‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 4)Chapitre 80 sur 112 · GONVERSION DES TAILLIS COMPOSÉS EN FUTAIES PLEINES · texte numérisé non relu

GONVERSION DES TAILLIS COMPOSÉS EN FUTAIES PLEINES

ARTICLE PREMIER. . pue

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

La conversion des taillis composés en futaies a engendré plusieurs théories très-différentes, au moins en apparence. Elle n'implique pas cependant, comme je l’ai déjà fait observer, d'autres connaissances, d’autres appréciations, d’autres procédés, que ceux que réclame l'aménagement des forêts qui ont toujours été traitées en futaie. Lorsqu'on sait aménager celles-ci, on est capable d'aménager celles-là, et la méthode à suivre est la même pour les unes comme pour les autres.

Un taillis composé peut être assimilé à une forêt jardinée, en ce sens que des arbres de tous les âges y sont entremêlés; mais il offre cette particularité que les plus jeunes bois y sont représentés, dans chaque coupe, par des sujets du même âge en massif plus ou moins compacte. À cause de cette particularité, le taillis composé semblerait devoir être moins

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DU PLAN D'EXPLOITATION. 335 irrégulier que la forêt jardinée, et cependant, en réalité, il l’est souvent beaucoup plus, par suite ge la différence d'âge qui existe entre les réserves. En effet, dans la forêt jardinée, les arbres de tous les âges ne sont pas toujours ensemble, et il est rare que l'on ne rencontre pas sur d'assez grands espaces des masses à peu près homogènes ; tandis que, dans le taillis composé qui a été convenablement traité, les vieilles réserves, les anciens, les modernes et les baliveaux, sont véritablement pêle-mêle.

Toutefois, ce n’est point pour cela que les écrivains forestiers ont traité séparément de l’aménagement des futaies irrégulières et de la conversion des taillis composés : c’est parce que, dans les forêts de la première catégorie, les jeunes bois sont des brins de semence ; tandis que, dans celles de la seconde, ce sont en général des rejets. Sans les rejets, le taillis composé rentrerait dans les conditions d'une futaie irrégulière, plus ou moins claire, et nous n’aurions pas à nous en occuper d’une manière spéciale; mais ces rejets constituent, pour la régénération naturelle, un instrument d'un genre tout particulier, puisqu'ils peuvent se reproduire autrement que par les semences.

La difficulté de la conversion des taillis composés en futaies, réside précisément dans l'appréciation deces deux éléments, le taillis et la futaie, au point de vue du concours qu'ils sont susceptibles d'apporter à la régénération naturelle. Le concours du taillis peut être nul : c’est ce qui arrive lorsque ce taillis ne se com-

pose que de bois blanes ou de morts bois; même lorsqu'il ne comprend que des bois durs, son concours peut n'être que secondaire : il en est ainsi lorsque les souches sont trop usées pour que les rejets en provenant, donnent jamais des semences fertiles. Le concours du taillis sera au contraire dominant, lorsque les rejets seront d'essence dure, vivaces, nombreux, et les réserves rares. Enfin, ce concours sera de nature à enlever tout embarras aux combinaisons nécessaires pour amener l’état normal, lorsque le taillis sera tel que l’on puisse, sans en amoindrir sensiblement la qualité et la longévité, c’est-à-dire sans le rendre moins propre à l’'ensemencement du sol, le couper encore plusieurs fois avant de s’en servir pour cette dernière destination.

Ces diverses considérations doivent DA être présentes à l’esprit de l’'aménagiste, lorsqu'il étudie un plan de conversion de taillis composé en futaie, ét surtout quand il procéde au parcellaire ; il n’oubliera pas non plus :

1° Que le premier principe de la culture forestière veut que l’on tire le plus de parti possible, pour la régénération d’une forêt, des ressources. naturelles qu’elle renferme ;

2° Que le mode du taillis ayant pour effet de dégrader le sol, plus tôt on y renonce et mieux cela vaut;

3° Que l'intérêt de la culture, de la conservation et de l'amélioration des massifs, doit toujours primer celui qui se rattache à la production actuelle et au maintien du rapport soutenu ;

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-+ 4° Que si le but que l’on a en vue quand on convertit une forêt, est d'y établir une gradation d'âge qui permette de retirer un jour de celte forêt des produits annuels plus avantageux que ceux qu’elle a donnés jusqu’à présent, il ne faut pas que le désir d'atteindre ce but un peu plus vite, fasse compromettre la régénération naturelle des massifs.

Le parcellaire des-taillis composés est plus aisé, moins long à faire, en général, que celui des autres forêts; parce que les limites des coupes peuvent être conservées comme limites des parcelles, puisqu’elles séparent les peuplements dont les âges diffèrent, ce qui est ordinairement, comme on le sait, le caractère . distinctif le plus influent; mais la description spéciale en est beaucoup plus délicate, plus embarrassante, parce qu’elle sert de base à des appréciations fort incertaines et cependant nécessaires,” comme par exemple celles qui se rapportent à la! vitalité des sou ches, à la longévité probable des rejets qui en proviennent, à l’âge auquel ceux-ci commenceront à donner des semences fertiles. Il est indispensable que

. Faménagiste exprime sur ces divers points une opinion

formelle, attendu que les combinaisons de l’aménagement en dépendent. Il'est non moins essentiel qu'il s'explique sur la qualité des réserves de toute catégorie, sur le temps durant lequelelles pourraient rester sur pied, et sur le contingent qu’elles apporteraient au repeuplement naturel. Outre ces questions principales, la reconnaissance du: taillis en soulève encore d’autres qui sont faites pour exercer toute la

sagacité des meilleurs forestiers. Les bois d'élite, quoiqu’en minorité aujourd’hui, sont-ils assez nombreux pour former plus tard la majorité? Les jeunes brins de semence sont-ils en assez grande quantité et dans d’assez bonnes conditions, pour autoriser l’espérance qu’en les dégageant par des nettoiementsplusou moins fréquents, on créera pour l'avenir des ressources sérieuses? La continuation des coupes de taillis seraitelle possible sans qu’on eût à en redouter de mauvaise . conséquence, sinon pour le peuplement, du moins pour le sol? Ce sol se prêterait-il à des-répeuplements artificiels? Il est désirable que la solution:.de . toutes ces questions résulte de la description même des parcelles. Cette description exige donc du temps, de l'attention, de l'expérience, et même une sorte de prescience, un don de seconde vue, de divination, qui est d’ailleurs vraiment ce qu'on PAS at le sentiment, le flair forestier. 20 « Ù

Ces préliminaires posés, choisie re Mdièmte de la conversion. Je n’aurai guère à me servir dans la discussion de ce problème que de termes précédemment définis. Néanmoins, pour éviter toute:équivoque, il n’est pas inutile que je précise encore mieux le sens que j'attache à RES de ces termes :

Quand je parlerai de coupes dé taillis sous éutièes à continuer temporairement, il s’agira de véritables coupes de taillis, telles qu’on doit les faire quand on veut obtenir une régénération par les souches, sauf la réserve qui pourra être sans doute plus serrée

qu'elle ne le serait d’après le premier.paragraphe de

l'article 70 de l'ordonnance du 4“ août 4827, mais

jaïnais assez pour entraver la production et le déve-

loppement des rejets. Cette observation, sur laquelle

j'aurai occasion de revenir, n’est par: superflue;

car, tout en conservant la qualification de coupes | de:taillis, à certaines exploitations, on a souvent prescrit. d'y procéder d'une-; façon qui, devait en changer le caractère. C’est -ce qui a;eu-lieu, par exemple, pour les coupes de taillis dites modifiées dans lesquelles il était-recommandé de réserver plusieurs centaines de. baliveaux ; ou encore, pour les coupes de taillis.dites dé régénération: dans lesquelles on espérait, par des dégagements, sauver assez de

brins! de semence pour en-former plus tard une: futaie. Cette manière d'appliquer un mode d’exploi-: tation dont la pratique a été cependant consacrée

par les règlements, par l’enseignement de l’école, et

par la tradition, n'a pas peu contribué à. égarer la

discussion sur les conversions ‘.

Je rangerai sous la même rubrique : coupes d'amélioration, non-seulement les coupes préparatoires, les éclaircies: les nettoiements, les élagages, mais aussi les coupes à blanc étoc; les recepages plus ou moins complets, quand ces dernières opérations seront subordonnées à des circonstances éventuelles et appeéeRson des agents d'exécution.

Le aire des baliveaux à réserver, doit être réglé de manière que le couvert qui en résulte, ne puisse compromettre la croissance et la reproduction du taillis {Cours de culture, p. 376).

Je repousse comme impropres les mots souspériode, sous-révolution, si souvent employés; car on ne saurait concevoir, en présence du sens que j'ai donné à la révolution et à la PS qu __— du + se dédoubler.

Enfin, je ne considérerai la conversion p d'un laillis comme arrêtée, comme faite, que du jour où il aura été décidé que ce taillis ne sera plus recepé et devra se régénérer par les semences ; jusque-là la conversion reste suspendue; de sorte qu'à mes yeux, le début de la révolution principale, normale ou: transitoire, qui est marqué par le moment où on effectue la première coupe de régénération en futaie, peut avoir lieu sans que toute la forêt soit convertie ou, en d’autres termes, sans que toute la forêt soit destinée à ne plus être régénérée que par les semences.

ARTICLE IT

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