IV
Il est plus facile de déterminer les croyances et les •dogmes des sectes religieuses et philosophiques que d'établir la moyenne des idées répandues parmi le peuple sur la nature et l'avenir de l'àme humaine. Les documents qui pourraient servir à une pareille •enquête sont insuffisants, les idées mêmes qu'il s'agit de constater sont variables, confuses et mal arrêtées. Procédons par élimination. Le dogme de la métempsycose n'est jamais devenu populaire, il répugnait au bon sens des Grecs : aussi peut-on croire qu'il fut importé de l'étranger. Une autre croyance, qui est, si l'on veut, le pendant de la métempsycose, dominait dans les plus beaux siècles de la civilisation hellénique. Que les mêmes âmes renaissent sur terre en revêtant d'autres corps, c'est une imagination qu'aucun fait ne confirme ; mais il est constant que les hommes revivent en quelque sorte dans leurs enfants. La loi de l'hérédité est incontestable ; mais on en exagérait la portée, on y rattachait des idées supers-