‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 5)Chapitre 2 sur 61 · PRÉFACE. ]X · texte numérisé non relu

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premiers siècles qui ont précédé et suivi l'ère chrétienne ; quand on se reporte à cette lutte effroyable de dix années qu'eut à soutenir Jules César pour en achever la conquête ; quand on se rappelle que si, depuis cette conquête (60 ans avant J. C.) jusqu'à l'invasion franque (406), la Gaule jouit d'une tranquillité 1^ relative, vingt peuples divers, sortis des profondeurs

de la Germanie, se précipitèrent alors sur elle, et qu'il y eut un désastre immense, universel ; que quarante ans plus tard (451), de nouvelles hordes vinrent fondre encore sur cette malheureuse contrée à la suite d'Attila; qu'en 711, les Arabes, à leur tour, franchissant le détroit, y portèrent le fer et la flamme ; quand on réfléchit à ces temps d'efi'ervescence terrible, à la puissance dévastatrice de ces masses en mouvement, on est disposé à croire que c'est là qu'il faut chercher la cause principale du déboisement de notre sol. On ne l'y trouverait cependant pas.

Il paraît en effet certain que peu de temps après ces affreuses guerres qui ont rempli les premiers siècles de notre histoire, la végétation forestière avait reconquis une grande partie du terrain qui lui avait

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été enlevé. C'est que la guerre portait alors avec elle le remède au mal qu'elle causait; et ce remède, triste remède d'ailleurs, se devine aisément. La guerre» avec les fléaux qu'elle traînait à sa suite, la peste et la famine, occasionnait d'épouvantables mortalités parmi les hommes et dépeuplait les campagnes. Les terres abandonnées ne tardaient pas à être envahies par les forêts.

Des ruines qui ont été découvertes dans les forêts du Haut-Rhin, dans celles de Grand (Vosges), de Damville (Meurthe), et qui remontent à l'époque romaine, indiquent que le sol de ces forêts était autrefois cultivé. Des ruines également romaines existent à la Petite-Houssaye dans la forêt de Brotonne, en Normandie, dans la forêt de Beaumont-le-Roger (Eure). Le plateau deLinenberg, prèsAbrescheviller, en Lorraine, qui était cultivé autrefois, est aujourd'hui entièrement boisé (1). Au quinzième siècle, c'était un dicton populaire en France que les guerres des Anglais y avaient jEait pousser le bois (2) .

fl) Maurt, Histoire des forêts.

(2) Histoire de France, Henri Martin.

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