‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 5)Chapitre 18 sur 61 · OBSERVATIONS SUR LES PRINCIPES CI-DESSUS DÉVELOPPIÊS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR LES PRINCIPES CI-DESSUS DÉVELOPPIÊS

Les idées exposées dans les articles précédents, relativement au parcellaire, ne seront probablement pas du goût de tout le monde : on les attaquera peut-être dans le fond et dans la forme.

Si on consulte les traditions, on y trouvera, en effet, des principes qui diffèrent essentiellement des miens, quoique cependant ils tendent au même but. Au lieu de prendre, comme je le fais, pour élément fondamental du parcellaire, une portion de forêt homogène quant à l'âge, aux essences, aux conditions de végétation ; au lieu de subordonner la formation des parcelles aux différences d'état des peuplements qui

constituent la forêt, on prend pour élément fondamental du parcellaire une portion de forêt circonscrite par des limites naturelles , et on subordonne en conséquence la formation des parcelles à des circonstances indépendantes de Tétat du peuplement. Il est vrai qu'on trie ensuite^ dans chacune des grandes divisions circonscrites par des limites naturelles, les peuplements homogènes pour ^n faire des subdivisions ; mais ces subdivisions, condamnées d'avance à se fondre dans les divisions dont elles font partie, ne sont appelées à exercer individuellement aucune influence sur la formation des affectations.

Tel est le point sur lequel ma manière de voir est surtout en désaccord avec certains errements. Il est capital, et je ne peux me dispenser de m'y arrêter.

Si on ne formait les divisions dont je viens de parler que pour faciliter l'opération du parcellaire, je ne protesterais pas. On suivrait en réalité la marche que j'ai conseillée ; mais quand on forme une division avec ridée préconçue et arrêtée de faire subir la même destinée à la totalité des peuplements qu'elle contient, on met, pour me servir d'une comparaison triviale, la charrue avant les bœufs ; et on s'expose évidemment à violer tous les principes de la culture et de Texploitabilité, en rangeant sous la même loi, en assujettissant au même traitement, en régénérant à la même époque, des parties de forêt qui pourront avoir des exigences bien opposées.

Quel est l'objet principal de l'aménagement? — C'est

de fixer l'époque et Tordre des coupes annuelles ; or cet ordre et cetle époque ne dépendent pas uniquement de la position respective des divers peuplements dont une forêt se compose ; ils dépendent en outre , et quelquefois principalement, de Tâge des bois, de la longévité probable des essences, et par conséquent, je ne saurais admettre qu'on ne tienne compte que de la première de ces circonstances.

Il y a là, au moins en théorie, une grosse erreur; je dis en théorie , parce que dans la pratique on se préoccupe, tout en faisant le parcellaire, de la formation des affectations, et qu'il y a des cas où il est possible de prévoir que les exigences des règles d'assiette feront placer dans la même affectation, à cause de leur situation respective , des peuplements très-dissemblables d'ailleurs par Fâge ou d'autres caractères.

Ce sont précisément ces exigences des règles d'assiette et la certitude où Ton est souvent, et en montagne particulièrement, qu'elles prévaudront, lors de la formation des affectations , sur les autres motifs , qui ont conduit certains agents à regarder comme devant être soumis à la même loi , et devant former Télément fondamental du plan d'exploitation, tous les peuplements circonscrits par des limites naturelles ; maïs il est clair d'abord que de teîs principes, en admettant qu'ils fussent toujours justifiés dans les pays de montagnes, ne sauraient l'être dans les plaines, cl il est non moins clair ensuite, qii>e si dans îa pratique , il est permis à dés agents très-exercés de tenir

HE lA STATISTIQUE. &7

compte, dans leur manière de procéder au parcellaire, des exigences des règles d'assiette, il n'en est pas de mêiftie en théorie , où l'on doit classer les idées et les opérations par rang d*importance, les développer et les exposer successivement et sans confusion , dans un ordre tel qu on puisse bien en suivre la filiation.

ARTICLE VI

DU NOMBRE ET I>B LA FûBVE DBS PIÈCES IBLITITBS AU FAACILtAIRE Iff 4 LA IN|9Ç»lfTf«!f sHOàUf.

Dans mon opinion , il serait fâetieut qae Ton imposât pour ces documents des modèles uniformes, sans avoir égard aux différences de loeaKtés. Dans telle forêt, susceptible d*êtr© divisée en un petit nombre de parcelles bien homogènes, le rapport sur un seul plaîi de toutes ces parcelles sera suffisant; dans telle autre forêt, au contraire, où il aura été nécessaire de former un nombre considérable de parcelles, à cause de l'irrégularité du peuplement ou des conditions de la végétation , il conviendra qu'indépendamment d'un plan d'ensemble, on fournisse des plans de détail.

Pour la forêt de Cerisy (Calvados) et pour celle de Perseigne (Orne), on avait reconnu la nécessité de ces plans de détail : et comme Tirrégularité du peuplement était très-grande, même dans chaque parcelle envisagée isolement, et que le cahier descriptif n'aurait pas

suffi, pour montrer cette irrégularité autant qu'il était désirable, on prit le soin de figurer sur les plans partiels eux-mêmes, au moyen de pointillés et de quelques annotations sommaires, les principales nuances du peuplement.

Il serait, je le pense, très-utile que cet exemple fut imité.

Voilà pour ce qui concerne la représentation graphique du parcellaire.

Quant au cahier descriptif, il convient de n'y pas ménager les détails , tout en laissant en relief l'état moyen qui sert en définitive à fixer la destination d'une parcelle. On ne saurait d'ailleurs prescrire pour cette description une formule plutôt qu'une autre f la manière de décrire une parcelle devant être inspirée par l'état des lieux.

Je donne, à titre d'exemple, un plan partiel et une description de parcelle que j'emprunte à l'aménagement de la forêt domaniale de Cerisy. Peut-être y trouvera-t-on quelques indications utiles.

DÉ t'EXPLOlTABIUTÈ.

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