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Ainsi, le progrès de ce commerce est constant. Si Ton compare les années 1836, 1837 et 1838 aux années 1839, 1840 et 1841, on trouyeque l'importation des cotons en laine s'est accrue, dans la dernière période, de 100 millions de livres, et que Taccroissement a été de l/SO""*" pour l'exportation des cotons filés ainsi que des tissus. Sans doute, le mouyement des exportations en 1842 est inférieur, de 28 à 29 millions de francs, à celui de 1841 ; mais peut-on considérer comme un accident très-sérieux dans le régime de la production britannique un ralentissement qui équivaut à peine à 1/24°* des produits exportés, et à 1/60""® des valeurs totales que cette manufacture jette chaque année dans la circulation 7
Un nouvel élément de prospérité vient s'ajouter à tant d'autres. Le traité, conclu par ^r Heni:y Pottinger, le 26 août 1842, ouvre au commerce anglais les portes de la Chine, et l'Angleterre entre en contact avec un monde jusqu'à présent muré pour l'Europe, qui recevait moins
volontiers nos marchandises que nos poisons ; car, d'un côté, l'on apportait de l'opium, et de l'autre des dollars, et la contrebande faisait tous les frais du rapprochement. Je ne dirai pas, avec sir Henry Pottinger, que les résultats du traité sont incalculables, que les manufactures de coton peuvent compter sur un débouché sans limites, et que la seule difficulté sera de trouver des cargaisons de retour. Les habitudes des Chinois ressemblent peu à celles des nations européennes, et il se passera du temps avant que des échanges dignes de ce nom s'établissent entre les populations qui vivent à l'orient et celles qui vivent par delà l'occident de l'Asie. Mais il n'y a pas d'illusion à supposer que le commerce, qui existait déjà, va s'étendre dans une proportion notable, et que cette extension profitera'surtout à l'industrie du coton, à Manchester, à Liverpool, à Glasgow. En 1842, l'Angleterre avait expédié en Chine 1 , 1 48,381 pièces de cotonnades ; en 1844, les quantités exportées s'élèvent à 2,250,735. D'une année à l'autre, l'augmentation a été de 15 millions de francs. Quand la progression ne marcherait pas aussi rapidement les années suivantes, ces résultats ont déjà de l'importance et comblent presque le vide qui s'est déclaré dans les relations de la Grande-Bretagne avec les État&-Unis.
Grâce à l'étendue et à la solidité de l'industrie manufacturière, qui fait la base de ses opérations, la prospérité de Liverpool n'a pas éprouvé de temps d'arrêt. Cette richesse a continué de s'accroître, alors même que le mouvement commercial de l'Angleterre diminuait. On s'en convaincra en comparant les recettes de la douane à Londres et à Liverpool depuis quarante-quatre ans.
184 ÉTUDES SUR L'ANGLETEKIE.
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