ÉGLISES
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DE l’AGENAIS.
Cette église se divise , dans le sens de l’axe , en trois parties de longueur égale : le sanctuaire , le transept et la nef. Ne pourrait -on voir là une imitation éloignée des types byzantins ? Cettë disposition symétrique qui est assez rare, mérite au moins d’être signalée.
Des voûtes en berceau plein cintre recouvrent le chœur et la nef. Il y a des doubleaux sous les grandes arcades qui constituent les ouvertures du transept. Un autre doubleau sépare le cul-de-four de l’abside de la travée du chœur.
Dans la tour du transept, l’architecte a construit une coupole très -élevée, octogone à sa base. Les quatre petits côtés de cette voûte correspondent à des trompillons en quart de sphère , régulièrement appareillés.
Cet exemple de coupole sur trompes est, avec celui de Moirax, le seul que je connaisse dans les églises dé l’Agenais.
Des cordons de trois rangs de bille ttes s’étendent dans la nef et dans l’abside, à la hauteur des abaques des colonnes- dosserets , et dans le transept, à la base de la coupole.
La porte ancienne, placée au sud de la nef, est aujourd’hui murée ainsi que les trois fenêtres romanes de l’abside dont les proportions et les positions relatives sont rétablies sur le plan ci -joint.
Les chapiteaux ont reçu une décoration exclusivement végétale : ce sont un ou deux rangs de feuilles épaisses et crochues. On remarque quelques larges feuilles de plantes d’eau, des boutons, des volutes aux spirales déroulées et saillantes.
A l’extérieur, une corniche très -simple, soutenue par des modillons grossièrement sculptés , sert de couronnement à l’abside. Ces modillons sont ornés de têtes de fantaisie, de rosaces et déboutons.
L’étage supérieur du clocher , absolument moderne , est en retraite de la base. Cette construction ne figure pas dans la coupe longitudinale.
L’église , du point culminant sur lequel on l’a construite , produit de loin un effet très pittoresque par le jeu de la lumière et de l’ombre.
ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-PlERRE. (SaINT-PÉ- Saint -Simon.) — ; Ce petit édifice a été bâti sur un plan cruciforme très - régulier. Les croisillons ont plus de développement qu’on en remarque dans les deux églises qui viennent d’être décrites.
Les seules voûtes anciennes sont celles de la nef, en berceau brisé soutenu par trois doubleaux, dont les dosserets sont des demi -colonnes.
Le reste de l’église vient d’être convenablement restauré. On a construit des voûtes d’arêtes dans les croisillons.
Il y a quelques baies romanes intactes, et deux chapiteaux ornés d’un rang de grosses feuilles dont les pointes se recourbent en crochets.
D’après le style de cette sculpture, j’attribue l’église à la fin du xne siècle.
PETITES ÉGLISES CONSTRUITES SUR DES PLANS VARIÉS , OU QUI OFFRENT SEULEMENT QUELQUES PARTIES DE L EPOQUE ROMANE.
Cauzac, — Saint -Sylvestre , — Caubeyres , — Pinel * Renautou , — Sos , — Cazeaux , — Montesquieu , Saint -Sardos , — Saint- dôme , — Montagnacsur-Lëde, — Galapian, — Lagupie , — Argenton , — Fais , — N.-D. - de-Grâce ,
Courbiac . — St-Sulpice-Rive-Lot.
Église de Sainte -Eulalie de Cauzac. — Le sanctuaire date seul de l’époque romane. La voûte du chœur, en berceau plein cintre, est séparée de celle de l’abside par un fort doubleau qui repose sur des colonnes -dosserets.
De& cinq fenêtres étroites de l’époque romane , l’une , celle du fond de l’abside, est percée dans un contrefort, une autre est actuellement condamnée.
Les supports de l’arc triomphal et du doubleau ont des chapiteaux dont la sculpture est rudimentaire : ce n’est qu’un épannelage de la corbeille corinthienne dans lequel les volutes et la rose centrale sont rem placées par des billettes plates carrées. Ces denticules sont ornés de volutes gravées aux replis si nombreux qu’on les prend tout d’abord pour des cercles concentriques. La tentation d’Adam et d’Éve , des animaux fantastiques à la tête et aux membres grossièrement équarris , des feuilles épaisses figurent comme décoration sur les corbeilles.
La nef est recouverte de trois travées voûtées en croisées d’ogives lors d’une restauration moderne. Elle s’appuie au sud sur un bas-côté de deux travées dont les voûtes en étoile doivent dater du xvie siècle. J’attribue le sanctuaire au commencement du xie.
On a trouvé des cercueils en pierre dans le cimetière qui entoure l’église.
Église ancienne de Saint - Sylvestre.— L’archivol te de la porte, qui est située au midi, est ornée d’un bandeau chargé de croix étoilées. Deux colonnettes sont établies dans les jambages. L’unique décoration de leurs chapiteaux, qui sont cubiques, consiste en des faisceaux de layures parallèles.
Les voûtes en berceau de la nef sont modernes ; celle de l’abside est, je crois, ancienne.
Ce petit édifice est construit mi -partie en pierre et en brique.
Église paroissiale de Saint-Pierre de Caubeyres. — Longueur totale , 15m 40 ; largeur au sanctuaire , 5 m 50 ; largeur à la nef, 5m 70.
Cette église offre exactement la simple structure des oratoires antiques tels qu’ils sont figurés sur le plan du monastère de Saint - Gall : line eella terminée par une abside. Deux fûts de colonnes -dosserets cons-
DE L’AGENAIS
tituent toute la séparation de la nef et du sanctuaire. Une légère différence de largeur qui existe entre ces deux parties de l’édifice ne provient que d’un vice de construction.
Cette église était destinée à ê tre voûtée , car elle es t partout munie de contre - forts , et ses murs, d’une grande épaisseur, sont construits en beaux matériaux. Aujourd’hui une simple toiture la recouvre.
Une fenêtre étroite , ouverte au centre du rond-point, n’a pas été remaniée. Le contre -fort placé sur ce point s’amortit avant d’atteindre le niveau de cette baie.
L’église de Caubeyres complètement dépourvue d’ornementation, date probablement du xie siècle.
ÉGLISE PAROISSIALE DE NOTRE-DAME DE PlNEL. (Hauterive.) — Cette petite église se distingue des autres en ce qu’elle n’a pas de travée de choeur. L’abside, à peine plus large que la nef, est simplement délimitée par deux dosserets plats.
Deux travées gothiques ont été ouvertes en brèche à droite. Elles ont le style du xve siècle. Le vaisseau roman n’est pas voûté.
Le portail, de grandes proportions et bien conservé, est ouvert au midi. Sa décoration consiste en allant de l’intrados à l’extrados : 1° en un bandeau chanfreiné chargé d’enroulements ; 2° en deux gros tores ; 3° en un bandeau décoré. de trois rangs de billettes. Deux colonnettes aux chapiteaux ornés de longues feuilles sont établies dans les montante.
Église paroissiale de Saint-Just de Renautou (Hautefage.) • — Le sanctuaire seul date de l’époque romane. Il est voûté en berceau plein cintre et en culde-four. Le chœur , formant une travée très-courte » est séparé de l’abside par de gros dosserets rectangulaires qui portent un doubleau. Les supports de l’arc
triomphal sont de vrais murs de refend. L’entrée du sanctuaire est fort étroite, ce gui constitue un caractère commun à quelques églises des plus anciennes.
Un simple bandeau chanfreiné parcourt tout le sanctuaire à la naissance des cintres des arcs et des voûtes.
Les murs , d’une épaisseur considérable , dépourvus de contre -forts, sont élevés d’un étage de façon à constituer un clocher au-dessus de l’abside.
Les deux nefs de l’église sont de la dernière époque gothique.
Église paroissiale de Saint - Saturnin de Sos. —
L’antique capitale des Sotiates, à l’embranchement de deux voies romaines , devait être embellie par un grand nombre de monuments qui ont complètement disparu.
L’église paroissiale a quelques parties romanes , une abside semi - circulaire qui ne mesure pas moins de 12 mètres de largeur , une porte à double archivolte avec chapiteaux historiés.
On remarque au-dessous du chœur, à droite , une large arcade dont les colonnes ont des proportions monstrueuses. C’était sans doute l’archivolte d’un croisillon. Le clocher, qui consiste en une tour carrée hors œuvre , à droite , a des cordons de l’époque romane au rez-de-chaussée.
La nef , plus étroite que l’abside est sans caractère. C’est un ensemble de raccords. D’ailleurs tout l’édifice a beaucoup souffert. Il est simplement lambrissé. On travaille actuellement à le remplacer par une église neuve.
Un chapitre fut rattaché k cette église, vers la fin du xie siècle * .
Hist. rel. ctmonum. t. i. , p. 285.
DE L’AGENAIS
Église de Saint-Pierre Cazeaux-lès-Laplume, Prieuré en 1604. — Une vaste église , actuellement abandonnée s’élève au centre du cimetière de Laplume. On ne possède aucun document sur la fondation de cet édifice isolé qui appartient à deux époques.
Un portail roman , du xie siècle est ouvert dans la façade occidentale. Deux colonnettes aux chapiteaux historiés supportent l’archivolte ornée de hillettes. Un bandeau , décoré de damiers correspond aux moulures des tailloirs. Au-dessus du cintre règne une corniche soutenue par six modifions historiés. On remarque parmi les métopes une pierre qui représente une roue mystique.
Cette porte n’a pas de tympan , mais son ouverture est rétrécie par une arcade basse dont les jambages sont en retraite. A gauche de la façade , un massif de mur , en avancement , était couronné par deux arcades dont il ne reste que les pieds-droits. Ces arcades sans doute destinées à abriter les cloches, devaient s’élever au-dessus du pignon central.
Le corps de l’église est du xive siècle. Il se compose d’une grande cella terminée par un chevet à trois pans ou plutôt à cinq , parce qu’il commençait dans le prolongement des murs de la nef.
Des demi - colonnes engagées déterminent les divisions de trois grandes travées carrées. Il est probable que la voûte n’a jamais été construite ; mais les formerets engagés dans les murs et les sommiers des arcs nous révèlent toutes les dispositions du plan. La voûte du chevet devait être formée de six triangles dont les compartiments auraient été surhaussés à la hauteur des clefs de voûte.
Dans chaque travée s’ouvre une haute fenêtre, très étroite, s’amortissant à l’extérieur sous un linteau carré , à l’intérieur sous un arc surbaissé.
Les contre - forts longs et larges se terminent par un ressaut.
Le pavé de l’église est composé d’un certain nombre de pierres tumulaires dont aucune n’est fort ancienne. On remarque une petite auge de marbre blanc, rectangulaire et de forme évasée, qui est aujourd’hui sans support, mais qui devait autrefois servir de bénitier.
Église paroissiale de Saint-Félix de Montesquieu. — Il ne subsiste de l’époque romane que le sanctuaire dont le chœur, voûté en berceau plein cintre , est séparé de l’abside par des colonnes - dosserets portant un doubleau.
Sept arcades sur pilastres s’enfoncent profondément dans les murs dont l’épaisseur est considérable. Les quatre arcades de la travée du chœur ont leurs archivoltes supérieures et leurs tympans ornés de billettes creuses.
L’arc triomphal est représenté par une arcade trèsbasse en tiers-point, qui a pour appui des pans de murs. L’existence d’un clocher à deux arcades audessus de cet arc explique cette construction massive. En se plaçant dans la nef, il n’est pas possible de voir les voûtes du chœur.
Le style des chapiteaux de l’abside décorés de feuilles est celui de la fin du xie siècle.
A l’extérieur , le sanctuaire est couronné par des modifions composés de grosses moulures et de dessins géométriques. Les métopes ont à leurs bases des ouvertures cintrées analogues pour la forme et les dimensions à celles qu’on ménage dans les toits des colombiers.
Église paroissiale de Saint -Sardos , chapelle de 'prieuré en 1520. — Une salle rectangulaire de 23 m 40 de longueur sur 10 de largeur , coupée en deux par un portique de quatre piliers : voilà tout ce qui reste d’une vaste église qui avait autrefois trois absides
DE L’AGENATS.
dont on a découvert les fondations. Ces mines et d’autres toutes voisines attestent l’importance de l’ancien prieuré autour duquel s’éleva plus tard la bastide de Saint -Sardos * .
Le portail est la partie la plus remarquable qui reste de ce monument. Il est ouvert sur le côté nord de l’église dans une tour flanquante à deux étages , sur plan rectangulaire , qui constitue le clocher.
Quatre colonnes, sans bases, mais dont les fûts portent sur de hauts stylobates, décorent les montants en retraite. Un des chapiteaux est orné de feuillages, les trois autres sont historiés. Ils représentent des monstres fantastiques enlacés ou par couples à une seule tête.
La tentation du paradis terrestre est figurée d’une façon fort originale. Ève prend une pomme dans les griffes d’un dragon et tend l’autre main vers Adam. La même scène est répétée sur un chapiteau à l’intérieur de l’église.
Quatre tores séparés par des gorges composent les archivoltes plein cintre. Un bandeau chargé de palmettes correspond aux abaques.
Le tympan est formé d’un linteau fort large au centre duquel s’appuie une pierre qui remonte jusqu’aux clefs des cintres. Ces deux pierres figurant un T renversé, sont chargées d’entrelacs variés et de rinceaux. Restent deux triangles. Ils ont été décorés
* La bastide fut détruite de fond en comble par les Anglais en 1323. Ce fut la cause d’une rupture entre la France et l’Angleterre. Voir la narration de cet important épisode dans un mémoire de Bréquigny sur les différends entre la France et l’Angleterre sous le régné de Charles -le - Bel. — Mémoires de littérature tirés des registres de l' Académie royale des Inscriptions et Belles- Lettres , t. 41 , 1780.
Il est probable que la ruine presque totale de l’église de Saint - Sardos date de 1323.
par de grossières peintures , faites à l’ocre sur la pierre nue , et représentant des oiseaux de la famille des échassiers, becquetant des fleurs placées dans des vases à deux anses. Ces compositions que la tour du clocher protège contre les intempéries des saisons sont certainement fort anciennes.
Toute la sculpture est d’une vigoureuse exécution et d’un fort relief.
On ne peut signaler de curieux à l’intérieur qu’un chapiteau représentant deux cavaliers aux chevaux affrontés. Ces personnages, ainsi que leurs montures, sont malheureusement fort mutilés. Ils auraient offert un curieux sujet d'étude. C’est peut-être une variante du cavalier énigmatique placé généralement sur les façades, à propos duquel on a tant disserté *.
Là , pas d’ennemi terrassé. Les deux champions sont évidemment dans l’attitude de la lutte.
La partie nord de l’édifice ne paraît être que le bas-côté de l’ancienne église à trois nefs. Trois travées de voûtes en ogives , paraissent appartenir à la fin de la période gothique. Le mur de clôture au sud est moderne. Les portions en style roman que
* M. l’abbé Grasilier a cru découvrir dans une charte du xii" siècle la signification du cavalier jadis représenté sur un basrelief de la façade de l’église de Saintes. Ce cavalier serait Constantin. ( Revue des sociétés savantes , iv* série , t. ix , p. 344. ) Néanmoins on est loin de convenir que cette attribution soit applicable à tous les sujets de ce genre , qui ont été étudiés sur les points les plus éloignés de la France. D’après M. Quicherat , dans les bas-reliefs de la Guienne les attributs des personnages sont tout différents.
M. Louis Audiat , qui vient de publier un nouveau mémoire sur la question, conteste même l’interprétation du texte produit par M. l’abbé Grasilier. ( Voir Congres archéologique de France , 1872, p. 317- 344.) M. Georges Musset dans un article publié dans la Revue archéologique, t. 2G , p. 345, démontre au contraire que rien ne s’oppose à cette assimilation.
DE L’AGENAIS
j’ai décrites appartiennent au commencement du xna siècle.