DÉLITS CONTRE LES PROPRIÉTÉS
Incendie 4
Vois avec violence ou avec effraction 119
Vols simples 3,105
Filouteries 517
Faux 14
Escroqueries 231
Vols commis par des prostituées 528
Recel 242
Gens suspects arrêtés au moment de voler 7 1 2
Contrebande 106
Le trait le plus sombre du tableau est dans ce fait que, sur 6,202 prévenus de délits graves {félonies)^ on en comptait 2, 1 97 de dix-huit ans et au-dessous, et dags cet autre, que les femmes y figurent à raison de 35 pour 100, proportion supérieure à celle de Londres, et double de celle de Paris.
UYERPOOL. 213
Les vols de toute nature sont à peu près aussi nombreux à Liverpool, dans une population de 300,000 âmes, que dans le département de la Seine, peuplé de 1,200,000 habitants. Toutefois, suivant un calcul fait par l'habile gouverneur de la prison, M. Highton, les délinquants nés à Liverpool ne fourniraient à la somme des arrestations qu'un contingent de 37 pour 100. Il en résulte que si, dans Féchelle de la criminalité, les villes de commerce et de passage tiennent le premier rang, elles doivent être considérées plutôt comme le rendez-vous que comme le foyer de cette corruption.
Le capitaine Miller a publié, dans une brochure intéressante (^), une comparaison entre les principales villes du Royaume-Uni, sous le rapport des désordres qui s'y commettent. Ce rapprochement prend pour point de départ l'année 1 839, et le résultat présente 1 délinquant sur 24 1/4 habitants à Londres, 1 sur 7 à Dublin, 1 sur 16 à Liverpool, 1 sur 22 3/4 à Glasgow. La proportion était à Manchester, en 1843, de 1 sur 19 habitants, et de 1 sur 1 4 à Edimbourg en i 841 . On voit que, par une exception qui n'appartient qu'à l'Angleterre, la métropole britannique, malgré l'efifrayante accumulation qui s'y fait des crimes et des délits, n'est pas encore le théâtre où le mal se déploie avec le plus de puissance et de liberté.
. L'institution d'une police sévère n'a pas été sans influence sur la masse des délits. On sait déjà que les malfaiteurs anglais, depuis qu'ils trouvent les villes mieux défendues contre leurs déprédations, se rabattent sur les campagnes. Cette émigration paraît avoir été particuliè-
(1) Papers relative to the ttate of crime in the city of Glasgow.
214 ÈnJDBS SDR L'ANGLETERRE.
remeni sensible à liverpool, qu'un millier de voleurs émérites ont quitté de leur propre niouyement. Depuis leur retraite, le nombre des vols a beaucoup diminué. En 1838y les rapports municipaux signalaient 482 vols avec violence ou avec effraction, 3,600 vols simples, 844 vols commis par des prostituées, et 2,480 gens sans aveu arrêtés au moment de commettre des vols. La réduction, sur ces quatre chapitres, a été en quatre années de 27 pour 100. L'action d'une force répressive ne saurait aller au delà : c'est par d'autres institutions et par d'autres influences qu'il faut pourvoir à la réforme des mœurs.
La police de Liverpool est organisée sur le même plan que celle de Londres, qui a servi de modèle à toutes les grandes villes du Royaume-Uni. En France, vous rencontrez jusque dans les moindres villages l'uniforme du gendarme qui représente Tordre public. En Angleterre, la police rurale n'existe pas, ou n'a qu'une organisation partielle ; le ministère whig a vainement tenté d'introduire cette machine répressive qui est un des plus beaux produits de notre centralisation ('). En revanche , la police urbaine de l'autre, côté du détroit a une supériorité décidée, et nous gagnerions à l'imiter. 11 vaut donc la peine d'expliquer cette institution, qui est, à mon sens, le chef-d'œuvre administratif de sir Robert Peel.
L'eflet utile de la force publique dépend non-seulement de l'organisation qu'on lui donne, mais de ladirec-
(1) Aux termes de la loi du 27 août 1839, mutilée par les torys^les juges de paix du comté peuvent désigner des constables pour faire la police, dans les campagnes. Cette police facultative se composait, en 1843, de 2,216 hommes pour l'Angleterre et le pays de Galles, qui avaient coûté pendant l'année 145,803 liv. sterl.
tiVERPOOi. 21 à
tion qu'elle reçoit. S'ilfeUâit en juger par le nombre des hommes que l'autorité tient sur pied, Paris devrait être la ville la mieux gardée dans le monde entier. Sans compter douze à quinze mille hommes de garnison, et un millierde gardes nationaux de service appuyés sur une réserve de soixante mille, le préfet de pohce a sous ses ordres « une gard^ municipale de plus de 2,500 fantassins et 400 cavaliers, un corps de sapeurs-pompiers de 830 hommes, des bureaux où travaillent tout le jour et souvent la nuit près de 300 employés, un service extérieur de commissaires, d'inspecteurs, de sergents de ville, d'agents de tout ordre, qui comprend plus de 2,000 personnes (') . » Ce personnel, tout nombreux qu'il est, ne fait pas régner à Paris une sécurité plus grande que celle dont on jouit dans les autres capitales de l'Europe ; il ne nous met pas à l'abri des émeutes, et les efforts de la surveillance quotidienne ne paraissent pas tenir en échec, autant qu'il le faudrait, l'audace des malfaiteurs. Â Londres, la garnison se compose de trois ou quatre régiments de la garde, qui ne servent qu'à parader devant les car semés et les palais royaux. La force de la police municipale, en y comprenant celle de la Cité, est d'environ cinq mille constables, sergents et inspecteurs {*). Ce corps maintient l'ordre au sein de la nombreuse population et dans l'immense étendue que renferme la métropole. Bien loin d'être insuffisant pour cette tâche, il
(1) Depuis que M. Vivien a écrit ces paroles dans la Revue des Deux- Mondes (t«r décembre 1842}, reJBTectif de la force municipale s'est modifié à Paris. La garde municipale compte aujourd'hui 3,344 hommes, et le corps des sapeurs-pompiers 661.
(s) Le personnel de ia police métropolitaine à Londres était, en 1844> de 4,673 hommes, et de 642 pour la police de la Cité, total : 5,215.
âlO ÉTUDES aDR L^ANGLETERRE.
fournit des détachements que l'on expédie, par les chemins de fer, au premier bruit d'une émeute, à BirmiU'gham, à Manchester, dans les poteries, dans le pays de Galles, en un mot, sur tous les points menacés. 11 en est de même dans les principaux centres de commerce et d'industrie. La police municipale se compose à Birmingham de 300 hommes pour garder 190,000 habitants, à Glasgow de 300 hommes pour215,000 habitants, à Manchester de 390 hommes pour une agrégation de 235,000 habitants ; à Liverpool enfin, malgré tant d'éléments de désordi'e, et bien que la police ait à contenir, sans l'assistance d'une garnison, la foule remuante des Irlandais ainsi que 7 à 8,000 matelots , elle ne compte pas plus de 640 hommes dans ses rangs.
Je sais ce que l'on peut dire sur la diflférence des populations,et je ne conteste pas qu'avec les habitudes militaires du peuple français la force publique ne doive aflTecter à Paris des proportions plus imposantes que dans un pays où dix mille hommes prennent la fuite devant un escadron de dragons ; mais les crises, dans lesquelles on peut avoir à déployer cet appareil de baïonnettes et de canons, sont heureusement fort rares, et les circonstances qui appellent chaque jour la surveillance de l'autorité ne présentent pas en Angleterre moins d'obstacles à surmonter qu'ailleurs. Toutes choses égales, il paraît évident que la police produit chez nos voisins tout ce qu'elle peut produire, tandis que chez nous la moitié de la force disponible reste constamment sans emploi.
Cette inégalité dans les résultats obtenus tient uniquement à la différence des systèmes. La police, en Angleterre, ne procède pas du même principe qu'en France;
LIVERPOM. 2i1r
elle ne relève pas de la même autorité, et elle n'a pas la même organisation.
En France, un agent de police voit ses devoirs bornés à la répression des délits et des contraventions ; il ne se considère pas comme chargé d'un autre mandât. Protéger les honnêtes gens n'est pas son affaire, et les coquins tombent seuls sous sa juridiction. Il ne prévient et n'empêche pas le mal, il se borne à le réprimer en prêtant main-forte à la loi. De là, son ton acerbe, son regard insolent et quelquefois provocateur; de là, l'épée qu'il porte au côté. C'est une machine à procès-verbaux et un instrument d'arrestations, rien de plus, mais aussi rien de moins.
L'officier de police {poUceman)y en Angleterre, a des devoirs beaucoup plus étendus ; il est chargé, il répond de la sûreté des personnes et de celle des propriétés. Autant il doit se montrer vigilant et courageux dans la répression des délits, autant on lui recommande d'être bienveillant, prévenant et soigneux des intérêts de la communauté. Il se considère comme l'ennemi des coquins et comme le serviteur des honnêtes gens. A toute heure du jour et de la nuit, vous le trouvez sur votre chemin qui vous donne le nom des rues, l'adresse des habitants, en un mot, les renseignements qui vous peuvent être utiles. Il ferme la porte de votre maison, si vous l'avez laissée ouverte, vous avertit, en cas d'incendie ou d'effraction, et donne le signal des secours, vous ramène ou conduit au poste votre enfant égaré, écarte tout embarras et tout danger de la voie publique, veille enfin pour vous et sur vous.
Si la police commande aux citoyens en France, et si
tl8 ÉTUDES mii L^ANGUBTERRB.
elle les sert en Angleterre, cela vient peut-être de ce qu'elle procède ici du pouvoir municipal, et là du pouvoir central. A Paris, le préfet de police est le représentant direct de l'autorité ministérielle. Dans les départementS|.le maire de chaque commune, étant nommé par le ministre de Fintérieur ou par le préfet, ne dirige la police communale que par une délégation du pouvoir exécutif et sous le contrôle immédiat du préfet ; et comment une police qui ne relève pas des habitants se croirait-elle tenue de les ménager ou de prendre leurs intérêts? D^nsla Grande-Bretagne, au contraire, les maires, étant les élus de la cité, en ont le gouvernement sans réserve ; l'autorité centrale n'intervient qu'au défaut de l'autorité municipale, et pour ajouter aux forces des localités la puissance de l'État.
En vertu de ce principe, le gouvernement n'hésite pas en Angleterre à confier le droit de faire la police, avec une autorité publique, à des associations qui ont un caractère privé : c'est ainsi que les compagnies de chemins de fer ont obtenu de transformer leurs employés en constables et d'exercer, en vue de l'ordre, un pouvoir proportionné à leur responsabilité; à Londres, deux sociétés philanthropiques ont leur police particulière, et quelques maisons de commerce payent des watchmen pour garder leurs établissements pendant la nuit.
Dans l'exercice de la surveillance, la police française emploie des agents secrets et des agents publics ; ceux-ci sont les seuls dont la police anglaise admette le concours. <( La police de sûreté, dit M. Vivien,, comprend des agents publics et des agents secrets : les premiers surveillent les voleurs sans se joindre à eux; les seconds
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s'en approchent davantage, et sans jamais, en aucune façon, de loin ni de près, tremper dans leurs méfaits, ils les rencontrent, les connaissent personnellement, et peuvent avec exactitude révéler les noms, les caractères de ces misérables, sauvages égarés au milieu de la civilisation... D Et ailleurs : « La préfecture de police a cessé depuis longtemps d'employer des repris de justice dans les brigades de sûreté. Toutefois, il est impossible de renoncer entièrement aux services de cette classe d'hommes, et des agents mêlés à la vie et aux habitudes des malfaiteurs ne peuvent se recommander par la pureté du caractère et par la dignité des mœurs. »
Certes, si l'on tient à conserver la tradition d'une police secrète, M. Vivien a raison, on doit se résigner à l'emploi d'hommes qui ne se recommandent ni par la pureté du caractèrey ni par la dignité des mœurs. Il faut avoir trempé dans le crime pour faire métier de la délation et de la trahison ; ces basses œuvres de la police ne conviennent qu'à des mains déjà souillées. Mais une police secrète est-elle nécessaire au maintien de l'ordre public? Pour ma part, je ne le pense pas. Je crois même, et je l'ai dit plus haut, que, si le nom seul de la police est devenu un opprobre en France, cela tient à la nature mystérieuse des moyens et au caractère peu moral des agents qu'elle emploie; tandis que, si la police est universellement respectée en Angleterre, on peut sans hésitation attribuer la popularité qu'elle obtient, à la franchise et à la dignité de ses procédés. Tous les hommes qui ont de l'expérience en cette matière, M. Miller à Glasgow, M. Whitty à Liverpool, M. Beswickà Manchester, sont les adversaires les plus déterminés de la
390 ÉTUDIS SUR L'ANGLBTnRB.
pdiœ secrète. Ds s'applaudissent de n'y aToir jamais eu recours, et ik trouvent, dans Tempressement que mettent tous les citoyens à leur donner des indications et des renseignements sur les délits ainsi que sur les auteurs des délits, une assistance qu'aucune brigade secrète n'aurait pu leur prêter.
Au lieu de réprimer le toI et de traquer les Toleurs, la police secrète tend à les conserver en quelque sorte. Où veut-on que ces agents ténébreux de l'administration puisent les renseignements qu'ils lui transmettent, si ce n'est dans les lieux de réunion et dans la société même des malfaiteurs? De là l'espèce de tolérance qui protège, à Paris notamment, les repaires les plus immondes. La police n'ignore pas que les repris de justice s'y rassemblent, elle cop î*t le danger et l'immoralité de ces rassemblements où prennent naissance tous les complots et où se fait la liquidation des entreprises nocturnes. Rien ne lui serait plus facile, puiscpi'elle les tient à toute heure enveloppés dans ses filets, que de fermer d'un seul coup les tapis francs et de mettre la main sur les habitués, mais alors que deviendrait l'importance des agents secrets? S'il n'y avait plus de tapis francs^ où rencontreraient-ils les voleurs pour $t mêler ^ selon l'expression de M. Vivien, à leur vie et à leurs habitudes ? qui les tiendrait informés? où serait la source de leurs dénonciations, et par conséquent de leur crédit?
De temps eu temps, lorsque les vols et les assassinats se multiplient et que la clameur publique devient trop pressante, l'administration se décide à montrer plus de sévérité. Ses agents cernent telle ou telle maison mal famée, arrêtent, fouillent et interrogent toutes les
UVERPOOL, 221
personnes qui s'y trouvent ou qui s'y rendent, établissent en un mot ce que l'on appelle une souricière^ et paryiennent souvent à opérer ainsi quelque capture importante ; mais en dehors de ces rares expéditions, et pourvu qu'il ne s'y fasse pas trop de bruit, les tapis francs jouissent d'une sécurité parfaite ; c'est une sorte de terrain neutre, où la police et les malfaiteurs s'accordent tacitement à suspendre les hostilités.
Indépendamment de la tolérance habituelle dont on use à l'égard des repris de justice, des caractères sus-' pectSj comme dit la loi anglaise, la méthode de surveillance laisse beaucoup à désirer. Notre police procède comme une armée en campagne ; elle établit des postes de loin en loin, et pousse par moments des reconnaissances, des expéditions sur le territoire ennemi. Ecoutons le défenseur le plus habile de ce système, M. Vivien ; « La nuit, les agents de sûreté se répandent dans les rues, et par petits groupes, bien armés, bien résolus, ils parcourent les lieux les plus déserts, les plus propres à tenter l'audace des malfaiteurs; ils se glissent dans l'ombre, sans bruit, se blottissent le long des maisons, arrêtent l'individu qu'ils trouvent porteur de paquets suspects, ou même embarrassé dans sa contenance, et jugent, d'après ses réponses, s'ils doivent le laisser continuer sa marche, le reconduire au domicile qu'il s'est donné, ou le conduire en lieu sûr. La garde municipale leur prête assistance pour ces courses nocturnes, et des patrouilles, où les pas n'ont point de bruit et les uniformes point d'éclat, saisissent aussi et les individus prêts à commettre un crime, et ceux qui emportent dans les ténèbres les produits du crime déjà commis. »
S22 tïmwê sni L'iRGunua.
Ainfi la rarreillanoe de la police française est ambulante, et la patrouille en est le type yrai. A Londres, à Liverpool, et dans les autres TiÛes de la Grande-Bretagne, la sunreillanee est stationnaire et à poste fixe, système qui parait tout i la fois exiger des forces moindres et contribuer plus efficacement à la sécurité.
La police de Liverpool se compose, comme je l'ai dit, d'eniriron six cents hommes, dont les mourements sont dirigés par un conslable chef [head-cùnstabU) ou surintendant. Cette force doit suffire à des attributions trèsétendues. Elle se partage naturellement en deux seryices, le service cÎTii et le service criminel. Le premier comprend la brigade des firemen^ ou préposés aux incendies, institution analogue à celle de nos sapeurs-pompiers, et les inspecteurs des marchés, de Fédairage, ainsi que de la voirie ; la seconde renferme les agents préposés à la sûreté publique, les gardes de jour (daywatchmen) et les gardes de nuit [night-watchmen)^ environ cinq cents hommes, dont la moitié seulement sont sur pied à la fois. A Londres, les secours contre Fincendie sont payés par les compagnies d'assurance, et ne forment pas un service public.
Les agents de la police criminelle, les policemen proprement dits, observent une discipline toute militaire. Pour faciliter la surveillance, la ville a été partagée en deux grandes divisions, la division du nord et celle du sud. Chaque division, placée sous les ordres d'un lieutenant, se partage elle-même en sections ; chaque section est commandée par un sergent et comprend plusieurs quartiers, ^en anglais beats, dont chacun est mis sous la garde d'un watchman. Le quartier assigné à un garde
est comme un pâté de rues et de maisons, et doit avoir une étendue qui permette à Tagent d'en visiter tous les points dans une demi-heure en se promenant à pas lents. On lui remet, au moment où il commence cette faction de douze heures, une carte exacte de son district, en lui recommandant d'apprendre à connaître ceux qui Thabi*tent, à leur figure et par leur nom . Le jour, il ne porte pas d'autre arme qu'un bâton court; la nuit, on ajoute une lanterne, une crécelle, une cape, et dans quelques villes une espèce de poignard [twitch). C'est à lui de surveOler les gens suspects, de s'assurer que les portes et les fenêtres ne restent pas ouvertes ; en cas de délit, de tumulte ou d'incendie, il doit donner l'alarme avant de se porter au secours. Mais, ce qui fait bien voir dans quel esprit de sagesse cette organisation a été conçue, l'on récompense moins les agents qui ont appréhendé quelque malfaiteur que ceux sur le territoire desquels aucun délit n'a été conmiis (^). Ainsi, dans l'ordre des qualités que l'on demande à la police, la vigilance passe avant l'énergie.
Les sergents, les lieutenants et le surintendant lui* même font des rondes de jour et de nuit pour s'assurer que les constables sont à leur poste, et que leur surveillance n'a pas été en défaut. Tout garde surpris en état d'ivresse, endormi, fumant ou en conversation avec une fenune, est renvoyé sur l'heure. En même temps qu'on leur ordonne d'agir, en cas de nécessité, avec décision et avec énergie, on leur recommande de ne pas se mêler de toutes choses, de n'être pas tracassiers, de parler
(•) « Tbe abieoee of crime wUl be eoo»idered tbe beat proof of iha efficiency of tbe police. » {RegMlations and itutruetioni.)
224 ÉTUDES SCR L'AlfGLETBBRF:
toujours avec politesse, et de rester maîtres d'eux-inémesy lors même qu'ils sont provoqués.
Un certain nombre d'hommes est tenu en réserve la nuit dans les grandes stations, le jour au bureau de la police et dans Fenceinte du tribunal, afin d'exécuter les ordres des magistrats, et de se porter partout où l'intérêt de la sécurité publique pourra les appeler. Liverpool a cinq grandes stations de police. A Londres, la police de la Cité comprend 6 districts et autant de stations ; la police métropolitaine se divise en 1 7 districts et en 53 stations. Chaque district est placé sous la direction d'un surintendant, de 2 à 6 inspecteurs et de 14 à 30 sergents, avec un nombre de constables proportionné à l'étendue à surveiller. Une patrouille à cheval est spécialement attachée à la surveillance des districts ruraux que la police de Londres embrasse dans son rayon. Chaque poste renferme : un hangar où les constables se livrent aux évolutions militaires et sont passés en revue par leurs chefs ; un bureau où l'on enregistré les ordres du jour, et où Ton tient note de la conduite des agents ainsi que des arrestations ; deux chambres de force ou cachots [locks wp), l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes, dans lesquels on enferme jusqu'à l'heure de l'audience les personnes arrêtées pendant la nuit. Ces violonsy comme on les appellerait en France, sont des bouges affreux qui ne reçoivent l'air et la lumière que par un étroit soupirail. On devrait du moins les convertir en cellules, afln qu'un honnête homme, que l'on a ramassé ivre dans la rue, né fût plus exposé à passer la nuit côte à côte d'un malfaiteur.
^ Ce qui ajoute à l'excellence de cette organisation, c^est
le scrupule que l'on apporte dans le choix des hommes. La police prend ses agents dans la classe des sous-officiers qui ont obtenu leur congé, ou parmi les ouvriers qui ont quelque instruction, et qui sont désignés par leurs bons antécédents. Comme on exige aussi la force physique et une taille élevée, il en résulte que les constables de la nouvelle police sont bien réellement l'élite de la population. Règle générale, un policeman sans armes vaut deux hommes : trois cents policemen armés contiennent une ville soulevée. Je ne connais, quant à moi, que la garde municipale de Paris, ce corps admirable entre tous les corps d'élite, que l'on puisse comparer aux constables de Londres, de Liverpool et de Glasgow.
Par une dérogation très-manifeste au principe administratif de l'Angleterre qui veut que les institutions locales soient défrayées par des taxes mises à la charge des localités, l'État contribue, dans certains cas, à l'entretien de la police, au moyen d'une somme prélevée sur les fonds généraux du budget [consolidated fund) ; je ne parle pas de l'Irlande où la police forme un corps militaire, un corps d'occupation de neuf à dix mille hommes, qui coûte annuellement 12 millions, et dont il peut paraître assez naturel que le gouvernement supporte la dépense, lorsque sa politique en crée la nécessité. Mais à Londres même, sur les 275 à 300,000 livres sterling que coûte annuellement la police métropolitaine, le gouvernement fournit une subvention proportionnelle de 70 à 75,000 liv. sterl. On sait que l'État en France contribue pour une somme d'environ 2 millions, à l'entretien delà garde municipale de Paris. Tel est l'empire des faits dans ces vastes agglomérations d'hommes.
iS6 ÉTUDBS SDR L'ANGLETERRE.
que des gouyernements, qui partent de principes différentSy aboutissent pratiquement aux mêmes conclusions.
A Liyerpool la corporation municipale fait seule les frais de la police, au moyen d*une taxe levée directement sur les habitants. La dépense annuelle est d'environ 1 million de francs et représente près de 1,600 francs par homme ; cette proportion s'élève à l ,858 francs pour la police de la Cité, elle descend à 1,555 francs pour la police métropolitaine, et à 1 ,475 francs pour la police de Manchester. Voilà sans doute un budget considérable ; mais notre sergent de ville ne coûte pas moins cher que le policeman anglais; la dépense est en efiet de 1 ,580 francs par homme, à Paris. Or, un policeman fait la besogne de deux sergents de ville ; et, après tout, grâce au nombre des hommes que nous tenons inutilement sur pied, la ville de Paris dépense infiniment plus, toute proportion gardée, pour le service de sûreté, que Londres et que Liverpool (*).
La police, dans les villes de l'Angleterre, est une institution complète, qui a ses tribunaux ainsi que ses hommes d'action. Les tribunaux de police sont investis des pouvoirs les plus divers comme les plus étendus : le magistrat est à la fois juge de paix, juge d'instruction, juge de simple police, et arbitre de certains intérêts ou privilèges municipaux. Les lois lui allouent un traite^
(1) A Londres, les dépenses de la police, la Cité comprise, s'élèvent annuellement à 8,000,000 de francs, pour une population de deux millions d'hommes; à Paris, pour une population d'environ an milllmi d'hommes, les dépenses de la police proprement dite, frai^d'administralion inclus, s'élèvent à plus de 6,000,000 de francs.
meot proportionné à Timportance de ses fonctions et au temps qu'il est obligé d'y consacrer. C'est une exception toute récente aux usages de ce gouyernement aristocra* tique, dans lequel les fonctions du juge de paix sont gratuites et appartiennent, comme un droit seigneurial, aux grands propriétaires du sol. Par une autre exception non moins remarquable, le commissaire de police {police^ commissionner), qui enregistre les plaintes et qui expose les faits de chaque cause devant le tribunal, est un homme de loi, et donne des consultations gratuites. Enfin, la procédure est simple et le résultat prompt. Voilà des innovations dont le succès peut paraître extraordinaire, si l'on considère le parfait contentement d'esprit avec lequel la nation anglaise se laisse, depuis huit cents ans, mener par les juges et exploiter par les avocats. Liverpool n'a qu'un tribunal de police ; Manchester en a deux, et Londres neuf, sans compter ceux de la Cité.
Entrons dans le prétoire. Le tribunal de police à Liverpool est une vaste salle partagée en deux enceintes, l'une à l'usage exclusif de la justice et l'autre ouverte au public. Le juge occupe un siège élevé sur une es* trade; devant lui, mais à un rang inférieur, sont lè commissaire de police qui fait fonction de ministère public, le greffier qui enregistre les dépositions, et le trésorier qui reçoit les amendes. En face, et au milieu de la salle, se dresse la tribune où comparaissent les prévenus ; elle communique avec la geôle par un passage souterrain. Â la droite du juge, les agents de police occupent les bancs devant lesquels est placée la tribune [box) des témoins ; ceux de gauche sont réservés aux parties civiles. Le public se presse au fond de la salle sur l'amphithéâtre qui
lui est destiné. U y a toujours foule, et quelle foule! Les assistants de la veille seront à coup sûr les patients du lendemain.
Dans l'ordre des décisions, on appelle d'abord les contreyenants aux règlements municipaux, ensuite lespréyenus de crimes et de délits, et en troisième lieu les contestations ciiriles ; ajoutez que le magistrat donne ou refuse Tautorisation d'ouvrir un cabaret ou un salon, et cela d'après les renseignements qui lui sont transmis; enfin, il entend les personnes qui demandent à en citer d'autres pour obtenir le recouvrement d'une créance ou pour faire fixer leurs droits. Un seul j uge, dans une même séance, a souvent plus de cent cas à décider.
La procédure en matière criminelle ou correctionnelle est, quoique sommaire, environnée de toutes les garanties. A Paris, un inculpé en état d'arrestation attend souvent trois jours, avant que le juge d'instruction puisse examiner les charges qui pèsent sur lui et convertir le mandat d'amener en mandat de dépôt, ou ordonner la mise en liberté. Encore cette procédure se passe-t-elle entièrement à huis clos, le prisonnier n'ayant d'autre refuge que les lumières et l'équité du magistrat instructeur. A Liverpool, ainsi que dans les autres villes de l'Angleterre, tout constable peut mettre en liberté sous caution, à l'instant même où D est arrêté, un prévenu qui n'est inculpé que d'un léger délit. Dans tous les cas, le prévenu arrêté la veille a la certitude d'être interrogé et entendu le lendemain (*). L'instruction se fait sous
(^) Il y a même de bons esprits, en Angleterre, qui demandent que le tribunal «iége en permanence, et qu'il ait deux juges, un pour l'audience de jour, l'autre pour les audiences de nuit.
les yeux du public. Le commissaire de police ou le greffier ayant expliqué en peu de mots les circonstances et les motifs de Tarrestation, le juge demande à l'inculpé son nom et sa profession ; si le prévenu a déjà eu affaire à la justice, le greffier de la geôle rappelle ses antécédents. Viennent ensuite les dépositions des témoins; ceux-ci, et les agents de la police comme les autres, prêtent serment sur l'Évangile de dire la vérité sans haine et sans passion. Quand ils ont déposé, le conseil du prévenu leur fait subir un contre-interrogatoire par lequel il cherche, dans l'intérêt de la défense, à les mettre en contradiction avec eux-mêmes. Le prévenu est enfin invité à dire ce qu'il juge utile de dire ; et, s'il préfère garder le silence, on respecte sa détermination, selon le principe de la jurisprudence anglaise, qui porte que nul n'est forcé de s'accuser. Dans le cas où le délit commis est du ressort des assises, le juge, après avoir fait lire le procès-verbal des dépositions au prévenu qui en conteste ou qui en reconnaît l'exactitude, l'envoie dans la prison du comté pour y attendre que le grand jury prononce définitivement sur l'accusation. Si l'offense est légère, le juge, décidant lui-même en dernier ressort, acquitte ou condamne ; mais la condamnation n'excède jamais une amende de 10 liv. sterling ou un emprisonnement de si^L mois. Toute cette procédure n'a pas duré plus de dix minutes, et souvent même elle en prend moins de cinq. C'est la justice expéditive du cadi, entourée des formes tutélaires qui tiennent au progrès même de la civilisation.
C'est en assistant aux audiences de ces tribunaux que l'on apprend à connaître les éléments dont se composent
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les populations urbaines. La scène est à la fois plus étendue et plus yariée que dans l'enceinte de nos tribunaux correctionnels. Il semble que Ton ait agité la société jusque dans ses abîmes les plus secrets pour faire monter Fécume à la surface. Toutes les figures qui passent deirant l'observateur portent le stigmate fortement marqué des habitudes de leur vie. Les filles publiques saisies dans quelque tumulte de nuit sont des créatures à peine tôtueSy aux traits avinés et d'une malpropreté repoussante. Auprès des vagabonds et des mendiants d'aujourd'hui, ceux que le pinceau d'Hogarth a immortalisés pourraient certainement passer pour des grands seigneurs. Les préteurs sur gage (pawn'brokers)y classe nombreuse en Angleterre et surtout en Ecosse, ont un type particulier de physionomie qui tient du hibou et du vautour, mélange d'hypocrisie et de rapacité. Les voleurs expérimentés sont gens dont la figure ne trahit aucune émotion, qui refusent communément de répondre au juge, et ne payent l'avocat que pour embarrasser les témoins ; mais, quand ils ont perdu l'espoir d'échapper à toute pu^ nitioUi leur insolence et leur férocité naturelle se donnent carrière. Il en est qui passent alternativement de la prison au work-housey et qui ne se gênent pas pour traiter les administrateurs {felieving of/tcefs) de coquins, pour les ft*apper même, lorsque ceux-ci leur refusent des secours dont ils ont cent fois abusé; Les vagabonds irlandais tranchent sur les autres, et ont le privilège d'égayer l^auditoire par la vivacité de leur pantomime ainsi que par la naïveté de leurs réponses ; peuple enfant que ses conquérants ont mid soud la rude tutelle de la misère et de l'oppression. Les seules personnes d'une apparence
un peu décente, qui figurent devant le tribunal, sont les gentlemen que Ton a trouvés ivres dans les rues, et qui en sont quittes pour payer Famende en refusant de faire connaître leurs noms, ou les entrepreneurs de cabarets ou de salons qui ont la prétention, en fermant les yeux sur les désordres commis dans leurs établissements, de préserver intact leur caractère personnel {respectability). Dans cette besogne, qui a ses difficultés comme ses dégoûts, l'autorité du magistrat est ce qui étonne le plus. 11 doit ce respect du public non moins à sa qualité de jurisconsulte éminent qu'à l'équité habituelle de ses décisions. M. Jardine à iîou;-5^r^e^ (tribunal de Londres), M. Rushton à Liverpool, et M. Maulde à Manchester, sont des juges que tout le monde s'honorerait d'avoir pour collègues, et qui figureraient avec distinction sur le banc de la reine, à Westminster. On reproche, il est vrai, à certains tribunaux de police de frapper durement sur les pauvres diables, tandis qu'ils ont toutes sortes d'égards et de ménagements pour les prévenus qui appartiennent aux classes supérieures de la société ; j'avoue que leurs décisions portent quelquefois ce caractère, mais le blâme doit ici remonter plus haut. Le juge ne fait que céder à la tendance d'une société aristocratique ; il est l'instrument des mœurs bien plus que de la loi. Au reste, les misères qui appellent l'attention des magistrats ne sont pas toutes de nature à provoquer des sentences rigoureuses ; ils ont souvent aussi à faire acte d'humanité. A Glasgow, la police est chargée en hiver de quêter pour les ouvriers nécessiteux. A Liverpool, elle intervient pour obtenir le passage gratuit sur quelque navire en faveur des malheureux qui désirent rentrer
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dans la paroisse où ils sont nés. A Londres, elle reçoit les dons volontaires du riche et les distribue aux familles sans ressource, dont la charité légale n^a pas prévu ou n'a pas soulagé le dénûment. Pendant quelques mois, on a même pu croire que les rôles se trouvaient intervertis. Lesjuges de police, en 1843-44, pour emprunter les expressions du Times, étaient devenus les dispensateurs de la charité publique ; la résistance partait de la commission des pauvres. Les magistrats ouvraient presque de vive force la porte des work-houses ; et quand ils ne pouvaient pas humaniser la loi, ils faisaient appel à la pilié des assistants.
Liverpool est peut-être la ville où le tribunal de simple police est le plus surchargé d'affaires graves ; c'est pourtant celle où les acquittements ont lieu dans la plus forte proportion. L'encombrement des prisons gêne la liberté du juge ; celui-ci condamne le moins qu'il peut, ne sachant où placer les détenus. La maison d'arrêt [lock^ up) en contient cinquante à soixante, et la geôle en renferme près de huit cents. Cette prison, construite sur les plans d'Howard, a eu beau s'étendre et resserrer l'espace accordé à chaque détenu : le crime a marché d'un tel pas, que sa fréquence même lui assure aujourd'hui une sorte d'impunité.
Cet accroissement dans le nombre des délits à Liverpool peut s'expliquer, indépendamment des raisons générales, par la même cause qui a produit l'augmentation de la mortalité, je veux dire par la densité de la population. Liverpool n'est pas la ville qui présente la plus grande somme de misère, mais c'est assurément celle que le vice infecte au plus haut degré et celle où la
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mortalité moissonne le plus grand nombre de victimes.
A Londres, l'insalubrité des quartiers pauvres se trouve compensée en quelque sorte par la salubrité des quartiers riches. Si la mort est prompte à White-Chapel, la vie est facile et longue dans le West-End. Mais à Liverpool, il n'y a pas de quartiers salubres. La ville est ramassée sur elle-même : 32,000 maisons dans un espace de deux milles carrés ! Comme si les quartiers bas né lui semblaient ni assez obscurs, ni assez humides, le peuple y vit dans des caves, ou dans des cours qui ne voient pas le soleil. Dans les quartiers élevés, les rues et les maisons ont envahi le terrain libre : il n'y a ni places, ni squares, ni arbres, ni verdure, ni eaui, rien de ce qui peut récréer la vue et rafraîchir les sens. On dirait que les habitants qui viennent s'entasser à Liverpool ont jugé suffisants pour chacun d'eux, durant leur vie, les six pieds d'air et de sol que mesure un tombeau. ' Dans une brochure pleine d'intérêt, le docteur Duncan, observateur scrupuleux et compétent, précise la densité de la population à Liverpool et montre les tristes conséquences qui dérivent de cette agglomération de tant d'êtres vivants. Je ne puis mieux faire que de suivre, en les résumant, des données dont l'administration supérieur a reconnu l'exactitude, et qu'elle reproduit dans ses publications (*).
La densité de la population en Angleterre [England and Wales) est en raison de 275 habitants par mille carré, si l'on fait masse des habitants des villes avec ceux
» (1) Voir lefr curieux rapports de M. Chadwick, secrétaire de la commission des pauvres, On sanitary condition of lahowing classes: 3 Yol. In-S», et on health of iotuns, 2 vol. in-S».
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des campagnes. Si Ton ne prend que ceux des yilles, la population, calculée d'après yingt-une des principales cités, est de 5,545 habitants par mille carré. Eu se bor* tiant à cinq ou six grandes villes, la densité augmente ; elle est, par mille carré, de 20,892 habitants à Leeds, de 27,423 à Londres, de 33,669 à Birmingham, de 83,224 à Manchester, et de 100,899 à liverpool. Enfin, dans ces irilles elles-mêmes, certains quartiers agglomèrent la foule. M. Farr cite un district de Londres qui renferme 243,000 habitants par mille géographique carré, et M. Duncan, un district de Liverpool peuplé de 12,000 personnes, qui donnerait par nulle géographique carré 460,000 habitants.
La mortalité se mesure partout à la densité des agglomérations. Elle est annuellement, en Angleterre, de 1 habitant sur 54 91/100 dans les districts ruraux, et de 1 sur 38 16/100 dans les districts urbains. Â Londres, on compte 1 décès sur 37 38/100 habitants ; à Birmingham, 1 sur 36 79/100 ; à Leeds, 1 sur 36 73/100 ; à Sheffield, i sur 32 92/100 ; à Bristol 1 sur 32 38/100 ; à Manchester, 1 sur 29 64/100; à Liverpool, 1 sur 28 75/100. La durée moyenne de la vie est de 26 ans et demi à Londres, de 21 ans à Leeds, de 18 ans à Maa« chester, et de 17 ans à Liverpool.
Le docteur Watt (*) a démontré que les mêmes faits avaient eu à Glasgow de semblables conséquences. En 1831, la population de Glasgow était de 202,426 personnes, et la mortalité dans la ville n'excédait pas la pro- .portion de 1 décès sur 41 47/100 habitants. En 1841,
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