PRÉFACE
Tout donne lien de croire qu'à Tépoque où la civilisation romaine fut apportée dans les Gaules par Jules César, ce pays était presque entièrement couvert de bois (1).
Au temps même de Gharlemagne, c'est-à-dire environ trois siècles après l'expulsion définitive des Romains, Tabondance des bois était encore telle, que Von dut prendre des mesures sévères pour empêcher leur envahissement sur les plaines cultivées.
(1) Le mot Gaule paratt être d'inTention romaÎDe; les gens da pays rappelaient Celdque. Toatefoîs, quoique le mot Gàllia soit latin, il vient évidemment du mot celtique gaël, forêt (Ozaniaux).
YIII PRÉFACE.
Parmi les forêts qui couvraient alors notre territoire, la plus remarquable par son étendue était celle des Ardennes (la forêt profonde) ; elle avait plus de cent lieues de long. Ces vastes déserts qu'on appelle la Sologne, la Dombes, la Brénne, les Landes, les Dunes, étaient boisés. La ville de Paris, Tancienne Lutèce, était entourée de forêts, dont celles de Boulogne, de Montmorency, de Vincennes, de Fontainebleau ne sont que les vestiges.
De ces immenses richesses, que nous reste-t-il? à peine huit millions d'hectares , dont la plus grande partie en taillis simples, clairières, n'offrant quelque intérêt que pour le chauffage.
Toute la région comprise entre le Rhône, la Méditerranée et les Cévennes, est presque entièrement dénudée. Il en est de même des côtes de l'Océan et de tout le plateau central.
On ne trouve de masses d'une <;ertaine importance que dans le Jura, les Vosges, les Ardennes, les Pyrénées.
Quelles sont les causes de cet appauvrissement?
Quand on songe à la violence et à la durée des guerres dont notre pays a été le théâtre pendant les