‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 7 sur 81 · MOTIFS D’ORNEMENTATION DES ABAQUES · texte numérisé non relu

MOTIFS D’ORNEMENTATION DES ABAQUES

DE L’AGENAIS

Au rebours de la méthode que l’on suit généralement pour la description des églises, je termine cette notice par l’étude du portail qui est situé dans le croisillon de droite. Construit en pierres friables , il a beaucoup souffert des injures du temps. Il s’ouvre par de nombreuses retraites. L’une de ses archivoltes est décorée d’une course de feuillage ; une autre représente une file d’animaux et de personnages, les uns saisissant les autres dans des scènes opposées. Ce portail n’a pas de tympan et ses arcs sont en plein cintre.

On peut voir une vue extérieure de l’église du Mas dans Y Histoire religieuse et monumentale de M. l’abbé Barrère * et la reproduction d’un chapiteau dans le Dictionnaire de M. Yiollet-le-Duc **.

Comme je ne donne pas de coupe de l’église, j’indiquerai simplement les diverses mesures de hauteur dans oeuvre.

Voûtes: du chœur, 13 m 50; du transept, 16 m 50 ; de la grande nef, 11 m 60; des bas-côtés, 8m 60.

J’aurais pu décrire dans ce premier chapitre la belle église de Mézin; mais toute l.a partie romane de cet édifice : abside , transept , absidioles , vient d’être complètement rasée sous prétexte de restauration.

Les trois nefs qui subsistent encore sont gothiques. Je les décrirai à part tout en reproduisant le plan complet de l’église et les notes que j’avais prises avant la démolition.

** T. vm, p. 195.

ÉGLISES A UNE NEF POURVUES DUNE GRANDE ABSIDE ET D’UN TRANSEPT DANS LES CROISILLONS DUQUEL SOUVRENT DES ABSIDIOLES ORIENTÉES.

Saint - Caprais d’Agen , — Layrac , — Cuzorn , Saint -Front , — Gaumont , — Sainte - Livrade.

ÉGLISE DE SaINT-CaPRAIS , ANCIENNE COLLÉGIALE , aujourd’hui cathédrale d’Agen * **. — Ce monument est celui de tout l’Agenais qu’on a le plus étudié , surtout au point de vue du style et du symbolisme *\

Ces travaux simplifient ma tâche. Pour éviter les redites, je m’attacherai principalement à faire ressortir les caractères de l’œuvre des architectes , à préciser les modifications apportées au plan primitif.

* Extrait d’une notice publiée dans le Bulletin monumental, 1873, t. xxxix, p. 367.

** MM. de Gaumont, Viollet-le-Duc, Didron , Crosnier l’ont cité dans leurs ouvrages. M. l’abbé Barrère l’a décrit assez longuement, en précisant les dates des constructions successives, en interprétant les sujets historiés. Hist. rel. etmonum. t. i, p. 227 et t. n, p. 167.

DE L’AGENAIS

On sait, grâce à l’ouvrage si connu de M. F. de Verneilh *, quelle fut la dégénérescence des types de l’école byzantine; comment de la croix grecque de Saint- Front et de la nef barlongue à travées carrées et à chevet plat de l’ancienne cathédrale Saint-Étienne de Périgueux , on aboutit à des églises en crbix latine , sans bas-côtés, pourvues d’absidioles. On connaît également les transformations des voûtes dans les monuments de ce groupe. À la coupole sur pendentifs, qui est d’abord caractéristique , se substitue en son temps la grande cîoisée d’ogives surhaussée qui révèle encore son origine. On a pu discuter, il est vrai, sur la dénomination de byzantine donnée à ce genre d’architecture, sur le nombre et la nature des emprunts faits à l’orient et à l’Italie, sur l’habileté plus ou moins grande des copistes, soit pour la construction, soit pour le style. On a pu varier sur les limites qu’il convient d’assigner à ce groupe d’églises si bien caractérisé : il n’en reste pas moins démontré que Périgueux fut le centre ou, si l’on veut, le point de départ d’une école d’architecture longtemps originale et reconnaissable jusque dans sa décadence. Ainsi l’ouvrage de M. de Verneilh, qui n’a pas vieilli comme tant d’autres livres d’archéologie, donne la clef de bien des énigmes à qui veut étudier sérieusement les grandes églises construites de l’an mil au xive siècle , dans ce vaste rayon qui s’étend de l’Anjou jusqu’à la Guyenne, de la Loire à la Garonne, ou même au-delà jusqu’aux Pyrénées , comme j’essaierai de le prouver tout à l’heure.

Après avoir rappelé des données acquises à la science, il me sera facile, en décrivant la cathédrale d’Agen, de la rattacher au groupe des églises byzantines.

* L'architecture byzantine en France , in-4°, Paris, Victor Didran,

Si le même siècle avait posé la première pierre et le couronnement de cette église, elle nous offrirait, sans nul doute, une copie à peu près intermédiaire entre les églises de Souillac en Quercy et de Solignac en Limousin, c’est-à-dire : une nef voûtée en série de cou" pôles; un transept large et court, avec des chapelles à l’orient de chaque croisillon , avec une coupole sur le carré ; une abside large et surhaussée, entourée de trois absidioles. Mais il n’y a pas eu d’unité de .construction dans l’église de Saint-Caprais ; il n’y a pas de coupoles. On a bien établi les hases des voûtes de ce genre dans les dosserets et dans les archivoltes ; seulement l’œuvre a été interrompue, et plus tard, en l’achevant, les architectes du xme et du xive siècle l’ont modifiée suivant les règles alors en usage.

L’abside de Saint-Caprais s’unit au transept par une travée de chœur voûtée en berceau brisé , qu’un doubleau sépare du cul-de-four ovoïde. Dans le rond-point six colonnes -dosserets portent sur leurs abaques des colonnettes qui servent de supports à de petits arcs formés de simples tores, lesquels se réunissent à un centre commun dépourvu de clef. Ce ne sont là que des simulacres d’arcs en décharge. On peut comparer cette innovation ou plutôt cette imitation peu rationnelle aux procédés adoptés dans le nord pour la construction des premières églises gothiques. En effet, dans les édifices de la fin du xne siècle , les colonnettes qui correspondent aux arcs sont interrompues à la hauteur des tailloirs des gros piliers et fréquemment les arcs n’ont pas de clef.

Des arcades extradossées , étendues entre les colonnes, surmontent alternativement les hautes fenêtres ouvertes dans le mur de l’abside et les archivoltes des trois chapelles rayonnantes. Ces arcades, ces baies, ces archivoltes à double retraite portées sur des colonnes, les trois fenêtres ouvertes dans chaque absidiole sont en plein cintre.

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