La baldosa est une sorte de violon
SABBA D A CASTIGLIONE. 19
autres semblables ; les autres, des luths, des violes, violons, lyres, flûtes, cornets, trompettes, cornemuses, dianonix, trombones et autres. Certes, je recommande cette décoration, parce que les instruments charment les oreilles et récréent les esprits -, comme le dit Platon, ils rappellent l'harmonie qui naît des mouvements des corps célestes. Davantage ils plaisent aux yeux, quand ils sont travaillés avec soin par la main de maîtres excellents et ingénieux, tels que Loren^o de Pavie ou Bastiano de Vérone. »
La plus ancienne collection d'instruments de musique que je connaisse est celle de Jacques Duchié, qui demeurait à Paris, rue des Prouvaires, dans les premières années du xv° siècle. Il avait dans son hôtel, dit Guillebert de Metz 2, « une salle remplie de toutes manières d'instruments, harpes, orgues, vielles, guiternes, psaltérions et autres, desquelz ledit maistre Jacques sçavoit jouer de tous ». Du temps de Ludovic le More, les collections de ce genre étaient très à la mode dans le Milanais. Le duc, grand mélomane comme on sait, il quale molto si dilettava del suono délia lira, fit venir à sa cour Léonard de Vinci pour l'entendre jouer de la lyre, et l'artiste apporta celle qu'il avait fabriquée lui-même : « Elle était d'argent pour une grande partie, et de la forme d'une tête de cheval, chose bizarre et nouvelle, pour donner au son plus d'éclat et déportée3. » C'est encore à Milan que Gafori publie sa Practica musicac (1496) et son Harmonia musicorum instrumentorum, dédiée à Grolier (i5i8).