Ephore, fr
merveilleux que lui attribuait la tradition populaire n'ont-ils pas de date. Myron, pseudo-historien qui avait pris la première guerre messénienne, celle de la conquête, pour sujet d'un exercice oratoire, put se permettre de transporter Aristomène dans cette guerre, sans doute pour ne pas se priver d'un si fameux personnage et de discours ronflants à placer dans sa bouche. Tout en protestant contre cette transposition, le bon Pausanias emprunte à ]\Iyron la plupart des incidents de la première guerre. Quant à la deuxième, il suit, sinon exclusivement, du moins de préférence, un poète, Rhianos de Crète, sans adopter toutefois les données chronologiques de l'auteur qui lui inspire tant de confiance. En effet, Pausanias, d'accord sur ce point avec Ephore et Apollodore, place Aristomène au vn'' siècle, tandis que Rhianos en avait fait le contemporain du roi Léotychidès, qui régna de 498/497 à 476 475 ^
Y eut-il, en effet, à cette époque une révolte des Messéniens contre leurs maîtres lacédémoniens? Nos historiens n'en parlent pas; cependant le fait est certain; M. SchAvartz insiste avec raison sur ce point dès le commencement de son mémoire. Et d'abord, on ne peut croire que Rhianos ait inventé un fait aussi important : un poète alexandrin s'appuie toujours sur une tradition. Ensuite, et c'est là l'essentiel, Platon atteste formellement cette révolte de la Messénie en deux endroits de ses Lois. Il en parle à propos des guerres Médiques ; si Sparte a laissé les