Voir la circulaire du 7 avril 1870, n
de» celte application; et sous ce dernier rapport, il ne sera pas moins utile que sous le premier, car il fournira les moyens de rectifier les appréciations erronées, auxquelles la gestion des forêts soumises au régime forestier a souvent donné lieu, au point de vue financier. Rien de plus commun, par exemple, que d'entendre dire que les forêts coûtent trop relativement à ce qu'on en retire ; et en effet, si Ton considère en bloc, sans s'occuper de leur nature, les dépenses qu^elles occasionnent, il est certain que ces dépenses dépassent de beaucoup, la proportion qu'il est raisonnable de maintenir, entre le revenu et les frais d'administration d'un immeuble; mais il convient de faire remarquer que, parmi les travaux dont l'aménagement d'une forêt met la nécessité en évidence, il y en a, et ce sont les plus considérables, qui sont des ti^avaux de premier établissement, c'està-dire des travaux qui, ayant pour objet la réparation, la reconstitution, la mise en bon état du domaine, ne sauraient entrer en ligne de compte, dans la comparaison du revenu avec les dépenses annuelles d'entretien.
Il s'est rencontré des sociétés industrielles qui,, pour enfier leurs dividendes, portaient au compte de premier établissement , des sommes appartenant à l'entretien et aux frais d'exploitation. C'était un tort très grave. Pour les forêts, on est dans l'usage, au contraire, de porter au compte de l'entretien, ce qui appartient au capital de premier établissement ; et de cette manière , on diminue le revenu net. C'est un tort dans le sens opposé et qui
n'a pas peu contribué à répandre de très fausses notions, sur Téconomie avec laquelle les forêts sont gérées. Il sera facile, désormais, de rétablir la vérité sur ce point, au moyen des états que les agents auront remplis. Néanmoins, ces étals ne répondront pas à lous les desiderata qui se rapportent à la justification du service forestier. Ils sont destinés seulement à la constatation des faits qui peuvent se traduire par des chiffres. C'est beaucoup, mais ce n'est point assez, et il est K désirer que l'administration s'occupe maintenant de faire recueillir toules les observations qui, en dehors des renseignements de pure comptabilité, seraient d'une réelle utilité pour la culture forestière et pour les intérêts qui s'y rallachent. On consignerait ces observations dans des cahiers spéciaux, qui formeraient autant d'annexés du sommier de contrôle. J'en indiquerai dix qui me paraîtraient particulièrement utiles et qui seraient relatifs :
Le premier^ à la floraison et à la fructification des arbres. On indiquerait les essences pour lesquelles elles ont été les plus abondantes, et les conditions où se trouvaient ces essences sous le rapport du sol, du climat et de la consistance du peuplement.
Le deuxième, aux expériences sur Taccroissement, dont j'ai parlé à la page 150 de ces études. Je crois qu'il y a eu quelques recherches à ce sujet. Que sont-elles devenues? Je Tignore. En tout cas, ces recherches exceplionnelles, dues à l'initiative d'un petit nombre de personnes, eussent été tout à fait insuffisantes. Il conviendrait d'encourager les agents
à en faire, d'après des règles uniformes, dans les différentes régions de la France, au moins pour les essences principales. Ce serait le seul moyen de se procurer des bases plus sûres, pour la déterminalion de l'âge d'exploitabilité et de la durée des révolutions applicables, suivant les sols, les climats et la nature du peuplement.
Le troisième y aux exploitations de tout genre : coupes de régénération, coupes damélioration, élagages, extractions de souches. On ferait connaître les méthodes suivies, les procédés employés, les précautions prises et les résultats obtenus, notamment pour les coupes d'ensemencement et les élagages.
Le quatrième, aux assainissements et aux repeuplements artiflciels.
Que deviennent les nomlireux fossés d'assainissement que l'administration fait ouvrir chaque année, dans les parties humides de sou domaine ? Quel effet ont-ils produit? Ce sont des questions auxquelles beaucoup d'agents seraient peut-être embarrassés de répondre. Il en sera autrement, quand chaque année, ils seront tenus de constater dans un cahier spécial, les résultats de ces travaux d'amélioration.
Quant aux repeuplements artificiels, je pourrais citer des forêts dans lesquelles ils absorbent depuis longtemps, et tous les ans, de fortes sommes, sans grand succès. A quoi cela tient-il ? Les agents n'en savent souvent rien et ils continuent les mômes errements.
J'ai vu le temps où la municipalité de Paris fai-
478 AMÉNAGEMENT DES FORCTS.
sait planter à grands frais sous les épais ombrages des Tuileries, déjeunes arbres qui ne réussissaient jamais et mouraient ordinairement au deuxième printemps ! Le mal n'était pas grand , car si les arbres mouraient, des gens vivaient de leur mort, qui n'auraient peut-être pas pu vivre sans cela. La ville de Paris est d'ailleurs assez riche pour se payer le luxe de ces plantations perpétuellement renouvelées. Mais les repeuplements artificiels dans les forêts soumises au régime forestier, ont une bien aulre importance que des plantations d'agrémenl : La sécurité de toute une contrée peut en dépendre, lorsqu'ils ont pour but, par exemple, de consolider les terrains en montagne. Ailleurs, il est nécessaire qu'ils réussissent, pour que l'application des aménagements ne soit pas compromise. Partout, ils intéressent l'avenir de nos richesses forestières déjà si appauvries. C'est dans leur jeunesse, d'ailleurs, que Ion doit soigner les arbres comme les hommes, pour leur préparer une longue et utile existence, et l'administration le comprend bien, puisqu'elle consacre chaque année aux repeuplements artificiels et à leur entretien, une somme considérable.
11 y a donc, en définitive, beaucoup de raisons pour que celte partie du service soit soumise à un contrôle sévère et efficace. Le cahier que je propose de faire tenir aux agents le rendrait possible.
On y constaterait pour chaque repeuplement d'une certaine étendue :
L'exposition et la situation du terrain, son état à rinlérieur, à la surface, le genre de préparation qui
lui aurait été donnée, Tépoque de celle préparalion;
L'époque de la planlalion ou du semis;
L'essence, le nombre, la provenance, Tâge et la qualilé des plants mis en terre, les précautions prises pour assurer leur réussite;
L'espèce, la quantité et la provenance des graines ensemencées, les procédés employés pour Tensemencemenl;
Le coût del'opéralion dans son ensemble et dans ses détails;
Les soins et les dépenses d'entretien, binage et remplissage;
L'étal du repeuplement, chaque année, jusqu'au moment où il pourra être regardé comme complet.
hacinf/uième, h rcstimation et à la vente des coupes :
Ce cahier ferait connaître les circonstances commerciales et industrielles qui étaient de nature à réagir sur le prix du bois ;
Les procédés employés pour assurer l'exaclitude de l'estimation;
Les résultats comparés de la vente sur pied et de la vente des produils façonnés; ceux des volumes donnés par l'estimation des bois sur pied, et des volumes effectivement exploités;
Les résultats de la décomposition du mètre cube en marchandises diverses, de sorte que Tadminislralion put se rendre compte des progrès accomplis, dans l'utilisation de la matière ligneuse.
480 AMK.\AGKME>T DES FORETS.
Le sixième^ aux roules, chemins el autres moyens de vidange.
On y consignerait tous les renseignements nécessaires, pour éclairer l'administration sur leur état et la facilité qui en résulte pour la vidange ;
On y examinerait les avantages et les inconvénients des différents modes (adjudication, régie ou économie) employés pour Texécution des travaux;
On y signalerait toutes les améliorations et expériences dont le transport des produits à travers bois, le débardage en un mot, aurait été ou pourrait être l'objet, ainsi que l'effet de ces améliorations et expériences sur le prix du transport.
Le septième y au débit, au façonnage et à la carbonisation des bois en forêt :
L'administration ignore presque complètement quelle est la plus-value que ces opérations ajoutent au bois dans la coupe même, et si on lui demandait combien un mètre cube de bois, suivant la destination qu'on lui donne dans telle forêt, représente de journées de travail, elle ne saurait répondre. Ces journées de travail constituent cependant pour l'Etat, un produit aussi précieux, que la somme d'argent qu'il a retirée de la vente du mètre cube en question.
Dans ce cahier, la carbonisation, l'écorçageet les scieries mériteraient de faire l'objet d'une attention particulière.
La carbonisation en forêt se fait aujourd'hui comme elle se faisait il y a mille ans. Elle est restée stationnaire depuis un temps immémorial, et cela vient peut-être de ce que l'administration n'a pas
suffisammeul encourage les uinélioralions dont elle pourrait être susceplible.
L'écorçage non plus n'est pas encore sorti de Torr nière de la routine. Dans ces dernières années, on a fait grand bruit d'une méthode qui consiste à écorcer le bois vert ou sec, au moyen de la vapeur, et qui a, par conséquent, le grand avantage d'éviter Técorçage sur pied dont les inconvénients sont bien connus. Un homme distingué, ancien inspecteur des forêts, M. de Wavrechin, a dépensé beaucoup de temps, d'argent et d'intelligence, pour propager cette nouvelle invention, sans parvenir à la faire adopter par l'administration des forêts. Cependant si l'écorçage à la vapeur n'enlevait rien à la qualité de l'écorce , comme semblent le prouver de nombreuses expériences, Tadminislration des forêts manquerait à tous ses devoirs, en maintenant dans ses cahiers des charges relatifs aux coupes, la faculté pour les adjudicataires, do n'abatire que lorsqu'ils sont en pleine sève, les taillis à écorcer.
Les scieries sont encore, la plupart, entre les mains de l'administration qui, chaque année, en fait même établir de nouvelles. Elle a des scieries à elle, afin de soustraire ses adjudicataires aux prétentions des particuliers, propriétaires eux-mêmes de scieries, prétentions qui deviendraient exorbitantes si l'Etat ne leur faisait pas concurrence. C'est une raison qui a sa valeur sans doute dans la situation actuelle des choses. Cependant il est fâcheux, en principe, que rÉtat se charge de travaux que les particuliers peuvent faire ; d'abord, parce qu'en général, il les
AMÉiNAG SUENT DES PORÈl'S. 31
482 AMENAGEMENT DES FOUKTS.
fait moins bien et moins économiquement ; ensuite, parce que son intervention dans l'industrie, n'étant pas subordonnée à la poursuite du plus grand profit net, crée aux particuliers une rivalité qui est de nature à les effrayer et à paralyser leurs efforts.
Aujourdlmi, la construction d'une scierie exige encore des capitaux relativement considérables, sans compter les difticultés auxquelles donne lieu Tusage des eaux courantes ; et si Tadministration des forets n'avait pas de scieries h elle, il se formerait infailliblement, pour le sciage du bois, des monopoles qui mettraient les adjudicataires des coupes à la merci de quelques spéculateurs ; mais un jour viendra probablement où la scierie locomobile à vapeur, perfectionnée, pourra circuler facilement à travers les forêts, et s'installer sur le sommet des plus hautes montagnes ; on louera alors une scierie comme on loue actuellement une charrue ou une machine à battre le blé. Quatnd il en sera ainsi, l'administration des forêts n'aura plus à se mêler de la question, et je crois qu'elle devrait faire quelques efforts, chercher des moyens, donner des encouragements, pour se débarrasser le plus tôt possible des soins que celte question lui impose.
Le huitième^ aux incendies, aux animaux et aux insectes nuisibles :
On y exposerait toutes les mesures prises, pour prévenir ou arrêter les ravages qu'entratnenl ces diverses causes de destruction, ravages dont l'administration ne connaît même pas toujours l'existence.
Le neuvième^ aux observations météorologiques
(gelées, verglas, ouragans, coups de venl, orages, pluie, neige, température, pression barométrique).
L'administration des forets, indépendamment du profit qu'elle retirerait, pour elle-même, de ces observations, pourrait rendre de grands services à la science de la météorologie ; elle comprend un nombreux personnel qui réside dans les régions les plus accidentées, et qui est par conséquent placé dans les meilleures conditions, pour se livrer à desexpériences intéressantes ; mais il faudrait que ce personnel fût muni desinslrumenlset des instructions nécessaires, pour faire des observations exactes et comparables *.
Le dixième enfin, à Tinfluence des exploitations forestières sur le bien-être matériel et la moralité des populations environnantes.
Ce cahier ne serait pas le moins important ; on y donnerait le nombre de bras employés pour chaque nature de travail, le chiffre des salaires, l'exposé des avantages que Tagriculture retire des produits divers que la forêt lui fournil.
Tels sont les cahiers que je voudrais voir tenir pour chaque forêt aménagée. Ils aideraient beaucoup à représenter les fonctions, le rôle de celte forêt, au milieu de tous les éléments avec lesquels elle est en rapport.
D'un autre côlé, Tadministration trouverait dans ces cahiers, une foule de renseignements, qui lui permettraient sans doute de tirer de certains faits, des
1. On a eommeacé à Técoie de Nancy» il y a quelques aDoées, sous Inhabile direction du savaut professeur M. Mathieu, des observations météarologiques dont Fntilité est déjà fort appréciée.
484 AMÉNAGEMENT DES FORKTS.
lois dont la publication ne serait pas moins utile aux sciences pures qu'aux sciences appliquées.
ARTICLE II
SERVICB SPÉCIAL POUR I.RS AJIÉNAOEaiEIfTS
Il me reste maintenant un dernier désir a exprimer, au sujet du travail dont je viens d'exposer la théorie.
Ce désir se rapporte aux mesures administratives qu il me paraîtrait indispensable de prendre, afin que le service qui est chargé, en France, des aménagements, fût mis désormais à même de remplir sa mission d'une manière qui réponde à l'importance de ces travaux.
On peut dire que ce service, le plus essentiel de tous, est pourtant celui qui, depuis sa création, laquelle date d'une cinquantaine d'années, a subi le plus de vicissitudes. A l'heure présente, il n'est pas bien certain qu'il ait une constitution bien arrêtée, des attributions bien définies, des méthodes d'aménagement conformes aux mêmes principes, une direction qui soit la même partout, et un avenir assuré.
Il est à souhaiter que ces divers points soient, une fois pour toutes, réglés. Pour moi, je regarde comme nécessaires au bon fonctionnement du service des aménagements :
1* Une instruction générale sur la matière ;
2"" L'installation d'une commission d'aménagé-
ment unique, sous les ordres d'un inspecteur, sinon d'un conservateur, dans chaque région caractérisée par de certaines conditions climatologiques, topographiques, industrielles et commerciales. Cette commission serait plus ou moins nombreuse, suivant rétendue des forêts qu'il y aurait à aménager dans la région où elle aurait à fonctionner ;
3* La création d'un inspecteur ou vérificateur général spécial, pour les aménagements à faire dans toute la France ;
4° La permanence des commissions.
Je sortirais du cadre de ces études, si j'entrais dans de grands développements, pour juslifier les mesures que je viens d'indiquer. Je dois me borner à énoncer les raisons principales qui me semblent militer en leur faveur :
Instruction sur les aménagements, — Est-il possible, est-il utile, que Tadministration fasse une instruction sur les aménagements?
C'est une opinion assez répandue, même parmi les forestiers, qu'il n'y a pas de principe absolu, en matière d'aménagement; qu'il n'y a que des pratiques empiriques, variables suivant les localités ; IJu'il n'y a pas de règles d'une application générale; et que, en conséquence, essayer d'imposer aux agents un programme quelconque, serait une tentative presque impossible, vu la multitude de cas particuliers, d'exceptions à prévoir; et dangereuse en raison même des omissions qu'on serait exposé i\ commettre.
Mais à qui fera-l-on croire que tout soit incerlain, variable, arbitraire ; qu'il n'y ait rien de sérieux en une matière qui a préoccupé tant d'esprits supérieurs : les Hartig, les Cottaen Allemagne; et en France, les Varenne de Fenille, les de Pertuis, les Lorenlz, les Parade, les de Buffévent, etc., etc., pour ne citer que les morts. Eh quoi ! ces hommes, auxquels personne assurément ne refuse une certaine dose d'intelligence, auraient passé leur vie à constituer une science qui serait dépourvue de tout fondement positif? Cela n'est point admissible.
Mais, s'il y a une science réelle de Taménagement ; s'il y a des principes d'exploitation forestière s'appliquant à un objet déterminé, et s'engendrant les uns les autres, pour aboutir à un certain résollat utile, on ne doit rien négliger pour en assurer l'application.
Or, pour en assurer l'application, il faut une instruction; instruction large tant qu'on voudra, dans laquelle on se bornera à poser les règles générales, mais qui indiquera, avec netteté, les points sur lesquels devront porter les investigations des agents, la marche quMls auront à suivre dans leurs opérations, et la forme sous laquelle ils auront à en présenter les résultats. Les idées de l'adminislratioii à cet égard sont du reste fixées, comme le prouve la circulaire déjà citée, qu'elle a adressée à ses agents, à la date du 20 février 1883, sous le n* 307, au sujet des revisions de possibilité et d'aménagement ; il suffirait de reprendre tous les articles de celte circulaire, de les développer un peu plus.
d'insislersurles points essentiels, pour éviter que les commissions d'aménagement ne retombent, à l'avenir, dans les tâtonnements, les erreurs ou les contradictions qui leur ont été parfois reprochés, non sans raison.
histallation irujie com?nission imiçue, pour les forêts situées dans une région caractérisée par certaines conditions économiques et culturales. — Les travaux forestiers, en général, mais ceux d'aménagement, en particulier, réclament l'échange des impressions et des idées. On ne saurait, sans en compromettre le succès, les confier à des individualités, quelque grand que fût leur mérite; il convient d'y associer plusieurs agents, et c'est pourquoi, en France comme ailleurs, on en a chargé ordinairement des commissions spéciales.
Mais l'aménagement d'une forêt est en partie subordonnée à des conditions de milieu, c'est-à-dire aux circonstances climatologiques, topographiques, industrielles et commerciales qui distinguent la région où cette forêt est située, des régions environnantes. Si l'on veut soustraire l'appréciation de ces circonstances à des variations fâcheuses, il ne faut pas l'abandonner à plusieurs commissions indépendantes.
On sera donc amené à constituer de nombreuses commissions; mais on y trouvera cet autre avantage inappréciable, qu'il s'établira, dans chaque commission, des traditions, et que l'esprit de suite dont les aménagements ont si grand besoin, n'y sera pas rompu par le déplacement d'un agent.
488 AMÉNAGEMENT DES FOU'iTS.
Créafion d'un vérificateur général des aménagefnenls, — A raison de la haute importance des Iravaux d'aménagement, du caraclère de généralité des besoins qu'ils ont pour but de satisfaire, de la fixité des principes, de Tunité des vues et de rapplication constante que leur exécution exige, ces travaux ne sont pas de ceux dont la direction pourrait, sans inconvénient, être entièrement, exclusivement déléguée h des chefs de service — je veux parler des conservateurs, — qui sont plus ou moins préoccupés des intérêts locaux, plus ou moins absorbés par les affaires courantes, et qui n'ont avec radminisiration centrale que des rapports de correspondance.
Le doule me parait d'autant moins possible, à cet égard, que les arrondissements de ces chefs de service ont é(é établis, non pas d'après des considérations forestières, mais d'aprèsdes considérations purement administratives et politiques; en sorte que, s'il on était autrement pour les circonscriptions, dans lesquelles les commissions d'aménagement auraient à exercer leur action, ces circonscriptions pourraient souvent englober plusieurs conservations.
C'est à l'administration supérieure elle-même qu'il appartient de donner l'impulsion désirable au service des aménagements, par l'intermédiaire d'un agent supérieur qui n'aura que cela à faire, et avec lequel elle sera en rapports élroils.
On a cru devoir instituer un inspecteur général spécial, pour la vérification des travaux de restauration des montagnes, bien qu'ils n'en eussent cependant pas absolument besoin, attendu que le succès de ces
travaux, dépendant de procédés techniques sur lesquels tout le monde peut se mettre d'accord, ne serait pas compromis par Texistence de plusieurs inspecteursgénéraux. Il seraitcerfainemenl illogique de se refuser à instituer aussi un inspecteur général spécial, pour les travaux d'aménagement, dont le succès dépend d'une manière d'agir au sujet de laquelle il existe, hélas! encore hien des dissentiments.
Permanence des commissions cV aménagement. — Il y a encore en France des gens qui supposent que les travaux d'aménagement doivent ôtre considérés comme des travaux temporaires; qu'il en est d'un aménagement de forêt, comme d'un monument qui, une fois construit , n'a plus besoin que d'insignifiantes réparations.
Or, voici ce que dit, à ce sujet, un des forestiers les plus vénérés de l'Allemagne, celui qui a posé si magistralement les bases de la méthode d'aménagement, dont se sont inspirés nos maîtres, MM. Lorentz et Parade.
« Le but de l'aménagement, dit l'illustre Cotta dans un article écrit, sous son inspiration, par son fils*, le but de l'aménagement ne peut être atteint qu'à l'aide de revisions fréquentes faites en vue d'élaborer et de rectifier sans cesse le plan d'exploitation, et sous la condition d'identifier entièrement l'organisme de la gestion avec les prescriptions de ce plan.
L Cotia Album j Brcsiau.
490 AMÉNAGEMENT DES FORLTS.
K Un personnel spécial, indépendafit de celui gui a la gestion, est nécessaire, pour édifier les aménageraenls et pour en assurer l'exécution. »
La permanence de ce personnel se justifierait d'autant mieux, qu'on pourrait et qu'on devrait le charger des observations et des expériences, que les agents du service ordinaire seraient hors d'état de faire, et qui paraîtraient de nature à favoriser les progrès de la science forestière.