‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 54 sur 81 · ÉGLISES A UNE NEF , POURVUES D UN TRANSEPT · texte numérisé non relu

ÉGLISES A UNE NEF , POURVUES D UN TRANSEPT

Sain! «Hilaire , — - Lamaurelle , — Lusignan-le-Grand , Lagarrigue , — Goux , — Lausseignan ,

Saint - Pastour , — Pujols.

Les églises de ce groupe sont toutes postérieures au xiir siècle. Leur chevet est généralement pentagone, et ses contre- forts font face aux angles de la construction.

Les voûtes , en grandes croisées d’ogives ou en étoile sont légèrement surhaussées. Elles ont même hauteur sous clefs dans tout le vaisseau principal. Les voûtes d’ogives des croisillons sont moins élevées. La communication avec les bras du transept a lieu par des arcades basses au tiers -point obtus , comme percées en brèche.

Selon que la nef se compose d’une ou de plusieurs travées (sans compter celle qui correspond au transept) le plan général représente une croix grecque ou une croix latine.

Les doubleaux sont ordinairement épais et creusés de moulures curvilignes. Au contraire les arcs transversaux sont minces et revêtus de moulures prismastiques qui pénètrent les supports.

Je vais citer sept églises construites sur les points les plus divers du département , qui répondent exactement à cette description générale. Je connais d’autres édifices que je pourrais à la rigueur faire rentrer dans ce groupe. Les uns sont inachevés , les autres présentent de légères variantes. Leur mention offrirait peu d’intérêt. Les quelques notes qui suivent prouveront d’une manière suffisante que le plan que je viens de retracer sommairement fut très -usité dans l’Agenais du xive siècle au xvne.

ÉgliseT paroissiale de Saint- Hil aire. — Les croisillons sont établis sur des plans rectangulaires , en sorte que les petites croisées d’ogives sont tournées dans le sens longitudinal.

La nef proprement dite a deux travées. Celle du fond est un peu plus large que l’autre. Ses voûtes ont été remaniées à l’époque moderne, ainsi que le clocher quadrangulaire , racheté en octogone, qui la surmonte.

L’escalier du clocher est actuellement dans une tourelle flanquante. Autrefois la communication était établie par une galerie ménagée dans l’intérieur d’un mur de clôture.

Il y a quelques jolies clefs de voûte et des consoles décorées de feuilles délicatement sculptées.

Une partie de l’église est construite en petit appareil , matériaux empruntés sans doute à des ruines. Au sud, on peut voir une petite portion de soubassement qui paraît antique.

Église de Saint - Martin de Lamaurelle ( Dolmayrac). — • Construit d’un seul jet, ce petit édifice ne paraît avoir subi aucun remaniement. Sa nef n’a qu’une

DE L’AGENAIS

travée : ainsi le plan reproduit exactement une croix grecque.

Un clocher-arcade est élevé sur la façade occidentale ; il est complété par l’exhaussement des murs latéraux.

C’est, en somme, une petite tour ouverte d’un côté.

Les moulures ont le style du xve siècle.

Lusignan -le -Grand. — J’ai déjà décrit la partie romane de cette église. Les voûtes gothiques de la nef et l’addition du bras du transept ont donné à ce petit édifice tous les caractères des églises du groupe.

Le croisillon de gauche est recouvert par une voûte en étoile.

Une croisée d’ogive transversale remplit une petite travée qui précède le choeur.

Le plan, dans son ensemble, reproduit la croix grecque , car la nef est composée d’une seule travée.

A l’époque de la dernière transformation , on a construit au-dessus du chœur un étage fortifié. Les murs de cette salle sont percés de dix meurtrières appropriées à l’usage des armes à feu.

Sur l’extrados de l’arc triomphal m’élève une sorte de clocher, composé de trois murs et d’un appentis.

ÉGLISE PAROISSIALE DE NOTRE-DAME DE LaGARRIGUE. — Sa date est certaine : le millésime 1559 est gravé sur la clef de voûte principale de la première travée.

La couverture du chevet est soutenue par un réseau d’arcs unis par sept clefs. Les trois premières travées de la nef sont recouvertes par des voûtes en étoile ; celle du fond par une simple croisée d’ogives , ainsi que les croisillons. Des demi- colonnes composent les dosserets qui divisent les travées.

Une tour rectangulaire, ayant un étage de baies en plein cintre , surmonte la façade occidentale.

■ Église de Goux, (Aiguillon). — Voisine de la précé-

dente, elle est construite sur un plan analogue. Sa nef n’a que trois travées dont les deux premières sont recouvertes par de grandes croisées d’ogives, tandis que la dernière n’a qu’une petite croisée. Le transept est incomplet. Il n’existe qu’un seul croisillon à gauche.

Église de Saint Jean -Baptiste de Lausseignan, ( Lavardac ). — Vaisseau gothique, dans le style du xve siècle , accolé à une abside romane.

Le carré du transept et la travée unique de la nef sont plus larges que le chœur. Des voûtes en étoile les recouvrent. Les croisillons assez étroits ont reçu de simples croisées d’ogives.

Le clocher consiste en une haute tour carrée placée hors de l’œuvre.

Église paroissiale de Saint-Pastour. *— Longueur totale dans œuvre , 21 m 10 ; longueur des bras du transept, 16 mètres ; largeur de l’abside et de la nef, 8 m 70; hauteur des voûtes du grand vaisseau , 10 m 10 ; des croisillons , 5m10.

Cette église est conçue dans des proportions plus justes que les autres. La hauteur relative de ses voûtes lui donne un certain caractère.

L’abside à sept pans ( 8 arcs à la voûte ) est éclairée par de hautes fenêtres garnies de meneaux. La nef n’a qu’une travée. Les croisillons sont plus longs que larges.

Leurs croisées d’ogives sont longitudinales.

Une petite chapelle de deux travées, accolée h l’abside, au midi, communique avec le sanctuaire par une arcade aux montants obliques. Au midi toujours, dans l’aisselle du transept, s’élève une tour rectangulaire haute de 17 m 50. Ce clocher n’a qu’un étage de fenêtres plein cintre.

La porte , placée dans la façade occidentale , est fort remarquable. Elle est divisée par un trumeau qui sou-

DE L’AGENAIS

tient deux arcs plein cintre. La grande archivolte ou arc de décharge est également h plein cintre. Une décoration de torsades , de moulures rondes et de palmes lui est appliquée ainsi qu’aux pieds-droits. Deux bustes malheureusement mutilés ressortent dans le tympan. Cette porte a le style de la Renaissance. A l’intérieur de l’église , on retrouve comme motifs de décoration pour les minces bandeaux qui couronnent les colonnettes, des palmes et des feuilles de laurier du même style. L’édifice tout entier doit dater de la seconde moitié du xvie siècle.

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT - NICOLAS DE PUJOLS. — Le vaisseau dont les proportions sont assez vastes, est. tout entier recouvert par des voûtes en étoile. La nef a quatre travées, y compris celle qui sépare les croisillons. Les moulures prismatiques des arcs pénètrent les dosserets au profil pentagone.

Cet édifice jouait son rôle dans l’ensemble des fortifications redoutables qui défendaient Pujols. Le clocher qui consiste en une tour carrée massive et qui est accolé à l’extrémité occidentale de la nef, protège une porte de ville. Son rez-de-chaussée , voûté en berceau, est sans communication directe avec l’intérieur de l’église.

Page 1