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CIRCONSTANCES QUI SONT CONTRAIRES A LA DIVISION D'UNE FORÊT EN SÉRIES

S CEA

Impossibilité de former des séries compactes, indépendantes l’une de Fautre.

… La division d’une forêt en séries présenterait des

inconvénients, si les diverses classes d’âge de cette

forêt étaient distribuées de façon qu'on ne pût, sans déroger aux règles, aux principes qui doivent présider à la formation des affectations, constituer des séries compactes, faciles à distinguer les unes des autres. ras |

Supposons, par exemple, une forêt composée de la manière suivante :

La classe des bois exploitables comprend cinq parcelles a, b, ce, d, e, dontles trois premières a,b,c, contiguës et situées à l’extrémité nord de la forêt, sont séparées des deux dernières d, e, également contiguës, et situées à l’extrémité sud, par des parcelles appartenant à d’autres classes d'âge.

Si l’on voulait établir deux séries dans cette forêt, il faudrait, dans le cas où les deux parcelles d'ete ne seraient pas assez grandes pour compléter la première affectation de l’une de ces séries, y ajouter une partie des parcelles a, b, c. Chaque série ne forme-

“rait pas une masse compacte. On serait exposé à confondre les exploitations de l’une avec celles de l’autre; la régularité des opérations et l'efficacité de la surveillance seraient compromises; et ce, sans aucune compensation.

Étendue trop petite de la forêt.

La division d’une forêt en séries présenterait des inconvénients, si l'étendue de cette forêt n'était pas

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assez grande, pour que celle de chaque série comportât une coupe annuelle qui pût se concilier avec l'intérêt de la reproduetion, celui de la surveillance et l’économie des exploitations.

Ainsi, pour ce qui concerne la reproduction, il est clair qu'une coupe d’une contenance donnée, soit dans les taillis, soit dans les futaies, aurait moins à souffrir du couvert des arbres voisins, que deux ou plusieurs coupes séparées, contenant ensemble le même nombre d'hectares, puisque ce couvert s'étendrait sur une surface relativement moins grande dans la première que dans les autres.

Quant à la surveillance, la multiplicité des exploitations en augmente naturellement les difficultés.

Enfin, au point de vue économique, si la mise en vente de coupes trop considérables a l'inconvénient de restreindre le nombre des adjudicataires qui peuvent y prétendre, il est, d'un autre côté, à remarquer que l'exploitation d’une coupe donne lieu à des frais généraux, indépendants de la quantité de bois à abattre, et qu'il importe beaucoup, tant dans l'intérêt du trésor que dans celui des adjudicataires, de ne pas multiplier ces frais sans nécessité.

Exigences de l'assiette et de la vidange des coupes.

La division d’une forêt en séries présente des inconvénients, lorsqu'elle est inconciliable avec l'ap-

plication des règles sur l'assiette et la vidange des coupes. |

Si on ne pouvait, par exemple, d'après la position respective des classes d'âge, composer deux séries qu’en les superposant sur une rampe escarpée, qui ne permettrait pas d'établir des moyens spéciaux de vidange pour la série supérieure, on manquerait évidemment de l’une des conditions nécessaires pour

une utile distribution en séries.

ARTICLE III

CIRCONSTANCES QUI RENDENT AVANTAGEUSE OU NÉCESSAIRE LA DIVISION D’UNE FORÊT EN SÉRIES.

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Diversité des modes d'exploitation.

Le mode d'exploitation adopté pour certaines parcelles de la forêt à aménager, peut ne pas être applicable à d’autres; or, de même qu’il n’est pas absolument défendu de comprendre dans une seule série d’exploitation, des parcelles exploitables à des âges différents ; de même il est permis, à la rigueur, d'y comprendre des parcelles dont les modes de traitement ne seraient pas semblables, lorsque ces modes sont d’ailleurs réguliers ; mais il est évident qu'on ne doit s’y résoudre qu’en cas de nécessité bien démontrée, car la diversité des modes d’exploi-

tation est difficilement conciliable avec les règles sur l'assiette des nee et l'établissement du pe je soutenu. -

Lorsque des différences dans les modes de traitement des parcelles qui composent une forêt sont inévitables, il est donc désirable qu’on puisse obvier aux inconvénients de tous genres qu'elles seraient susceptibles d'entraîner, au moyen de la constitution d'autant de séries qu’il y a de modes particuliers.

La division d’une forêt en séries devient absolument nécessaire quand cette forêt renferme des bois exploitables, les uns en futaie régulière, les autres en futaie jardinée. On ne conçoit, en effet, aucun moyen de concilier les exigences de l'aménagement avec celles qui sont inhérentes à la dernière e ces méthodes. :

$ 2. + __ Diversité des âges d’exploitabilité.

: Des considérations analogues à celles que je viens d'exposer, à propos du mode d’exploitation, sont . applicables à une forêt composée de parcelles dont . l’exploitabilité ne serait pas la même.

Morcellement des classes d'ège.

Lorsqu'une forêt est très-vaste d’une part, et que

de l’autre, les parcelles comprises dans une même classe d’âge n’y sont pas toutes attenantes les unes aux autres, on pourrait se trouver dans l’obligation de scinder une ou plusieurs affectations, afin d'éviter de couper des bois à un âge trop éloigné de celui de. leur exploitabilité, si l’on n'avait pas recours à la division de la forêt en séries. |

Dans la forêt F, la classe des bois de 4 à 20 ans comprend des massifs situés, les uns à l'extrémité nord-est de la forêt, les autres à l’extrémité sud-ouest. Si l’on ne voulait établir qu’une série d'exploitation dans cette forêt, la dernière affectation se composerait de deux parties fort éloignées l’une de l’autre. Or, quoiqu'un morcellement de ce genre soit quelquefois admissible, il ne l’est cependant jamais sans inconvénients, et il est bon de l’éviter autant que possible. Au cas particulier, le partage de la forêt en deux séries distinctes l’èverait l'embarras.

Les séries donnent donc les moyens de masser les affectations et rendent, par conséquent, plus facile l'application des règles sur l’assiette des coupes.

Exigences du rapport soutenu.

Une autre difficulté, et des plus graves, que les séries permettent de surmonter, dans la formation du plan d’exploitation, c’est celle qui résulte, pour

l'établissement du rapport soutenu, des différences qu’on rencontre dans les conditions de la végétation.

Nous savons que pour assurer le rapport soutenu lorsque ces différences tendent à le compromettre, on à imaginé de rendre les contenances des affectations inversement proportionnelles à leur puissance productive; mais nous savons aussi que cette opération est fort embarrassante et fort incertaine, à cause de l'insuffisance des données nécessaires pour la fixation des coefficients de production. ,

Il est donc très-désirable que l’on puisse se dispenser de recourir à ces coeflicients et à ces contepances proportionnelles. Or les séries sont de nature à leur enlever tout objet et par conséquent toute utilité. Que l’on admette la possibilité de former autant de séries qu’il y aurait de différences dans les conditions de végétation relatives au sol, à l'exposition, aux essences, etc., etc., et le produit de chaque affectation devenant directement proportionnel à la contenance, le rapport soutenu sera assuré par l'égalité des contenances.

C'est surtout à ce point de vue que la division d’une forêt en $ries est recommandable.

En effet, où sont les chances d’erreur dans la : fixation des coefficients de production ?

Elles ne sont pas dans la constatation de ce fait qu'il y a des différences dans les conditions de la végétation; elles sont dans l’appréciation, dans la détermination des effets que ces différences sont susceptibles de produire ; or, pour le partage de la forêt en

séries, cette appréciation, cette détermination exacte est sans utilité ; on forme par exemple une série avec les peuplements exposés au sud, une autre série avec les peuplements exposés au nord, parce qu'il est incontestable que l'exposition exerce une grande influence sur la végétation et en conséquence sur la production, et cela suffit. Il n’est pas nécessaire d’ailleurs de préciser cette influence, d'en calculer le résultat matériel.

Application, contrèle et rectification de l’aménagement.

Les erreurs d’assiette sont plus à craindre et plus graves dans une grande affectation que dans une petite. Les outre-passes de possibilité sont plus faciles à constater pour la seconde que pour la première. On pourrait marcher plusieurs années dans une affectation de 1000 hectares par exemple, sans soupçonner qu'on y prend plus de bois que n’en comporte la possibilité réelle, tandis que si l'affectation n’a qu’une soixantaine d'hectares et qu les coupes y soient exagérées, un œil tant soit peu exercé ne tardera pas à le reconnaitre.

La rectification de l'aménagement est ef in plus prompte dans une forêt, lorsqu'elle contient plusieurs séries que lorsqu'elle n’en contient qu'une; car il se peut, dans le premier cas, que cette rectification n’affecte qu’une série, et n’entraîne par conséquent

Je remaniement de l'aménagement que pour une portion de la forêt ; tandis que, dans le second, c’est pour la forêt tout entière que l'aménagement est à remanier. Il en est des séries comme des arches d'un pont: un vice de construction, lorsqu'il y a plusieurs arches, peut n’occasionner la reconstruction que d'une partie du pont, tandis que lorsqu'il n’y a qu'une arche, on est souvent forcé de refaire le pont en entier. ü

On voit par ces exemples que la division d’une forêt en séries est propre à assurer l'application, le contrôle de l'aménagement, et à en simplifier la rectification.

Nous n'avons envisagé jusqu'ici que les circonstances qui concernent ou les conditions de la végétation, ou l’ordre intérieur de la forêt ; mais il peuts’en présenter d’autres parmi lesquelles il y en a quelques-unes qui méritent d’être signalées.

Diminution des frais de transport des bois.

Le transport des produits pourrait être singulièréement contrarié par la constitution de la forêt en une seule série. Ainsi supposons que l’on ait à aménager une forêt comme celle de Fontainebleau, dont la contenance est de 16 à 17,000 hectares, ce qui implique que, pour la traverser, il faut parcourir, en

moyenne, 12,000 mètres, il ne sera certainement pas indifférent d’avoir une seule série d'exploitation, ou d’en avoir plusieurs; car, dans un cas, les produits principaux ne seront offerts à la consommation que sur un seul point, tandis que dans l’autre, ils le seront sur plusieurs. -

J'admets que ces produits se partagent par portions égales entre les populations environnantes, la distance moyenne à parcourir pour qu'ils arrivent au consommateur devra se compter, si l’on n’a qu'une série, à partir du point central de la forêt, et s’il y en a plusieurs, à partir du point central de chaque série, c’est-à-dire d’un point plus rapproché du consommateur, de toute la distance existant entre le centre de la forêt et le centre de chaque série.

La division d’une forêt en plusieurs séries permet donc de réaliser une économie sur les frais de transport des produits.

Égalisation du prix de revient des bois aux lieux de consommation.

La division d’une forêt en séries a en outre pour effet, avantage non moins appréciable que le précédent, de rendre, en multipliant les centres de production et en les rapprochant des lieux de consommation, le prix du bois moins väriable.

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Besoins de la consommation en bois de diverses espèces. LA

La formation des séries permet encore d'éviter des intermittences dans la production des bois de diverses espèces.

Lorsque l’industrie réclame des bois d’une nature particulière, il vaut infiniment mieux les lui donner chaque année, par petites portions, que périodiquement, à de longs intervalles, par grandes quantités. Qu’elle ait besoin par exemple de bois propres à la fabrication des sabots, si l’on n’avait pas soin de former une série d'exploitation avec les essences propres à cet usage, il pourrait s’écouler plusieurs années sans qu’on eût occasion d’en exploiter, et le volume considérable qu'on en couperait, de temps en temps, ne réparerait pas le préjudice causé par les années de privation, tant aux ouvriers qu'aux consommateurs.

Droits d’usage.

La division d’une forêt en séries devient enfin une nécessité, lorsque des droits d’usage portent sur une portion déterminée de cette forêt ou réclament des produits spéciaux, et cette nécessité est assez

évidente par elle-même pour que je puisse me dispenser de la justifier.

ARTICLE IV

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