VÉGÉTATION ET DE LA CULTURE
La quantité des produits matériels, leur utilité, leur valeur vénale et le rapport de cette valeur au capital dont elle émane, sont les divers objets que Ton a en vue, ensemble ou séparément, quand on cherche à retirer des arbres forestiers, dans un temps donné, les plus grands avantages.
A ces divers objets correspondent quatre sortes d'exploitabilités distinctes et relatives :
La première, aux produits matériels les plus considérables ;
La deuxième, aux produits les plus utiles;
La troisième, au plus grand produit en argent;
La quatrième, à la rente la plus élevée.
ARTICLE PREMIER
DB l'exploita BILITÉ RELATIVE AUX PRODUITS .MATÉRIELS LES PLUS CONSIDÉRABLES, OU DE L*EXPL01TABILITÉ ABSOLUE
Quelles sont les lois générales sur lesquelles repose la recherche de Texploitabilité absolue?
70 AMÉNAGEMENT DES KOHÉTS.
Par quels moyens délermine-l-on l'âge qui correspond à celle exploilabililé?
Quelle est Tulililé pratique de celle délerminatiou? Examinons successivement ces trois questions.
Lois générales sur lesquelles repose la recherche de rexploitahilité absolue.
Quel est Tâge auquel il convient d'abattre des arbres, soit isolés, soit en massif, pour qu'en admettant une régénération immédiate et une succession non interrompue d'arbres de la même espèce, soumis à des conditions semblables, on obtienne, dans un lemps donné, les produits matériels les plus considérables?
Evidemment, c'est comme si Ton demandait quel est l'âge auquel il convient d'exploiter des arbres, pour que le produit de cette exploitation, joint ?i tous ceux qu'auraient pu procurer, précédemment, les coupes d'amélioration, et divisé par le nombre des années comprises dans cet âge, présente le quotient le plus élevé.
L'exploitabilité absolue est donc indiquée par Fdyr où se réalise le plus grand accroissement moyen, et par conséquent:
Elle se présente dam la phase descendante des arcroissements annuels ;
Elle coîYe^^pofid à Page où f accroissement annuel devient égal à F accroissement moyen.
DE L'EXPLOITA BILITE. 71
Ces trois propositions demandent quelques explications :
Si nous coupons un arbre au pied, et si nous examinons les couches concentriques de la section transversale, nous reconnaîtrons que leur épaisseur, très mince dans le principe, va en augmentant jusqu'à une certaine distance du centre, puis reste à peu près constante pendant quelques années, et diminue enfin de plus en plus, au point de devenir h peine perceptible, à mesure que Ton se rapproche de la circonférence.
Les conséquences qu'il y a lieu de tirer de ces caractères, pour la recherche de Texploitabilité correspondante à la production matérielle la plus considérable, sont évidentes pour un forestier ; il n'en est pas de môme pour les personnes étrangères à la sylviculture, et je crois que si on les interrogeait à ce sujet, elles ne répondraient pas, du premier coup, d'une manière satisfaisante.
Ces personnes seraient pcobablement disposées à établir d'abord une relation directe, entre les phases de Taccroissement en volume de notre arbre d'expérience, et les variations de l'épaisseur des couches concentriques; elles supposeraient volontiers, qu'à partir du moment où cette épaisseur est devenue constante, l'accroissement annuel est resté stationnai re.
Ce serait là une grave erreur : Varenne de Fenille a eu soin de la prévoir, en faisant remarquer qu'il faut se garder de confondre le grossissement avec l'accroissement annuel, attendu que celui-
m !■— -^ ■■-■ ■— ■ ..-. -— -■— — ■■^■■■l■l■^-■l ■■ ■■ ■ ■■»! m ^ III ■■-■■■■■ ■^■■■ ■ M ■ ■»
ci peut ne pas cesser d'augmenter, tandis que Taulre diminue.
Mais ce que les personnes en question auraient de la peine à comprendre, c'est qu'il y ait perle dans le rendement quand on retarde l'exploitation jusqu'au terme de la végétation, c'est qu'il y ait avantage à sacrifier l'augmentation de volume, que la végétation des dernières années aurait encore pour effet de procurer au propriétaire. Habituées à n'envisager les arbres que dans leur individualité, au lieu de les envisager dans une succession non interrompue et indéterminée de générations, il leur faudrait un certain effort de réflexion, pour apprécier les conséquences de la solidarité qui existe entre ces générations, solidarité dont l'absence rendrait tout à fait inintelligible la théorie du plus grand accroissement moyen.
Cette solidarité étant d'ailleurs recoimue, et avecelle l'opportunité de renoncer aux dernières années de la végétation d'un arbre, parce qu'on est assuré de pouvoir trouver plus qu'une compensation dans la production de celui qui le remplacera, il devient en quelque sorte palpable que l'exploitabilité absolue tombe dans la phase descendante des accroissements annuels. Pour que l'accroissement moyen ne cesse d'augmenter, il suffit en effet que l'accroissement annuel soit plus grand que la moyenne des accroissements annuels antérieurs; or cette moyenne est nécessairement toujours moindre que le plus grand de ces accroissements, puisqu'elle est fonction non seulement de celui-ci, mais aussi des plus fai-
DE L'EXPLOITA BILITÉ. 73
bles, et entre autres de ceux des premières années de la végétation.
Les deux premiers aphorismes que j'ai posés ne sont donc pas susceptibles d'être controversés; le troisième en découle logiquement, en forme le corollaire, et s'y arrêter serait faire trop peu de cas du temps de ses lecteurs.
Quelque simples que soient ces aphorismes, ils ne s'acceptent pas cependant, on vient de le voir, comme des axiomes, et Yarenne de Feuille, qui les a formulés le premier, a fait faire un progrès réel à la science de la sylviculture.
Toutefois, pour que ce progrès ne soit pas dépourvu d'utilité pratique, il est nécessaire d'admettre qu'en conformité des lois qui régissent les êtres vivants, les arbres n'arrivent au terme de leur existence qu'après avoir traversé une phase de décadence ; que leur force vitale et leur accroissement annuel, qui en est l'expression, ne vont pas en augmentant jusqu'au moment où ils sont surpris par la mort ; et que si leur végétation ne présente pas toujours les trois phases, ascendante, stalionnaire, descendante, qu'on s'accorde généralement à lui reconnaître, elle présente au moins les deux extrêmes. Cette Jiypothèse est indispensable, et je ne sache pas, au surplus, qu'il ait été fait contre elle aucune protestation plausible.
Les principes qu'on vient de développer s'appliquent aussi exactement aux arbres isolés qu'aux arbres en massifs, aux forêts qui sont aménagées qu'à celles qui ne le sont pas.
On a prouvé par exemple que, pour les arbres
tt AMÉNAGEMENT DES FOKÊTS.
isolés, le plus grand accroissemenl moyen se produit dans la phase descendante de raccroissement annuel. On lé prouverait de la même manière pour les massifs; seulement, lorsque dans ces derniers, les éciaircies enlèvent périodiquement une portion des arbres sur pied, il convient de supposer qu'elles ont lieu par annuités; et l'on doit surtout tenir compte de leurs produits dans la comparaison des accroissements do deux années consécutives; car si on les négligeait, on arriverait infailliblement à un résultat contraire à celui qu'indique le raisonnement.
Quant à Tapplication aux forêts qui sont aménagées, des lois dont on n'a, jusqu'à présent, démontré la justesse que pour les forêts qui ne le sont pas, elle est également incontestable: de sorte qu'étant données deux forêts de même étendue et dans des conditions semblables de végétation, partagées l'une en 60 coupes et l'autre en 120, la production de celte dernière, quoique l'étendue de la coupe annuelle soit moindre de moitié, sera plus considérable que celle de la première, si le plus grand accroissement moyen ne se réalise qu'à l'âge de 120 ans. En termes plus précis, si ces deux forêts ont chacune 120^hectares, l'hectare qu'on coupera chaque année dans la deuxième, fournira plus de produits que les deux hectares qu'on coupera chaque année dans la première.
Voici un calcul algébrique très élémentaire qui, à cet égard, ne laissera pas place au moindre doute.
On veut prouver que l'aménagement dont la révolution correspond au maximum de l'accroissement
DE L'EXPLOITABIIJTE. 75
moyen, est celui qui procure le maximum de produits matériels.
Soit n l'âge de la révolution,
V le volume d'un hectare dont le peuplement est parvenu à cet âge.
Le plus grand accroissement moyen sera -•
Soit c la contenance de la forêt; la contenance de la coupe
sera - et le volume - X » ou c X - » n n n
Mais - est le plus grand accroissement moyen; donc toute
révolution n'n",.. plus grande ou plus petite donnerait un
accroissement —, — -... momdre que - et, en conséquence,
une quantité c— ; c —;;... plus faible que c -•
Des moyens par lesquels ou détermine l'à^e qui conv^spond
à Vcxploitabilité absolue.
Voici des arbres isolés de la même espèce, placés dans des conditions identiques de végétation, mais ayant des âges différenis. Prenons le plus âgé, coupons-le au pied. A Tinspection des couches concentriques, il nous sera facile de déterminer la grosseur qu'il avait aux diverses époques pour lesquelles nous voulons établir son volume. Ayant la grosseur, il nous faudra encore la longueur à ces mêmes époques : si Tarbre est verlicillé, cette longueur
76 AMÉNAGEMENT DES FORilTS.
sera facile à trouver, puisque la distance entre deux verticilles successifs représente la poussed'une année, et que pour avoir, par exemple, la longueur de l'arbre il y a 10 ans, il suffira de retrancher de la longueur totale actuelle celle des 10 derniers verticilles. S'il s'agit de bois feuillus, ce n'est que par des tâtonnements que nous pourrons arriver au but de nos recherches. Ainsi, l'accroissement d'un arbre se constituant avec des couches annuelles superposées, il est aisé de comprendre qu'en rognant successivement la tige, de haut en bas, on augmentera successivement aussi le nombre des couches concentriques de la section ; et qu'à l'apparition de chaque couche nouvelle, correspondra la hauteur à un âge qu'on déterminera sans peine, puisqu'on connaîtra l'âge actuel.
Nous pourrons donc nous procurer les deux éléments, longueur et grosseur, relatifs à un âge quelconque, et, avec ces deux éléments, calculer le volume de la tige de notre arbre à cet âge, en le considérant soit comme cône, soit comme cylindre. Des facteurs de conversion, que nous établirons par les procédés qu'enseigne la stéréométrie, nous fourniront le volume réel ; et il ne nous restera plus qu'à diviser le volume trouvé à différents âges par ces âges mêmes, pour distinguer, en comparant les quotients, l'âge du plus grand accroissement moyen.
Pour plus de sûreté, l'opération que je viens d'appliquer à un arbre, on l'applique à plusieurs, et on prend ensuite la moyenne des accroissements moyens maxima.
DE L'KXPLOITABILITÉ. 77
Voici maintenant des arbres en massif : c'est un taillis dans lequel il n'y a pas lieu de faire des coupes intermédiaires^ c'est-à-dire des nettoiements ou des éclaircies : on pourrait déterminer l'âge de Texploilabilité absolue par le même procédé; mais comme pour diminuer les chances inévitables d'erreur que l'on court toujours, lorsqu'on applique à un très grand nombre d'arbres les lois d'accroissement constatées sur une partie seulement d'entre eux, il faut que cette partie soit, par rapport au tout, la plus grande possible; et comme, dans un massif, cette considération entraînerait l'abatage d'un très grand nombre de sujets, on emploie le procédé suivant qui est moins compliqué, plus expéditif et plus sûr :
Au lieu d'expérimenter sur des arbres isolés, on expérimente sur des portions du massif : on choisit donc, dans des conditions régulières de végétation, des places d'essai, différentes par l'âge, mais semblables quant aux autres éléments de la production ; on cube les volumes qu'elles contiennent et l'on divise ces volumes par les âges correspondants.
Cette méthode est celle qu'on ne peut se dispenser d'employer dans les massifs, soit en taillis, soit en futaie, qui sont assujettis à des nettoiements et éclaircies périodiques ; seulement on a soin d'ajouter au volume de chaque place d'essai celui des coupes intermédiaires effectuées précédemment, de sorte que si des éclaircies avaient eu lieu tous les 10 ans, à partir de 20 ans, il faudrait ajouter au volume des bois de 30 ans le produit d'une éclaircie (à 20 ans).
iV«.
78 AMEiNAGËMKNT DES FORÊTS.
au volume des bois de 40 ans les produits de deux éclaircies (à 20 et à 30 ans), etc. Les quotients décès sommes par les âges actuels exprimeraient les accroissements moyens ; et au plus grand de ces quotients correspondi'ait Tâge le plus rapproché de celui de Texploitabililé absolue.
Les opérations que je viens de décrire très rapidement sont simples en théorie. Dans la pratique, elles rencontrent de grandes difficultés. Ces difficultés ont pour cause principale, l'embarras de trouver des portions de massifs, qui soient dans un élat de régularité convenable, et, en outre, dans des conditions de végétation semblables à celles des peuplements, auxquels devraient êlre appliqués les résultats des expériences.
L'exploitabilité relative aux plus grands produits matériels varie, pour une même essence, suivant les sols, les climats, la situation, etc., toutes choses très variables souvent de leur côté, dans la même forêt. Il n'est pas aisé de discerner Tétai moyen au milieu de ces variations, et c'est cependant de la découverte' de cet état moyen que dépend le succès des essais. Sans doute, il n'y a pas de difficulté insurmontable pour lasagacilé d'un forestier, qui a du coup d'œil et qui est expérimenté, lorsque les peuplements présentent les éléments indispensables sous le triple rapport de la régularité, de la consistance des massifs et de la gradation des âges ; mais c'est là malheureusement ce qui manque en France h presque toutes nos futaies. Aussi est-il bien peu de futaies dans lesquelles l'âge d'exploilabilité puisse être fixé.
I>K I/EXPLOITABILITK. 79
d'après des observations et des comparaisons suffisamment probantes. Dans nos taillis, la recherche des lois d'accroissement est plus facile : pourtant elle n'a été faite que très exceptionnellement. Nous verrons au surplus qu'elle est bien loin d'avoir une aussi grande importance que dans les futaies.
Des tables de production résultant de cubages effectifs et qui indiqueraient, pour des conditions de végétation aussi bien déterminc^'cs que possible, la marche que suit Tuccroissement des principales essences de notre sol forestier, constitueraient un précieux document, et il sérail très désirable que l'on s'en occupât. L'administration seule pourrait entreprendre un travail de celte nature. Ce ne serait, il est vrai, pas trop d'un, et même de plusieurs siècles pour le terminer; mais les résultats immédiats auxquels l'état actuel de nos forêts permettrait d'arriver, auraient déjà un grand intérêt et une grande utilité pour les recherches sur Texploitabililé dont nous nous occupons en ce moment. Ces études que je conseille, l'administration forestière badoise les a commencées depuis longtemps dans les forêts dont la gestion lui est confiée. Elles ne sont pas impossibles en France *.
1. Ce fODseil a été suivi. Par une décision du 8 décembre 187:i, émanant de M. Faré, directeur j?énéral des forêts, il a été prescrit de choisir, dans chacune dos forêts domaniales aménagées et traitées par la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies, une place d'au moins 50 ares, peuplée de tout jeunes bois, et de consigner sur un tableau, à chaque passage périodique dos coupes d'amélioration sur cette place : d'un côté, le volume, le poids et la valeur des produits réalis.és et, d'un autre côb*, le volume des boiî» laissés sur pied.
80 AMËNAGEMEIVT DES FORhTS.
Mes lecteurs s'effrayeront peut-êlre des calculs que semble comporter la détermination de Tâge correspondant à Texploitabilité absolue, et se défieront de la possibilité d'arriver, dans ces évaluations, à un degré suffisant d'exactitude. De telles appréhensions ne seraient pas fondées : dans la pratique, la phase de la végétation sur laquelle portent les expériences est singulièrement réduite, soit par le choix du mode d'exploitation, soit par les exigences de la culture ; et pour ce qui est de la précision des cubages, ceux-là seuls pourraient en douter qui ignorent les procédés de la dendrométrie. L'emploi de ces procédés peut être expéditif et certain, comme le prouvent les exploitations faites dans diverses forêts, conformément à la possibilité résultant des cubages de l'aménagement. Ainsi, dans la forêt de Haguenau, le produit des coupes de la première décennie a cadré parfaitement avec la possibilité déterminée par l'aménagement. Il en a été de même dans la forêt de Cerisy (Manche), et il en sera toujours de même, toutes les fois que les comptages et cubages seront faits par des agents attentifs.
Au reste, on aurait grand tort de contredire l'utilité d'un principe, en alléguant les difficultés de son application. En sylviculture, comme dans toutes les sciences et dans tous les arts spéciaux, la pratique parvientrarement à réaliser, à appliquer exactement, complètement, les enseignements de la théorie. Ce n'est pas une raison pour qu'elle les repousse ; et celui qui s'inscrirait en faux contre les principes de
DE L'EXPLOITABILITÉ. 81
l'aménagement des forêts, par cette seule raison qu'ils ne trouvent pas toujours leur application, ne serait pas plus sage que le mécanicien qui nierait rutilité de la mécanique rationnelle, parce que les données qu'on y puise sur la résistance des matériaux, ne sont pas toujours d'accord avec le résultat des épreuves que Ton fait subir à ces derniers.
utilité pratique de la détermination de 1 âge correspondant à
Texploitabilité absolue.
J'ai fait remarquer, au début de mon travail, que le profit qu'on pouvait retirer de l'exploitation forestière, servait de fondement aux règles qui régissent cette exploitation. Mais il n'y a profit que là où il y a utilité produite, et comme je n'ai pas tenu compte jusqu'ici de cette utilité, on pourrait douter de l'opportunité des longues considérations dans lesquelles je suis entré, au sujet d'une exploitabilité dont les avantages, pour la satisfaction de nos besoins, n'ont pas encore été développés.
La quantité plus ou moins grande des produits matériels qu'une forêt est capable de fournir annuellement, serait dépourvue de tout intérêt si elle était indépendante de l'utilité et de la valeur de ces produits; elle ne mérite d'être prise en considération que parce qu'elle a des rapports plus ou moins directs avec cette utilité et cette valeur; on s'étonnera donc peut-être que je n'aie pas pris
AMÉNAGB9EMT DBS FORÊTS. ^
82 AMÉN.UiEMENT DES FORÊTS.
ces rapports pour point de départ de mes études.
Je ne Tai pas fait, parce que j'ai présumé que lu clarté de mes déductions en souffrirait.
Je reconnais, sans doute, que réduite à elle-même, envisagée isolément, la théorie de Texploitabililé absolue serait une abstraction pure, comparable à un chiffre qu'on aurait séparé de Fobjet auquel il empruntait sa signification ; mais nous verrons plus tard que Futilité et la valeur des produits ligneux sont, dans beaucoup de cas, proportionnelles à leur quantité, et qu'en conséquence la théorie de Texploitabilité absolue peut avoir souvent des résultats pratiques. Elle exige d'ailleurs qu'on précise, autant que le permet la nature des choses, la marche de la végétation, qu'on en fasse connaître les lois et les résultats matériels ; et ce sont là des données dont on ne saurait se priver, quels que soient le but que l'on se propose et les moyens que l'on préfère pour y arriver. Il n'était point, enfin, sans importance, d'avoir un terme de comparaison aussi fixe que possible pour les exploitabilités de différentes natures que j'avais h éludier, et il n'en existait pas, ce me semble, de meilleur que l'exploilabilité absolue.
ARTICLE II