n'occasionne pas à ces intérêts et à ce matériel des déplacements fréquents et coûteux. Or ces déplacements seraient inévitables si l’on formait, par exemple, une affectation avec des parcelles éloignées les unes des autres, et séparées par des massifs appartenant à d’autres affectations : après avoir fait des coupes d’ensemencement dans une partie de l’affectation, on pourrait être: obligé de les entreprendre dans une autre, puis de revenir dans la première pour.les coupes secondaires, sauf à retourner l année suivante dans » seconde: si | RTE
Ce seraient là des bain) très-fâcheut, et la:subdivision d’une affectation en deux ou plusieurs parties non contiguës, n’en présenterait pas d’autres, qu'ils suffiraient pour que l’on dût :s'efforcer de d'éviter; ainsi, il est clair qu'il n'importerait nullement, au point de vue de la régularité désirable dans
DU PLAN D'EXPLOITATION. a. | se grnéatian des sus. que l'affectation de la première période ou celle de la dernière fût partagée en deux parties, situées l’une au commencement et l’autre à la
& . fin de la -série :‘ une pareille disposition: ne serait
défectueuse que parce qu’elle contrarierait le principe d'économie ci-dessus énoncé; ce serait une raison suffisante pour ne pas l’admettre.
Les affectations sont enfin d'autant plus propres à faciliter à assurer l'exécution de. l'aménagement, qu'elles sont plus ramassées; car la tendance naturelle des agents est, dans l'assiette des coupes, de procéder de proche en proche, et il y aurait à craindre qu'ils ne négligeassent souvent, des . opérations urgentes, s'ils étaient forcés pour cela de se transporter sur des points trop éloignés de ceux où auraient eu-lieu leurs opérations précédentes.
- On pourrait croire que l’application des. règles d'assiette, au point de vue de la position respective que les affectations doivent occuper, trouvera presque toujours assez de garanties dans les’ dispositions arrêtées pour assurer la marche et l'assiette des coupes annuelles. I1 ne suffit pas cependant que les règles soient observées dans l'assiette des coupes de chaque affectation, pour qu’il n’y ait rien à redouter de la non-observatiog de ces règles, dans l’assiette. des affectations; n'oublions pas, en effet, que nos. futaies sont en grande partie situées dans les montagnes, où les accidents météoriques sont plus fréquents et beaucoup plus redoutables que dans les plaines; qu'elles offrent, par la hauteur des arbres
qu’on y rencontre , beaucoup plus de prise que les taillis aux vents, à la neige, au givre; que la nécessité d’éclaircir les massifs que l’on veut: régénérer, rend plus périlleuse encore leur situation, ‘et que, dans de semblables conditions, la prudence exige quelquefois que les règles suivies pour l'assiette des coupes dans chaque affectation, le soient! également pour le rang, l’ordre dans lequel ces ‘affectations arriveront en tour de régénération. Il pourrait être dangereux, par exemple, de disposer les affectations de manière que les coupes se succèdent en allant du haut en bas d’une montagne ou dans tout autre sens qui les exposerait à l’action des vents. L'expérience prouve, en effet, que l’on'ne saurait prendre trop de précautions pour mettre à l’abri d’un coup de vent, les massifs à l’état de coupes secondaires ou de coupes d’ensemencement, et que la protection qu'offrent pour cela les bois de l’affectation dont elles font ah n 'est 4 toujours suffisante. à F
Cette considération des obstacles à opposer aux vents, est celle dont on doit le plus se préoccuper dans l’exploitation des futaies en montagne *.
1, Quant aux forêts en plaine, c’est en outre aux gelées que l’on doit songer quand on règle la marche des coupes, car elles sont souvent la principale cause de l’insuccès des repeuplements naturels ou artificiels, et cette cause motiverait une règle d’assiette non moins importante que celles indiquées par le cours de culture. Il n’y a. pas un praticien qui n'ait remarqué que les coupes abritées du côté du nord et de l'est se repeuplent plus vite que celles qui sont ouvertes de ces côtés-là, et que les semis y'ont une vége” tation re active. (Note de la 2° édition. )
.-Sai exposé et discuté les raisons qui pouvaient contrarier l'application. des règles., d’assiette dans. l'aménagement des taillis, et j'ai essayé de démontrer qu’elles. n’étaient pas de. nature. à : Jnstifer: la nonobservation de:ces règles. :
Quoïque les pertes d’accroissement area er on
se condamne, quand’ on modifie le classement établi
d’après l’âge d'exploitabilité, soient beaucoup plus considérables dans les futaies que dans les taillis, elles ne sauraient cependant prévaloir sur les inconvénients permanents qu'entraînerait une assiette vicieuse des coupes ; car ces inconvénients sont de leur côté beaucoup plus graves dans les forêts de la première catégorie que dans les autres. :
ñ En fait, l'application des règles d’assiette, dans Ja: formation du plan d'exploitation des futaies, n’est
pas aussi embarrassante qu'on serait tenté de le
croire. .
: Nos forêts. Pa | été initio, soit par la métlindé D tite et aire, soit par la méthode jardinatoire : dans le premier cas; elles ont été exploitées de proche en proche ; la gradation des âges y est donc assez régu-
lière; dans le second cas, elles présentent sur tous les points des arbres de tous les âges, formant des peuplements uniformes dans leur irrégularité, et il est par conséquent indifférent, au point de vue des convenances de l’exploitabilité, de . commencer les
-exploitations par un bout ou par un aütre. Enfin, en montagne, les coupes ont prèsque toujours été faites comme le veut la quatrième règle, c’est-à-dire en
commençant par les parties inférieures, et la raison en est que cette manière de procéder était la Le commode *.
Quoi qu'il en soit, toutes les fois qu’on spl la question de savoir si une parcelle doit être rattachée à une affectation autre que celle dans laquelle son àge l'avait fait classer, on la résoudra en examinant si cette parcelle est assez étendue, pour qu’il ne soit pas nécessaire de combiner l'assiette des coupes à y faire, avec l'assiette des coupes dés parcelles contiguës. Dans l’affirmative, on devra la maintenir-dans la colonne où on l’avait d’abord placée; dans la négative, on n’hésitera pas à la colloquer dans la colonne qui comprend les massifs limitrophes. ù 4
On conçoit done que les exigences dés règles d’assiette puissent faire colloquer dans une affectation des bois plus jeunes ou plus âgés qu'il ne faudrait, si la formation de cette affectation devait être exclusivement subordonnée à l’âge d’exploitabilité; la régularisation de la forêt et les grands avantages qu'on a le droit d’en attendre pour l’avenir, le veulent ainsi.
4. Je crois devoir prémunir les agents contre une erreur trop commune dans l'application des règles d’assiette à la formation des affectations, erreur qui consiste à croire que lorsque ces règles veulent que les affectations se succèdent du nord au sud par exemple, il est nécessaire de donner le n° 4 à l'affectation située à l'extrémité nord de la forêt, et le dernier rang à l'affectation située à l'extrémité sud. Or, on peut donner le n° 4 à telle affectation qu’on voudra, pourvu que les exploitations marchent . le sens voulu, (Note de la 2° édition.)