CHAPITRE SIXIÈME
DU?PLAN D'EXPLOITATION DANS LES FUTAIES, LA RÉVOLUTION DEVANT ÊTRE PRINCIPALE ET TRANSITOIRE, __ OU SIMPLEMENT PRÉPARATOIRE, ET LA MARCHE DES COUPES, PROVISOIRE,
ARTICLE PREMIER
UTILITÉ DE LA FORMATION PRÉALABLE DU TABLEAU DES AFFECTATIONS NORMALES,
Quelle que soit la première révolution adoptée, qu’elle soit définitive, transitoire ou préparatoires quelles que soient également la nature et la variété des exploitations à faire dans cette première révolution ; enfin, quelque grande que puisse être la différence entre la marche des coupes dans ladite révolution et la marche des coupes dans les révolutions ultérieures, je suis convaincu que de toutes les bases que l’on pourrait imaginer afin d’assurer la régularisation de la forêt, la meilleure, la plus efficace, la plus certaine, consiste dans le tableau des affectations qu’il serait utile de former, si cette forêt était à l'état normal. Je ne crois pas qu'aucune lacune, dans l’état actuel du peuplement, puisse dis-
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penser de cette formation qui est destinée à mettre constamment sous les yeux des agents d'exécution, le but auquel ils doivent tendre, et qui exempte par conséquent de remplir les procès-verbaux d'aménagement des nombreuses recommandations qu'on s’est cru jusqu’à présent obligé d'y consigner, au sujet du traitement des parcelles. Toutes ces recommandations, qu’on y réfléchisse, et on reconnaîtra que j'ai raison, toutes ces recommandations peuvent être, en général, avantageusement remplacées par la collocation des différentes parcelles dans les affectations normales des périodes. Cette collocation indiquant d’une manière précise la classe d'âge dont une parcelle est appelée à faire partie, la fonction qu’elle aura à remplir dans l’aménagement définitif, indique en même temps quels sont les soins qu'il faut lui donner pour la transformer de la façon la plus convenable; et si l’on admet, ce qui doit être, que les agents d'exécution connaissent les principes de la culture, il n’est pas nécessaire de leur dire, dans le cahier d'aménagement, la manfère dont ils auront à faire les balivages, les semis, les plantations, etc., Fee atteindre le but que l’on se propose.
Une dernière observation achèvera, je le pense; de lever toute incertitude sur l’utilité et la possibilité de cette formation préalable des affectations normales: C’est qu'après tout, lorsqu'elle n’existe pas sur le terrain et sur le papier, il faut bien cependant l’avoir dans la tête, quand on procède. à la régularisation d’une forêt, n’aurait-on à y faire que des éclaircies ;
car enfin, en réalité, quel que soit l’état d’un massif que l’on veut aménager, l’aménagement consiste dans un travail de transformation qui peut. sans doute être plus ou moins difficile, plus ou moins compliqué, plus ou moins long ; mais qui ne cesse pas d’avoir le même objectif, de tendre exactement au même but et qui comporte en conséquence la même méthode et la même base. Cette base, c’est le tableau des affectations normales ; cette méthode, c’est la subordination du caractère des exploitations, à la place qu’occupent les parcelles dans ledit tableau. Ce sont à des idées qui sembleront peut-être trop absolues, je le crains. Trop absolues, soit : nous faisons dela {héorie, et par conséquent nous visons à l’absolu. Sont-elles justes ? sont-elles vraies? sont-elles propres à apporter la lumière et l’unité dans les:travaux d’aménagement ? Telle est la question.
A mes yeux, les aménagements, proprement pr les transformations, les conversions, rentrent dans le même genre d'opérations. Toutes ces opérations peuvent différer par quelques expédients; jamais par les moyens fondamentaux, et il me paraît nécessaire qu'on puisse reconnaître, retrouver dans les plans qui les résument, les principes essentiels que nous avons essayé d'analyser. 8
Eh quoi! dira-t-on peut-être, vous voulez assujettir la transformation d’un massif composé d'arbres de 20 à 40 ans, entremêlés, aux mêmes règlements, au même plan que l'aménagement d’une forêt qui contiendrait toutes les classes d'âge nécessaires, pour
qu'on pôt y.entreprendre. et y FoRLiRUEr, des.coupes
de régénération ?
| FÉES Oui c'est là ce que je demande, et; je pense même | que cela est indispensable pour que l’on ne soit pas privé du seul güide propre à assurer la marche de la transformation du massif que l’on vient de prendre pour exemple. En effet, ‘celte transformation doit | tendre, sous peine de manquer un des buts princi- D” … paux de la culture des bois, à créer dans le massif
les en question, une gradation d'âge qui permette d’ en. sa “relirer un jour le rapport soutenu le plus avanta- 4 ES geux. Mais il s’agit alors de faire un aménagement
l. ou d'en préparer au moins. les éléments ;,or, pour cela, il faut évidemment se fixer sur l’âge d exploita- : bilité, sur la durée de la révolution définitive, sur le sens dans lequel il importe que les classes d'âge se
suivent ; car, autrement, on ne saurait quels sont les
sujets qu'il convient de censerver, ceux qu'il y a
lieu d’abattre, etc. Bien que les opérations possibles actuellement ne soient que des éclaircies, on s’expo-
4 serait à compromettre par la manière de les eflecipers la formation des classes d’âge. 5 Admettez, au contraire, que la révolution défi-
nitive devant être de 100 ans et les périodes de 20,
on ait partagé le massif en cinq parties d’égale productivité, et indiqué la période dans laquelle il serait désirable que chacune d’elles pût être régénérée ; alors, les agents d'exécution sauront, en procédant aux éclaircies : qu'ici il faut ménager les bois de 40 ans; que là on doit les sacrifier ; et, quand
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arrivera l’époque à laquelle pourront commencer les coupes de régénération, la forêt sera art He d'un rapport annuel. 5
Le tableau des affectations normales étant arrêté,
examinons comment on règle les exploitations dans
les forêts auxquelles on est obligé d'appliquer une révolution principale transitoire ou une révolution préparatoire. *
. On peut être conduit à adopter une révolution. :
jusqu’à la fin de la révolution normale ; et une |. "0
volution préparatoire, lorsque l’âge trop peu avancé ue”
des massifs les plus vieux ne permet pas de les exploiter immédiatement.
ARTICLE II
DES RÈGLEMENTS D'EXPLOITATION, DANS LE CAS OU L'AGE TROP AVANCÉ DES MASSIFS LES PLUS JEUNES, NE PERMET PAS DE LES LAISSER SUR PIED JUSQU'A LA FIN DE LA RÉVOLUTION NORMALE.
Quand on a partagé la révolution normale en un certain nombre de périodes, ouvert à chacune d'elles
4. Nous avons vu que l’âge d’exploitabilité n’était pas susceptible d'une détermination bien rigoureuse. Pour qu’une révolution puisse être qualifiée de transitoire, il faut donc qu’elle diffère beaucoup de celle que comporterait la longévité des essences.
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plus jeunes ne permet pas de les laisser sur pied
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une colonne spéciale et classé, d’après les exigences de l'exploitabilité et des règles d’assiette, les différentes parcelles dont se compose la forêt, il est aisé de reconnaître dans quelle mesure les jeunes bois font défaut, et de déterminer par conséquent le temps dont il est nécessaire de raccourcir la durée de la révolution principale définitive, pour assurer la continuité des exploitations annuelles. Ce temps dédes sacrifices que l’on est disposé à s'imposer. ur l'accroissement, et surtout de la longévité des. sences. La perte qui résulte du maintien des bois delà de l’âge d’exploitabilité, est bien rarement … “ æssez manifeste pour motiver le raccourcissement | d'une révolution. La longévité des essences est d'autre | part assez grande, en général, pour que l’on puisse sans inconvénients, les laisser sur pied jusqu’au delà du terme fixé par leur exploitabilité; et ce n'est en conséquence que dans des circonstances exceptionnelles que se présentera l'impossibilité de remplir, avec l'excédant des classes d'âge les plus âgées, les lacunes que pourraient présenter les classes | les plus jeunes. Admettons cependant que les deux dernières classes fassent défaut, et qu'il soit nécessaire d'y suppléer, au moins en partie, afin que les bois. qui devront être immédiatement régénérés, aient le temps de redevenir exploitables sans trop de préjudice, pour le commencementde la révolution suivante; admettons d’un aulre côté, qu’à raison de la maturité des bois les moins âgés, il y ait danger à prolonger de plus d’une période le temps pendant lequel ils de-
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