Voy. la Première journée de la Bergerie, de Rémy Bclleau
Jardin » ou le « Château d'en bas », vaste bâtiment dont la masse imposante et les sculptures délicates rappellent encore la puissance et le goût du premier duc de Guise l.
Edmond du Boullay, roy d'armes de Lorraine, a décrit par le menu « le très excellent enterrement de très hault et très illustre prince Claude de Lorraine, etc.2 ». Les obsèques furent semi-royales; l'effigie « qui représentoit le feu prince jusqu'à n'y rester que la vie », était placée sur un lit d'honneur recouvert de trois draps, « l'un de fine toile de Hollande, le second de velours noir paré d'hermine mouchetée, le troisième de drap d'or frisé et diapré ». Le corps, vêtu d'une « fort riche chemise de toile de lin excellemment ouvrée », avec un « pourpoint de satin gris et des chausses de même couleur », portait une « petite saie de satin cramoisy » et des « bottines de drap d'or avec revers de satin cramoisy broché ». Sa robe était de « drap d'or frisé diapré, les manches venant jusqu'aux coudes ». Par-dessus « fut mis son grand manteau de duc, fils de roi, et de pair de France, de velours cramoisy violet, fourré d'hermine, avec une agrafe d'or, où il y avoit pour plus de trois mille escus de pierreries ». Les mains étaient jointes et « les doigts enrichis, par-dessus les gants, de riches bagues et pierreries très excellentes de la valeur de quatre mille escus ». La couronne ducale, faite d'un cercle d'or avec fleurons et boutons perlés, était enrichie de « pierreries et estimée valoir quatre-vingt mille escus ».
1. Le Château d'en bas et les jardins furent incendiés et dévastés par les Impériaux, en 1544. On trouvera dans les Mémoires de la Société archéologique de Langres, tome Ier, une notice étendue de M. Feriel sur le Grand Jardin, accompagnée d'une lithographie.