Voir la cinquième étude
qu'ils peuvent donner sont mieux établies ; on sait que telle terre ne produira guère que du seigle, et qu'elle en produira en moyenne tant d'hectolitres. Pour les forêts, il n'y a guère de mauvais sols, en ce sens que, dans presque tous, les bois peuvent prospérer ; tel terrain qui, dénudé et desséché, ne parait propre à rien, est cependant absolument semblable, sauf l'humus et la fraîcheur, à celui qui porte une magnifique futaie.
On ne saurait donc être trop prudent, lorsqu'on recherche l'influence que peut avoir la qualité du sol, sur la production forestière. Quant à Tinfluence de l'essence, du climat, de l'exposition, elle est moins douteuse.
Ces réflexions faites, je n'ai qu'un mot à ajouter sur l'emploi des coefficients de production. Lorsque ces coefficients sont fixés, on multiplie la contenance réelle de chaque parcelle par le coefficient y relatif, et on porte le résultat de cette multiplication sur le tableau des afl*ectations, qui est modifié en conséquence conformément au modèle suivant, p. 267.
On procède à l'égalisation des contenances fictives, par des transferts, en se conformant aux préceptes que j'ai donnés, et on obtient ainsi, pour les affectations, des contenances réelles inversement proportionnelles à leur puissance productive.
266 AMÉNAGEMENT DES KOlllVrS.
ARTICLE II
KKGLKMKKT OKNÉRAI. DES EXPLOITATIONS PAR PÉHIODR
Quand la révolution principale 'peut être définitive et la marche des coupes normale, le règlement des exploitations par période est peu compliqué. On ne change rien à la première partie du tableau des affectations, et Ton substitue dans la seconde partie, la désignation des parcelles à régénérer dans la première, la deuxième, la troisième période, etc., aux mots classement des parcelles dans r affectation de la première, la deuxième, la troisième période, etc. Tous les bois compris dans la colonne affectée <i la première période, devrpnl être régénérés, la révolution étant de 100 ans, et la période de 20, dans les 20 premières années; tous ceux compris dans la colonne affectée à la deuxième période, dans les 20 années suivantes, etc.
Mais les coupes de régénération, autrement dites coupes principales, ne sont pas les seules qu'il y ait à faire dans une futaie, et si, dans les taillis, les nettoiements et les éclaircies sont des opérations exceptionnelles et, dans tous les cas, peu productives, iln^en est pas de même dans les futaies. Ici, les exploitations de l'espèce ont une grande utilité, sous le rapport cultural, et sont en outre très recommandables par les avantages matériels qu'elles procurent immédiatement. C'est une première raison, pour les faire
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figurer dans le règlement des exploilalions. En outre, une éclaircie, pour être bien faite, ne demande pas seulement que les agents d'exécution se conforment aux exigences actuelles, et à ce qu'on appelle les circonstances intérieures du peuplement ; elle demande surtout qu'ils aient connaissance et qu'ils se préoccupent, du rang que ce peuplement est appelé îi prendre dans l'échelle des âges. Comme il est rare de rencontrer des massifs homogènes; comme les sujets de différents âges s'y trouvent souvent entremêlés, il importe beaucoup, pour qu'une éclaircie atteigne le but qu'on doit se proposer, que les agents d'exécution sachent quel est Tâge qu'il conviendrait de faire prédominer dans un peuplement, et, en conséquence, pendant combien de temps ce peuplement devra rester sur pied avant d'arriver en tour de régénération. Mais pour cela, il est nécessaire de faire figurer les nettoiements et les éclaircies dans le règlement des exploitations; il est nécessaire que ce règlement indique sinon l'année précise, du moins la période dans laquelle une parcelle devra être nettoyée ou éclaircie.
Cette indication n'est d'ailleurs nullement embarrassante :
Les périodes embrassent, presque toujours, un laps de temps plus considérable que celui qui, d'après les règles de la culture, doit s'écouler entre deux éclaircies successives; et il en résulte qu'il y a lieu de porter chaque parcelle dans toutes les périodes, soit pour être nettoyée, soitpour être éclaircie, à l'exception pourtant de la période dans laquelle elle aura
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clé porlée, pour être exploitée en coupe de régénération *.
Ainsi, la parcelle R, qui d'après le tableau des affectations devra être régénérée dans la première période, devra figurer, en outre, dans le règlement pour être nettoyée ou éclaircie dans les autres périodes. Seulement, afin d'éviter qu'on ne confonde les coupes d'amélioration avec les coupes principales, on a soin d'affecter aux unes et aux autres, pour chaque période, une colonne spéciale, dans le règlement des exploitations, par période, lequel devient alors conforme au modèle ci-contre, p. 270.
Comme nous avons supposé que l'état de la forêt permettait d'arrêter, dès à présent et d'une manière définitive, l'ordre des exploitations, en totalisant les contenances portées dans les colonnes du règlement, on devra trouver, pour chaque période, une étendue au moins égale à la contenance totale de la forêt.
ARTICLE III
RàGLBMEKT SPÉCIAL DBS EXPLOITATIONS ANNUELLES PENDANT LA PRBNIBIIE PÉRIODE
Coupes principales. — Si la forêt à aménager pouvait être exploitée à blanc étoc ; s'il était permis de compter sur la régénération naturelle, malgré
1. Cette exceptiou ne s'applique pas toujours aux coupes de nettoiement, qui peuvent être nécessaires pour lue parcelle, dans la période même où elle a été régénérée. (Note de la 2« édition.)
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l'abalage, en une fois, de tous les arbres existant sur une contenance donnée ; ou bien, si l'on trouvait économique de remplacer le repeuplement naturel par un repeuplement artificiel, et que celui-ci n'eût besoin pour réussir, d'aucun abri, le règlement des exploitations annuelles s'effectuerait, en partageant chaque affectation en vingt parties, ayant des contenances égales ou inversement proportionnelles à leur fertilité. On suivrait, pour la division de chaque affectation en coupes annuelles, les mômes règles que pour l'aménagement d'un taillis. Il n'y aurait rien de mieux à faire.
Mais, je l'ai dit, la nécessité de n'exploiter qu'en plusieurs fois les arbres existant sur un point donné, afin d'en assurer la régénération naturelle, s'oppose à l'adoption de cette manière toute simple de procéder ; et c'est ici que l'aménagement des futaies exige des opérations, qui n'ont aucune analogie avec celles que comporte l'aménagement des taillis.
Jusqu'à présent, tous nos efforts ont tendu, dans notre étude sur l'aménagement, à baser les exploitations sur la contenance, à cause de la simplicité, de la rapidité et de la sûreté que cette méthode est de nature à imprimer à l'assiette des coupes ; et c'est par l'égalité ou l'équivalence des contenances, que nous avons par conséquent cherché à assurer le rapport soutenu par période. Nous sommes forcé maintenant de recourir à une autre base, car nous essayerions vainement de concilier les exploitations annuelles, par contenance, avec les exigences durapport soutenu et de la régénération naturelle. On Ta
272 AMENAGKMENT DKS KOHCTS.
tenté cependant, et il paraît qu'on y a presque réussi * ; mais, sans nul doute, cette expérience a eu lieu dans des conditions tout h fait exceptionnelles, et Ton ne saurait s'en prévaloir, quand il s'agit do poser des règles d'une application générale. On conçoit, par exemple, que dans une futaie de hêtres, reposant sur un sol substantiel, dans un climat tempéré, croissant enfin dans des conditions favorables à la fertilité des arbres de cette essence et à la germination des semences, on précise, sans s'exposer à de trop grands mécomptes, les époques auxquelles devront avoir lieu, sur un point donné, les coupes do régénération ■. Le jeune plant de hêtre résiste longtemps sous le couvert. Les dernières éclaircies, pour peu qu'elles soient fortes, seront suivies, dans la forêt supposée, d'un repeuplement naturel qu'on trouvera en bon état, qu'on pourra utiliser, lorsque arrivera le moment de procéder aux coupes principales; et, que ces dernières soient faites un peu plus tôt ou un peu plus tard, en une ou plusieurs fois, cela est
{, Voir les Annales de 1848, p. lo8.
2. Dans certaiues régions, à raisou, cruu(; part, de ia lenteur avec laquelle s opère le réensemeucemeut naturel, et de la faculté, d'autre part, qu'ont les essences de supporter le couvert, on a cru devoir régler les coupes d'ensemencement par contenance et fixer la durée de la période à 40 ans, c'est-à-dire à un chiffre qui dépasse beaucoup celui que j'ai indiqué comme un maximum. Chaque affectaUona d'ailleurs été partagée en deux parties correspondant à deux sous-périodes de 20 ans chacune, et tandis que Ton fait par volume des coupes secondaires et définitives dans Tune des moitiés de l'affectation à régénérer, on fait par vingtième de surface dos coupes d'ensemencement dans Tautre. M. Lorentz a publié à ce sujet, dans la dernière édition du Cours de Culture, un article auquel je renvoie mes lecteurs, eu mo bornaht & l'observation suivante :
Il est certain que lorsqu'il n'y a pas d'inconvénient à fixer un délai
indifférent pour la régénération, qui sera déjà un fait accompli. Mais supposons une aulre essence, le chêne par exemple, un climat plus rude, un sol moins fertile ; et le repeuplement sera exposé à des éventualités, qui ne permettront pas aux exploitations annuelles de suivre une marche régulière.
Il y a deux choses qui ne sauraient, en général, être prévues longtemps à l'avance et avec précision, dans l'application de la méthode du réensemencement naturel : c'est d'abord l'assiette des coupes principales ; c'est ensuite le nombre d'arbres à enlever dans chacune de ces coupes.
Un écrivain fort distingué, auquel le recueil des Annales forestières doit des communications très intéressantes, a essayé de prouver que la détermination, par contenance, des coupes principales annuelles, pouvait se concilier avec l'incertitude de l'assiette de ces coupes*. Mais, pour cela, il a été obligé d'admettre qu'il était possible de se fixer, sur le nombre des arbres à enlever dans chacune des
constant entre les coupes d'enseaienccment et les coupes secondaires, il convient de régler les coupes de la première catégorie par contenance; car on ne doit, comme je l'ai déjà dit, recourir à la possibilité par volume qu'en cas d'absolue nécessité; mais la durée de la période n*est alors subordonnée qu*au temps indispensable pour effectuer sur le même point les coupes secondaires et définitives, et c'est une raison pour qu'elle soit plutôt diminuée qu'augmentée. Au surplus, dans lu combinaison précitée, elle n'est augmentée qu'en apparence attendu que ce qu'on appelle une sous-période est une période. Seulement, d'après cette combinaison, à la place des dernières éclaircies on doit faire des coupes sombres. Est-il bon, est-il prudent d'y astreindre les agents d'exécution? Oui, je le répète, si on est sûr de pouvoir maintenir longtemps les jeunes repeuplements sous le couvert; non, dans le cas contraire, et je crois que ce cas contraire se présente souvent. (Note de la 2« édition.) i. y OIT \q% Annale i forestières du mois de septembre 1817.
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trois coupes de régénération. Ce nombre étant, par exemple, d'un tiers des arbres sur pied pour chacune d'elles, et la période étant de 20 ans, au lieu d'exploiter chaque année, en coupe rase, un vingtième de l'affectation des bois exploitables, on exploiterait les trois vingtièmes, partie ici, partie là, en coupe d'ensemencement, en coupe claire ou en coupe définitive, selon l'état des peuplements. S'il était admis que chacune des deux premières coupes dût prendre un quart des arbres sur pied, et la coupe définitive, le surplus, chaque hectare exploité, soit en coupe d'ensemencement, soit en coupe claire, serait considéré comme représentant un quart de la possibilité^ et chaque hectare exploité en coupe définitive, comme en représentant la moitié. Pour compléter \dL possibilité y on aurait donc, chaque année, à parcourir une étendue telle que, multipliée, selon la nature de la coupe, d'ensemencement, secondaire ou définitive, par le facteur 0,5 ou 0,25, elle produisît un nombre d'hectares égal au vingtième de l'affectation.
Tel est le moyen imaginé, pour échapper aux inconvénients des exploitations, par volume, dans les futaies. Ce moyen a été repoussé par des raisons très catégoriques dans un article qui n'est pas signé, mais dont il est facile de deviner l'auteur; car il est fait ex pro/esso. Je renvoie à ce remarquable travail* les lecteurs désireux de se rendre compte de tous les motifs, qui rendent inapplicable au traitement