‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 8 sur 81 · PL VIL · texte numérisé non relu

PL VIL

Échelle à Om.0025

DE L’AGENAIS

La chapelle de la Vierge, placée au centre, est plus large que les autres, mais néanmoins construite sur le même modèle.

Quatre énormes piliers carrés , en avancement sur les murs de clôture de l’abside et de la nef, délimitent le carré du transept. Des arcs massifs sans retraite, à courbe brisée , de toute la largeur des points d’appui, font de cette travée une véritable copie de celles de Saint-Front. Sur chaque face des piliers, une fausse arcade en placage , reposant sur des demi - colonnes rappelle les galeries pratiquées dans les supports de l’abbatiale de Périgueux. Trois escaliers , l’un aboutissant à la chaire, les deux autres correspondant avec la toiture, ne laissaient pas la faculté d’évider à leur base les piliers du transept de Saint-Caprais.

La description que je viens de donner permet déjà de saisir la pensée du premier architecte qui devait élever sur cette travée une coupole sur pendentifs.

Les croisillons sont assez courts. Au nord, trois fenêtres hautes , à plein cintre , et sur le même plan , s’ouvrent par un large ébrasement dans le mur de clôture. Des arcades sur pilastres qui surmontent ces fenêtres offrent une courbe brisée. Le tiers-point est également employé dans les archivoltes doubles des deux absidioles placées à l’orient du transept.

Pour en finir avec la description de ces chapelles, j’ajouterai qu’elles se rapprochent assez de celles du sanctuaire. Elles ont seulement un peu plus de largeur, et leurs hémicycles sont précédés d’une travée. Ces absidioles , qui ont une^eeinture d’arcades extradossées sur colonnes, ne peuvent pas avoir, comme les autres , trois ouvertures symboliques , car elles sont accolées au chœur avec lequel elles communiquent par des sortes d’arcades basses ou de portes. Une seule fenêtre leur verse une lumière insuffisante.

Avant même qu’on ait entrepris le second étage du transept , dans l’intervalle de temps assez court

qui s’écoula entre cette construction toujours romane et celle de l’abside , nous voyons donc une modification s’introduire : la brisure des arcades extradossées du transept et des archivoltes de ses chapelles. Le sanctuaire et le premier étage du transept de l’église de Saint - Caprais paraissent dater de la seconde moitié du xne siècle.

De nouveaux retards amenèrent de plus grandes disparates. Les travaux furent suspendus pendant une période qu’on peut évaluer à cinquante ans environ. C’était assez pour faire modifier la construction et le style des étages supérieurs et des voûtes du transept. Dans le croisillon nord on superposa aux arcades romanes un triforium gothique composé d’arcatures géminées sans tympans. Ces arcs minces et ajourés sont décorés de crochets ou plutôt d’enroulements de feuilles. Au-dessus du triforium , trois fenêtres du même style, abritées sous un arc de décharge, déterminèrent un troisième étage. La baie du centre est plus large que les deux autres.

Il y eut encore de plus grandes modifications dans la construction des voûtes. Au xme siècle les croisées d’ogives remplaçaient partout les coupoles. Pour recouvrir le carré du transept on éleva des arcs dont les sommiers furent pris sur les angles des piliers, aux points primitivement réservés aux bases des pendentifs. La clef de ces arcs fut élevée au-dessus des clefs des quatre grands doubleaux. Ainsi les ogives sont à cintre brisé et déterminent quatre arêtes principales d’une sorte de coupole en huit triangles. Cette forme particulière de la grande croisée d’ogives se retrouve, comme je l’ai déjà dit, dans toutes les provinces oû s’est fait ressentir l’influence byzantine. C’est une sorte de compromis, le résultat de la combinaison de deux procédés différents.

Sans nul doute, d’après le premier projet, les croisillons devaient être recouverts par des voûtes en

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