Collectionneurs de V ancienne Rome
2. Le Louvre possède une reproduction ou un surmoulage en bronze de cette figure.
on en fit la vente avec quelques objets qui n'étaient pas compris dans sa grande collection et qui, par suite, ne sont pas entrés chez le prince Soltykoff. L'Hercule fut adjugé à M. Garrand père, au prix de 3oo francs. Son fils le vendit, quelques années plus tard, au comte de Niewerkerke et celui-ci lui donna la place d'honneur dans son cabinet du Louvre, au milieu de ces reliques du passé qu'il avait choisies une à une avec le goût de l'artiste et la clairvoyance de l'amateur. Après la guerre, le comte vendit sa collection à sir Richard Wallace, et voilà comment l'Hercule de buis est entré dans les galeries d'Hertford-House.
On n'en savait pas davantage. Quant au nom de l'artiste inscrit sur le piédestal, quelques-uns voulaient y voir celui d'un élève de Jean de Bologne, Francesco Mocchi (i 580-1648). Dater un pareil morceau du xviie siècle, l'attribuer à un élève de Jean de Bologne, quel anachronisme! quand toute la statue, depuis le socle jusqu'à la pointe des cheveux, respire la Renaissance la plus pure, à l'aurore du xvie siècle.
Le hasard, ce dieu des bonnes gens qui cherchent, m'a jeté sous les yeux un livre, dont voici le titre : Bernardini Scardeonii, canonici patavini, de antiquitatc urbis Patavii et claris civibns Patavinis libri très. Basileœ, anno MDLX; c'est l'histoire de toutes les illustrations padouanes, depuis l'antiquité jusqu'à la moitié du xvie siècle. Le dernier chapitre traite De claris pictoribas, cœlatoribus, fusoribus et architectis patavinis. On trouve là quelques détails peu connus sur les Padouans de la fin du xve et du commencement du xvie siècle. Le chanoine Bernardino Scardeone n'est pas un grand connaisseur, — on s'en aperçoit de reste