Tyrtce, fr. II, 7, et fr. V
Toïç Aa7r£oa[[j,ovt'o[ç'). Or, qui croira que Sparte ait non seulement donné droit de cité à un poète étranger, mais l'ait autorisé à commander s€s armées, privilège des rois ou de leurs tuteurs ? C'est là une fiction inadmissible. L'argument est spécieux ; nous croyons cependant qu'on peut y répondre. Voici en effet un fait analogue rapporté par Hérodote ^ Lors de l'invasion de Xerxès, les Spartiates engagèrent un devin célèbre, Tisamenos d'Élis, à se charger, de concert avec les rois Héraclides, de la conduite de leurs guerres (Tro'.ésffÔai àij.a 'HpaTrXstoÉcov Toïai ^ixaileuGi r^yti).6\CL Ttov 7toXI[j.a)v). Il y consentit à condition d'obtenir droit de cité complet pour lui-même et pour son frère Hagias. Cette demande fut agréée. Tisamenos assista les Lacédémoniens avec succès dans cinq grandes batailles, et ces batailles étaient considérées par les contemporains comme des victoires remportées par le devin ^. C'est à ses conseils, confirmés par l'oracle de Delphes, qu'en 459 les Messéniens durent de sortir sains et saufs de la forteresse d'Ilhome'^. L'analogie est complète, elle s'étend jusqu'aux termes : dans l'oracle cité par Lycurgue et par Strabon, Tyrtée est désigné comme viy£[j.tov, ce que l'orateur rend par (iTGaTTjôç^ La part prise par Tisamenos à la guerre en sa qualité de devin, on