‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 5)Chapitre 34 sur 61 · OBJECTIONS · texte numérisé non relu

OBJECTIONS

« Monsieur le rédacteur^

Ta Dans votre article sur la formation du plan d'exploitation, vous dites que la durée de la période doit être au moins égale au double de l'intervalle qui séparera la coupe d'ensemencement de la définitive; si cet intervalle est de dix ans, la durée de la période devra être au moins de vingt ans« — Pour le démontrer, vous vous placez dans cette

aSO DU PLAN D'BXI^LOITâTION.

Je viens de démontrer la nécessité de ne pas se limiter dans Tannée, pour l'assiette des coopes principales, dont le plan d'exploitation est destiné à régler la marche. La même nécessité existe souvent pour les coupes intermédiaires, car elles sont plus ou moins

hypothèse que les coupeâ claires n'étant pas nécessaires, les arbres exploitables dans une contenance déterminée se distribueront par portions égales entre la coupe d'ensemencement et la coupe définitive. Partant de là, tous arrivez très*logiquement aux conséquences annoa* cées.

» Mais si tous tous étiez mis dans une hypothèse plus conforme b la généralité des circonstances, en admettant» par exemple, que la coupe claire doit être faite cinq ans après la coupe sombre, la coupe défioîlife cinq ans après la coupe claire, et que les bois exploitables se distribuent par portions égales et par tiers entre les trois coupes de régénération, la conçittâon eût été bien diffëreote; car on peut dire, en suirant votre méthode de démonstration et en se mettant en présence d'une futaie partagée en cent parties exploitables en cent ans, savoir :

)) La première année, nous nous transporterons dans la partie la plus âgée , et nous y ferons coupe sombre ; maïs cette coupe ne devant nous donner que le liers'du matériel sur pied, nt)us comblerons le déficit en pratiquant deux autres coopes d'ensemencement sur toute Tétendue des deux autres parties successivement contiguês. L*année suivante, nous ferons, par des raisons analogues, les premières coupes de régénération sur les qtratrième, cinquième et sixième parties, et dans cinq ans, c'esl-à-^ire è l'époque où nous pourrons revenir au point de départ, pour commencer les coupes secondaires, nous aurons les quinze parties les plus âgées de la forêt à Pétat de coupes d^ensemencement ; cinq ans plus tard, c'est-à-dire dix ans après l'ouverture de la période, ces mêmes quinze parties seront à l'état de coupes secondaires. Or, il est clair que celles de ces quinze parties qui auront été mises les dernières dans cet état ne pourront être exploitées définitivement que cinq ans plus tard, c'est-à-dire dans ^inxe ans.

n Au résumé, dans b plupart des cas, pour les futaies de sapin et de hêtre, ne serait on pas fondé à dire que la durée de la période doit être au moins égale au triple de l'interTalle supposé constant qui sépare.

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impérieusement subordonnées aux autres. On ne pourfait, par exemple, affirmer que^ telle année, telle parcelle aura besoin d'être éclaircie, puisqu'on ne sait pas à quelle époque elle sera régénérée; mais on peut affirmer qu'elle aura besoin de l'être dans la période

soit la conpe d'ensemencement de h coupe secondaire, soit b ooape seeoadaire de la coupe déBuitive, ou, en d'autres termes, égale à Tinteryalie qui s'écoule entre la coupe sombre et la coupe déânitiTe, augmmtté de sa moiiié ?

9 La durée des périodes el par conséquent cetie des révolutions sentit dooe ainsi un multiple de trois, dans tous les cas où il serait nécessaire de passer par trois coupes, pour consommer la régénération des massife. Mais d'autres considérations plus importantes devant présider au choix du terme d'explottabiiité, ne sera-t-on pas très-souvent forcé de négliger cette condition, à laquelle tous voulex subordonner la durée des périodes ?

» Voilà ma première objection ; je vous demande aussi une explication k propos du deuxième paragraphe de la page 3S5. «c Une autre » considération, dites -vous, pour ne pas prolonger au delà de vingt » ans la dorée de la période, c'est qu'il convient de restreindre, auiattt » que possible, la faculté de comprendre dans les exploitations des bois » qui ne sont pas encore parvenus à l'âge d'exploitabilité. j>

» Si je comprends bien, vous entendez par là prendre des garanties contre la négligence ou la légèreté des agents chargés d'exécuter un aménagement, et suspects d^entamer d'abord les massifs les moins âgés de l'affectation. Mais n'a-t-oii pas, pour les maintenir dans la bonne voie, un plan d'exploitation spécial, indif)uant Tordre dans lequel les parcelles qui composent celte affectation devront venir successivement en tour d'exploitation? Quant à ceux qui prendraient à tâche d'enfreindre les dispositions de l'aménagement, les courtes périodes ne les arrêteront pas. Il semble, au contraire, que plus la période sera courte, plus souvent on se trouvera dans la nécessité d'**niamer, avant son expiration, les massifs de Taffectation contiguê, par suite de l'insuccès des coupes d'ensemencement ou des coupes secondaires pratiquées daus l'alfeclatien de la première période, et, s'il faut ainsi anticiper, voilà nos agents pleinement investis de la faculté dont yous vouliez les priver.

qui suivra celle de sa régénération; en sorte que, lorsque les affectations sont constituées, lorsqu'on est fixé sur la période dans laquelle une parcelle devra être obligatoirement régénérée, il devient aisé de se

» Jusqu*à preuve contraire, je ne reconnais donc à la courte darée des périodes qu'un seul avantage, celai de faciliter la recherche de la possibilité, en diminuant les chances d'erreur inhérentes aux calculs d'accroissement. Vous posez ensuite en principe que la durée de la période doit être une partie aliquote du chiffre de la réyolulion, sous peine de s'exposer soit à rester en deçà, soit à aller au delà du terme reconnu le plus convenable, eu égard aux exigences de la régénération.

» Celte conséquence me paraît irès-contestable, et je n'attribue à l'égalité des périodes qu'un mérite de symétrie ; je vais plus loin : il serait plus commode, à mon gré, d'admettre en principe l'inégalité des périodes, parce qu'il est rare que les parcelles, telles qu'on les a tout d^abord établies sur le terrain, puissent être exactement coUoquées dans des périodes égales.

» De là résulte que, pour égaliser les affectations périodiques, il faut après coup venir scinder les parcelles au moyen de lignes de contenance qui compliquent inutilement le parcellaire et surchargent les plans. Ne serait-il pas plus sinf^ple de proportionner la durée des périodes à la contenance des parcelles ou des groupes de parcelles?

» Par exemple, étant donnée une farét de 100 hectares, aménagée à cent ans, et partagée sur le terrain d'après les considérations de situation, de consistance et de fertilité, en cinq parcelles dont les contenances seraient de 40, 12, 15, 18 et 15 hectares ; quel inconvénient, je le demande, y aurait-il à affecter chacune de ces parcelles à une période dont la durée serait égale au nombre d'hectares qui y seraient colloques, la révolution se trouvant ainsi partagée en cinq périodes de quarante, douze, quinze, etc., années? Cela serait assurément plus simple. La régénération de chaque affectation périodique ne pourrait peut-être pas s'effectuer exactement durant la période correspondante, j'en conviens, et l'on serait obligé, avant l'expiration d'une quelconque des périodes, d'entamer les coupes dans l'affectation immédiatement contiguê ; mais c'est ce qui arrive et ce qui arrivera toujours plus ou moins, quelle que soit la durée des périodes, et ces emprunts peuvent

DU PLAN d'exploitation. 233

fiier également sur les périodes dans lesquelles elle devra être ultérieurement éclaircie.

On voit combien la division de la révolution en périodes, et le partage de la forêt en affectations correspondantes, sont de nature à faciliter les opérations

8*opérer, je crois, saos porter aucune atteinte à l'exploiiabilité adoptée. }»

R^NSB.

On nous reproche, d*abord, d*aToir négligé de faire entrer les coupes claires dans Thypothèse que nous avons admise, afin de montrer comment on pouvait arriver à apprécier la durée de la période et Télendue de l'afifeclaiion correspondante.

On nous prouve en même temps qu*en tenant compte de la coupe claire, et en supposant qu'elle ait lieu précisément au milieu de Tintervalle de t^ps qui sépare la coupe d'ensemeo cernent de la coupe définitive, la durée de la période nécessaire pour compléter la régénération de Taffectation correspondante devient égale à cet intervalle multiplié par 1,5.

Cette dernière proposition est parfaitement exacte, lorsque la coupe claire égale en importance la coupe d'ensemencement ou la coupe définitive, et qu'elle intervient en outre précisément au milieu de Tintervalle de temps qui les sépare.

Mais si la coupe claire est plus rapprochée de la coupe définitive que de la coupe d'ensemencement, si elle est moins productive, si elle se fait en plusieurs fois, dans chacun de ces cas elle peut et doit même avoir pour effet de relarder le délai indispensable pour compléter la régénération des coupes formant l'étendue de Taffectation.

£n conséquence, si l'on ne considère que le nombre des exploitations à faire sur un point donné, pour en effectuer le repeuplement naturel, on a raison de regarder notre démonstration comme incomplète ; mais si l'on nous accorde que la coupe d'ensemencement et la coupe définitive sont celles dont Timporlance et l'écart sont le plus faciles à apprécier, et exercent, en outre, le plus d'influence sur le temps que réclame la régénération complète d'un certain nombre de coupes envisagées dans leur ensemble, on s'expliquera que, pour ne pas compliquer notre

UU DU PJJIlN d'izfloitatioii.

culturales à faire dans ]a forêt que Ton se proposa d'aménager. Ce règlement n'est, toutefois, cju'na acheminement au but de raménagement; il ne sauraity quelque bien établi qu'il fût d'ailleurs, constituer à lui seul le plan d'exploitation ; il n'en est que la

démonstration, nous l'ayons dégagée des éléments secondaires et variables qui préoccupent notre correspondant.

Répondons aux autres critiques :

Lorsque nous avons dit qu'il fallait restreindre autant que possible la durée de la période, afin de ne pas être exposé à exploiter des bois trop éloignés d'avoir atteint T&ge d'exploitabifité, nous sommes partis de cette supposition que les agents chargés de Texécntion de l'aménagement auraient le droit et pourraient même être Forcés de se mouvoir, pour l'assiette des coupes annuelles, dans toute Tétendue de l'affectation périodique.

Si Ton admettait, au contraire, comme semble le Toutoir notre correspondant, que Ton pût assujettir cette assiette à une marche précise, anmpjend*un plan spécial d'exploitation, les périodes n'auraient plus de raison d'être; car, encore une fois, elles ne sont motivées que par rimpossîbilité de concitîer l'assiette fixe des coupes annuelles avec les exigences de la régénération.

On voit donc que le seul avantage des périodes ne consiste pas à faciliter la recherche de la possibilité, en diminuant les chances d'erreur inhérentes aux calculs d*accroissemeot. Si c'était là leur seul avantage, comme il serait d'autant plus grand que les périodes seraient plus courtes, on devrait logiquement ne leur donner qu'un an de durée.

Mais, cela posé, il est dair que si Ton veut renfermer la latitude laissée aux agents d^exécotîon, pour l'assiette des coupes, dans les limites strictement convenables, il faut que les périodes de h révolotion soient égales entre elles, car, sans cela, il y en aurait qui seraient nécessairement ou trop longues, ou trop courtes.

Supposons, avec notre contradicteur, qa'mie forêt ait été partagée en cinq parties, savoir : la première de 40 hectares, la deuxième de 15, la troisième de 15, la quatrième de 18, la cinquième de 15, et que chacune d'elles ait été affectée a une période d'une durée égrie au nombre d'hectares qu'elle contient : n'y aurait-il pas de grands incon-

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charpente, le caneYas; il remplit dans raménagement un rôle analogue à celui de la triangulation dans la géodésie» et de même que la triangulation est feite pour faciliter les levés de détail» de même le règlement des exploitations par période est £iit pour feciliter edui des eiploitattons annuelles; maia il n'y supplée pas. La division de la révolution en périodes, et le partage de la forêt en affectations correspondantes, per* mettent, comme je le montrerai plus clairement par

vénients à laisser pendant quenrante ans, et pour une aflsctalion qui compreadrait presque moidé de la forêt, l'asaieUe dei coupes anottelles subordonnée à l'appréciation, au bon plaisir, à Tarbitraire des agents d'exécution ; et, s'il n'est pas possible de fixer Timportance, remplacement et l'ordre des quarante eoapes à faire dans oette «ffeotsttioa, ne pourrait-on déterminer ces différents points pour un nombre découpes, prises en bloc, inrérîeur à quarante? L'affirmatiTe n^est pas contestable^ et comme il connent que tout ce qui pe«t être fixé le soit, et qu'on se s'écarte de la possibilité par contenance que dans la viesure que comportent les exigences de la culture, il est certain que l'on ferait une grande faute st Ton ne diminuait pas la durée de la première période.

Mais si cette période doit être eonâdérée oomme trop longue, celle de douze ans sera probablement trop courte, en ce sens qu'elle ne permettra pas, quelle que soit d'ailleurs l'habileté qu'on y apporte, de régénérer dans un aussi court délai les 13 hectares composait l'affectation, et que, bien ayant d'arriver à l'expiration de la période^ on se verra dans la nécessité d'anticiper sur l'affeclaiion voisine.

0» nous dit, il est vrai, que quelle que soit la durée de la pjériode^ il est impossible d'éviter que Ton entame avant son expiration Taffectation contiguê. Noos n'admettons pas d'une manière absolue cette impossibilité. Sans doute, les anticipations dont il est question sont difficiles à éviter ; mais c'est une raison de plus pour ae négliger aucune des précautions nécessaires afin d'en dimiauer au moins les inconvénients.

Si l'on abandonne ce principe, on tombe dans TempirisiBe.

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la suite, de réaliser le rapport soutenu par période ; c'est beaucoup, sans doute^ mais ce qu'on attend surtout de raménagement, c'est la réalisation du rapport soutenu par année, et, pour cela, il faut trouver les moyens de répartir d'une manière égale le produit d'une affectation, entre les années de la période correspondante. Ces moyens comportent im règlement qui, joint au premier, complète le plan d'exploitation.

Ainsi, dans la présente étude sur le plan d'exploitation des futaies, j'aurai à traiter successivement :

1* De la formation des affectations;

2' Du règlement général des exploitations par période ;

3** Du règlement des exploitations annuelles.

Mais dans les futaies, plus souvent encore que dans les taillis, l'irrégularité des peuplements conduit a adopter, tantôt une marche provisoire pour les coupes, tantôt une révolution transitoire; et ces nécessités donnent lieu à des complications dont je sortirais difficilement , si je ne faisais de chacun des cas où elles se présentent, l'objet d'un chapitre spécial.

J'appliquerai donc mon élude à trois hypothèses :

1* Celle d'une révolution définitive et d'une marche des coupes, normale ;

2*" Celle d'une révolution définitive et d'une marche des coupes, provisoire ;

3* Celle d'une révolution transitoire et d'une marche des coupes, provisoire.

ou PLAN D'EXPJLOITAnON. 237

PREMIÈRE SECTIOI

Da plan d'esKploîtalmi dmt les fbtaSety la réroltitîon powwit être définitive et le merohe des eoapet, normele.

ARTICLE PREMIER

rORMATIOIf DBS AFFECTATIONS.

Si".

Tableau des affectations.

Nous avons affaire à une forêt de 200 hectares, exploitable dans une révolution de cent ans. Cette révolution a été divisée en cinq périodes égales. Il s'agit de partager la forêt en un même nombre d'affectations correspondantes. Nous remplirons le tableau ci-contre :

DU PLAN D'CXPLOITATIOll.

Cf5

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