I . Comme je Tai déjà fait observer dans ma noie
précitée sur le défrichement des bois, le caractère d'utilité publique de la conservation des forêts ne se manifeste clairement, que lorsqu'on envisage celles-ci
f dans leur ensemble et par grandes masses. Qu'on
cherche ce caractère dans les rapports des forêts avec le climat, avec le sol, avec le régime des eaux ou l'hygiène, il est certain que l'on ne parviendra pas toujours à le trouver, si Ton procède parcelle par parcelle, et si l'on veut assigner à chacune d'elles la part qui lui appartient, dans l'influence générale de la région forestière dont elle fait partie. C'est par bassin qu'il faudrait opérer, pour se mettre à même de déterminer avec discernement les portions du sol forestier dont le défrichement serait nuisible à l'intérêt public. Avec le système actuel, d'après lequel les demandes sont examinées , l'une après l'autre, au fur et à mesure qu'elles se présentent, les considérations sur lesquelles le ministre est appelé à baser ses décisions, ne peuvent être qu'étroites, insuffisantes, incertaines, et souvent contradictoires. Il en est des forêts, sous le rapport de leur utilité climatologique, — je Fai déjà dit, quelque pari, — comme de l'eau des mers sous le rapport de la couleur. Cette eau n'est bleue que quand on la con-
sidère dans son immensité. Qu'on la mette dans un verre, elle devient incolore.
La reconnaissance, faite une fois, des bois de particuliers dont le défrichement devrait être interdit, serait donc une bonne chose; mais elle n'aurait aucun effet ou, du moins, elle perdrait beaucoup de son effet, si les causes qui entravent la production forestière restaient ce qu'elles sont ; car parmi les bois des particuliers, il y en a aujourd'hui qui ne donnent pas de profit net ; et quand un bois en est là, quand il y aurait plus d'avantage à le livrer aux moutons et aux chèvres qu'à l'exploiter, il n'y a pas de règlement, pas de loi, qui puisse en prévenir la ruine.
Quelles sont donc les causes qui entravent le plus la production des bois des particuliers?
Indépendamment des causes que j'ai signalées plus haut, et auxquelles il n'y a pas de remède possible, car on ne saurait revenir, en France, au droit d'aînesse et encore moins supprimer l'intérêt de l'argent ; indépendamment de ces causes toutes spéciales, les forêts des particuliers souffrent, comme toutes les autres, dans notre pays, de la concurrence de la houille et du fer, de l'importation des bois étrangers, du mauvais état des voies de transport; mais elles souffrent, en outre, de l'exagération des droits d'oc- ' troi^ de celle surtout de l'impôt foncier, des subventions auxquelles leur exploitation donne lieu pour dégradations extraordinaires aux chemins vicinaux. Elles souffriraient même, d'après certains propriétaires, du manque de crédit.
■Il
CommenI pourrail-on obvier à celle siluation?
Il faut d'abord repousser loule mesure qui tendrait à renchérir la houille, pour augmenter le prix du bois. La France consomme Ténorme quantité de 24 millions de tonnes de combustible minéral par an. Ces 24 millions de tonnes représentent, en puissance calorifique, 70 millions au moins de mètres cubes de bois ! C'est plus que ne fourniraient les 9 millions d'hectares de forêts qui couvrent notre territoire, s'ils étaient amenés à leur maximum de rendement. C'est deux fois plus qu'ils ne fournissent actuellement. La houille alimente une multitude de machines à vapeur, d'une force qu'on dit équivalente à celle de plus de 12 millions d'hommes! Son prix de revient, h égalité de puissance calorifique, est aujourd'hui deux fois moins élevé que celui du bois; celui-ci doit donc renoncer à lutter avec elle.
Je ne partage pas, il est vrai, l'avis de ceux de mes compatriotes qui se félicitent de l'exploitation de nos richesses houillères, dût celle des forêts en souffrir. Je ne partage pas cet avis, parce que les richesses en question sont de celles qui ne se reproduisent pas, qui se conservent et auxquelles on ferait bien de ne pas toucher, quand on peut y suppléer ; tandis que lorsqu'une forêt n'est pas exploitée, il y a perte, par suite du non-emploi immédiat de ses produits qui sont condamnés à pourrir. Mais la houille ne nous oblige pas à laisser nos bois sur pied, et la place qu'elle occupe dans l'industrie ne saurait être amoindrie, sans grand danger pour la prospérité et même pour l'existence de notre nation.
Il en sérail de même des entraves que Ton apporterait, dans l'intérêt du commerce des bois, à la consommation du fer que cette houille sert à fabriquer et sans lequel, au surplus, le bois ne pourrait guère être utilisé. Il y a, du reste, une multitude d'emplois où le bois ne saurait remplacer le fer, et celui-ci est tellement lié à tous les travaux des hommes, il exerce une telle influence sur le prix de revient de toutes les marchandises, qu'on peut presque le considérer, après le pain, comme Tobjet le plus indispensable h rhumanité et celui dont le bon marché est le plus désirable.
La question de la concurrence faite par les bois étrangers, aux bois indigènes, n'est pas aussi aisée à résoudre que les précédentes :
La valeur de ces bois étrangers a atteint le chiffre inquiétant de 21 7,600,000 francs en 1883, et leur volume, presque entièrement propre à Findustrie et aux constructions, peut être porté à près de 4 millions de mètres cubes, défalcation faite des produits similaires, en très petite quantité d'ailleurs, qui sont compris dans nos exportations *. Or, 4 millions de mètres cubes de bois d'œuvre, c'est à peu près ce que nos forêts produisent annuellement, et il y a là évidemment une cause puissante de dépréciation pour ces forêts. On pourrait, par des droits de douane sur les produits ligneux étrangers, favoriser les produits similaires indigènes, et on le pourrait sans s'exposer aux graves conséquences qu'entraîneraient
1. Voir un travail très intéressant de M. Mélard, inspecteur des Forêts, dans le Bulletin n® 8, 4» année, du minislère de T Agriculture.
des entraves apportées à notre production houillère et métallurgique. Serait-il sage de le faire? C'est une question, je le répèle, fort délicate et très controversable. La législature actuelle l'a résolue par la négative et je crois qu'elle a bien fait; mais je dois expliquer mon adhésion, attendu qu'elle ne s'accorde pas avec mon sentiment sur les résultats du libreéchange, pour les produits du sol.
Il y a, me semble-t-il du moins, une différence à établir en économie commerciale, entre les matières premières et les objets qu'elles servent à fabriquer; entre une production réglée par des lois naturelles immuables, qui en déterminent le caractère et la renferment dans certaines limites de quantité et de temps, et une production qui, soumise à des lois économiques changeantes, peut être accélérée, diminuée, augmentée et transformée, suivant les exigences de la consommation.
Il y a une différence à établir entre des produits qui sont nécessaires et que Ton doit surtout à la nature, et des produits qui ne sont qu'utiles ou agréables et que l'on doit h l'art.
Et il résulte de ces différences que s'il est admissible qu'on laisse l'industrie manufacturière se localiser, se concentrer sur tels ou tels points du globe, suivant les aptitudes de leurs habitants, il n'en saurait être de même de l'industrie agricole , qui est la source de tout; car un peuple qui, renonçant à utiliser l'action créatrice de la nature , aurait stérilisé son territoire , serait dans une situation évidemment des plus précaires.
ÉTAT DES FORbTS EN FRANCE. 537
Je pense donc que les doctrines économiques qui pourraient à la longue faire du peuple français un peuple de fabricants et de marchands, dont le territoire ne produirait plus rien, et dont les moyens d'existence reposeraient sur le transport et la manipulation des matières fournies par les autres peuples, je pense que ces doctrines sont fort périlleuses.
Je pense donc que l'industrie et le commerce sont des choses très respectables ; mais que celle à laquelle elles doivent leur existence, est plus respectable encore et que, pour ne point l'abandonner à des mains étrangères qui, d'un jour à l'autre, peuvent devenir hostiles, on ne fera jamais trop de sacrifices.
Je pense donc que, comme tous les autres produits de la ierre, les bois méritent d'être protégés, et que si des droits de douane sur l'énorme importation qui se fait de ces bois, devaient amener les particuliers à mieux soigner leurs forêts et à en tirer des produits plus abondants et plus utiles, il ne faudrait point hésiter un instant à édicler les droits dont il s'agit.
Malheureusement , le renchérissement du bois d'œuvre aurait pour effet d'augmenter non seulement la valeur vénale du produit des forêts , mais aussi celle du capital engagé dans la superficie de ces forêts, capital nécessaire pour en assurer le rapport soutenu; et comme ce capital est d'une réalisation facile, la plus-value que lui donneraient les entraves apportées à l'introduction des bois étrangers serait, pour les particuliers, un encouragement à l'amoindrir de plus en plus par la vente des gros arbres.
L'Élatseul pourrait résister au désir de profiler dudil rencliériâsemenl , pour abattre ses hautes futaies ; mais alors, Tindustrie française se trouverait extrêmement gênée par la rareté du bois d'œuvre, si indispensable h tant d'usages; tandis que Tabondance avec laquelle ce bois nous arrive, — abondance qui ne saurait durer bien longtemps, en présence de Tespèce de furie avec laquelle on défriche les forets dans toutes les parties du monde, — nous permettrait d'épargner le nôtre, et de refaire noire capital forestier domanial qui, lui aussi, quoique moins appauvri que celui des particuliers et des communes, Test cependant beaucoup.
Celle dernière considération est déterminanle, pour ne point entraver, par des droits de douane, Tarrivage des bois de l'étranger; car la dégradation de nos forêts est , sans que nos gouvernants aient Tair de s'en douter, le danger peut-être le plus sérieux qui menace Tavenir de notre pays.
On a souvent répété le mot attribué à Colbert, «que la France périrait faute de bois » ; mais on Ta répété comme on aurait fait une simple boutade, et, en tout cas, cette boutade est aujourd'hui entièrement démodée. Elle mériterait pourtantd'être traitée avec moins de dédain, puisque, comme je Tai dit plus haut, dans l'espace d'un demi-siècle^ à peine, la France est devenue tributaire de l'étranger pour près de la moitié des bois d'œuvre dont elle a besoin, et puisque demain, si elle avait la guerre avec les Anglais, et si ceux-ci réussissaient, chose possible , à empêcher les bois de débarquer chez, elle, ils y provoqueraient
une terrible perturbation. Comprend-on ce qu'un vide de plus de quatre millions de mètres cubes dans nos approvisionnements annuels en bois, représenterait de misères de toutes sortes? Pour moi, je ne saurais y songer sans effroi, et comme les facilités données aux arrivages des bois étrangers pourraient être très favorables à l'amélioration de nos forêts domaniales, il serait fâcheux, à mes yeux, qu'on les diminuât par des droits de douane.
Ce n'est pas, du reste, par des moyens qui auraient pour résultat d'augmenter le prix de la matière ligneuse sur le marché, qu'il conviendrait de venir en aide aux propriétaires de forêts, attendu que le consommateur en souffrirait. C'est par des moyens qui, sans rabaisser le prix courant de cette matière, en élèveraient le prix net sur pied ; et on y parviendrait en accordant satisfaction aux griefs des particuliers, qu'il nous reste a examiner.
Il y aurait beaucoup à faire, d'abord, relativement au facteur lequel, dans l'établissement, la formation du prix de revient des bois au marché, a la plus forte part. Je veux parler du transport : on peut affirmer que les frais de transport entrent, en moyenne, pour plus de 50 p. 100 dans le prix des bois au marché. Il y a une vingtaine d'années, quand j'étais conservateur des forêts, en Corse, le mètre cube de bois de pin Laricio, qui se vendait sur le bord de la mer, à quelques kilomètres de son lieu d'origine, 50 h 60 francs, n'en valait pas plus de 5 à 6 .en forêt. Suivant la nature du moteur, celle de la
voie et son état d'entretien, les frais de transport, pour une même distance, présentent des écarts extraordinaires : tandis que, par tonne kilométrique, ils ne dépassent guère 0 fr. 50 (conducteur compris), sur une route empierrée, ils deviennent trois ou quatre fois plus forts sur une route non empierrée; ils ne sont plus que de 0 fr. 04 à 0 fr. 05 sur un chemin de fer, pour de longs parcours, quand ce chemin de fer, bien entendu, a autre chose à transporter que des bois; ils descendent à 0 fr. 02 ou 0 fr. 03 sur un canal et à 0 fr. 01 ou 0 fr. 02 sur une rivière ; de sorte qu'un certain poids de bois de chautîage qui, sur un chemin non empierré, ne pourrait souvent franchir plus de 20 kilomètres, sans que sa valeur fût absorbée par les frais de transport, pourrait en franchir au moins 60 sur une route empierrée, 600 sur un chemin de fer, 1 ,000 sur un canal, et 1 ,500 sur une rivière I Pour le bois de construction, dont le prix vénal est beaucoup plus élevé, la différence entre les distances susceptibles d'être parcourues, suivant la nature de la voie, sans que ce prix vénal, restant le même, fût absorbé par les frais de transport, serait encore plus frappante.
On voit par là de quelle importance serait, pour la propriété forestière, l'amélioration des voies de transport. Or, la plupart de celles que nous possédons en France laissent certainement beaucoup à désirer.
Nous avons environ 37 mille kilomètres de routes nationales et 43 mille kilomètres de routes départementales, excellentes; mais les chemins vicinaux, — on en compte de 500 à 600 mille kilomètres, —
qui y aboutissent, ne sont en bon élat, au point de vue des pentes et de la solidité de la chaussée, qu'aux abords des gares de chemins de fer. Dans l'intérieur du pays, ils ne sont souvent pas du tout praticables en hiver, quand se fait la vidange des coupes; et, d'un autre côté, les chemins ruraux, les petits chemins d'exploitation, qui s'embranchent avec ces chemins vicinaux, sont dans une situation encore bien plus mauvaise.
Nous avons un peu plus de i i mille kilomètres (1 1 ,384) de rivières et canaux dits navigables : ce n'est pas, toute proportion gardée, le 1/5 de ce qu'il y a en Angleterre et, en outre, la navigation y est fort difficile : sur les rivières, à cause de l'instabilité de leurs lits et de l'irrégularité de leur débit; sur les canaux, à cause de l'insuffisance de leur alimentation, de leurs chômages trop prolongés pendant l'hiver, de l'étroitesse de leurs écluses, de leur faible tirant d'eau qui fait qu'on ne peut y mettre souvent, surtout dans les canaux du centre, que des bateaux jaugeant 100 à 120 tonneaux.
Les bois entrent, pour 1/3, dans le total des marchandises transportées, soit à la descente, soit à la remonte, sur le réseau de nos voies navigables. On devrait donc se préoccuper un peu plus qu'on ne 1 a fait jusqu'à présent, dans l'intérêt de la propriété forestière, d'améliorer et d'étendre ce réseau.
Nous avons une multitude de petits cours d'eau qui sillonnent dans tous les sens notre territoire; on en compte à peine 3 mille kilomètres qui soient flottables.
Enfin, nous avons à peu près 33 mille kilomèlres de chemins de fer en exploitation et nous en aurons dans quelques années plus de 40 mille. Mais, en demandant au moins 0 fr. 04 centimes, par tonne et par kilomètre, aux marchands de bois, pour le transport de leurs marchandises, les Compagnies leur font des conditions plus dures qu'aux autres industriels ou commerçants.
Agrandir le réseau de nos voies navigables, rivières ou canaux; les approprier mieux qu'elles ne le sont au transport des bois; les relier entre elles de façon que, pour passer de Tune à l'autre, ces marchandises ne soient pas obligées de prendre les chemins de fer, de supporter des frais de transbordement coûteux, et de se soumettre aux prétentions excessives que leur imposent les Compagnies de ces chemins; rendre flottables, en imitant ca qui a été. fait dans le Morvan, sur les affluents de TYonne, les ruisseaux innombrables qui se précipitent du haut de nos montagnes, sans que rien, ou presque rien, ait été fait jusqu'à présent pour utiliser leur force motrice ; rectifier surtout les chemins vicinaux et ruraux, les multiplier, les rendre praticables en toute saison : c'est ainsi qu'on réussira, beaucoup mieux que par des droits de douane, à augmenter la valeur sur pied des produits forestiers.
Ce sont surtout, pour le commerce des bois, comme pour celui des autres pi'oduits du sol, les petites voies de circulation, de communication de yîJlage à village, qui font défaut dans noire pays, et qu'il importerait, au plus haut degré, de créer ou d'amé-
liorer;€ar, sans cela, les énormes dépenses que nous nous imposons, pour faciliter Téchangedes marchandises entre les grands centres de population, serviraient plus au commerce extérieur qu'au commerce intérieur, et à la production étrangère qu'à la nôtre. Il ne me paraît pas douteux que si une partie des milliards qu'on est en train de dépenser pour les chemins de fer, étaient consacrés à la pelit>e vicioalité, le pays y gagnerait. Il n'est pas douteux, par exemple, que les blés et les bois d'Amérique ou d'ailleurs, ne supplanteraient pas aussi aisément, sur nos marchés, les blés et les bois indigènes, et qu'il y aurait, en France, moins de terrains abandonnés à un parcours, qui nuit à l'intérêt public et procure un maigre bénéfice à ceux qui en profitent.
On se plaint de ce que les habitants des montagnes abusent de ces montagnes par un pâturage excessif. La raison en est bien simple : ils en abusent d'abord parce que, en général, ces montagnes ne leur appartiennent pas, du moins à titre privé; et ensuite, parce qu'ils manquent de chemins vicinaux pour transporter leurs denrées, et que les moutons se transportent tout seuls. Leur construire des chemins serait un des moyens les plus efficaces pour les amener k s'occuper d'autres exploitations que de celle du bétail, laquelle deviendrait dès lors moins abusive.
La multiplication des moutons qu'on déplore dans les Alpes a, du reste, toujours eu lieu dans les régions pauvres en habitants et en capitaux, mais riches en prairies naturelles et en forêts, quand des rapports
commerciaux se sont établis entre ces régions et d'auUes régions plus peuplées, plus industrielles, plus agricoles, et qu'ils n'ont pas été favorisés par toutes les facilités de transport désirables.
Ce phénomène, à l'heure présente, se produit en Algérie, de la manière la plus inquiétante pour les forêts qui y existent encore. C'est par centaines de milliers que la colonie nous envoie, chaque année, des moutons qui se sont engraissés desjeunes pousses de ces forêts, quoiqu'ils nous arrivent assez maigres.
La diminution de Timpôt foncier qui grève la propriété forestière, serait aussi un moyen d'augmenter le revenu net de cette propriété. Cet impôt s'élève, en moyenne, à près de 50 pour i 00 de la valeur de la coupe sur pied*. On cite des forêls dont l'impôt atteint le chiffre de 17 francs par hectare; d'autres, où le prix du bois vendu au marché le plus voisin, est absorbé par les frais de transport et par l'impôt. Lorsqu'un propriétaire de forêt est soumis à de telles exigences fiscales, on s'explique facilement qu'il renonce à exploiter cette forêt et qu'il l'abandonne aux troupeaux. Je sais bien quelles graves objections on peut faire à la péréquation de l'impôt foncier; je sais bien qu'une diminution de cet impôt ne profilerait qu'au propriétaire actuel; mais cependant, quand l'exagération d'un impôt a pour effet d'empêcher le sol de produire ce qui conviendrait le mieux à l'intérêt général du pays, et de rendre même ce sol stérile, on ne devrait pas hésiter à y obvier,