‹ Études sur l'art et la curiositéChapitre 9 sur 56 · Rie, i · texte numérisé non relu

Rie, i

SABBA D A CASTIGLIONE. 17

sa jeunesse, dans ses souvenirs du passé, « quand il pratiquait les cours ». Le sujet de son Ricordo luifournit l'occasion de dire un mot sur les artistes qu'il a connus jadis et, par le fait, son livre, dont il préparait les matériaux depuis longtemps, nous reporte aux premières années du xvie siècle.

Sabba n'est pas un écrivain, il lésait et ne s'en cache pas. « Je suis Lombard, dit-il dans sa préface, et je parle lombard. Ma langue n'a ni la légèreté, ni la grâce, ni la délicatesse du toscan; mais, telle qu'elle est, je m'en contente1. » Son style est lourd, diffus, plein de répétitions; l'orthographe incorrecte, les phrases interminables, mal ponctuées, sans alinéas, d'une lecture laborieuse. Avec cela beaucoup de bonhomie, de Y humour à Y occasion, une saveur particulière, parfois de l'émotion, une chaleur communicative qui touche à l'éloquence. Écoutez cette tirade sur l'Italie : « Je parle de l'ancienne Italie, dont le nom fameux est encore un objet d'amour, de respect et de terreur; je ne parle pas de la misérable Italie moderne qui n'est que l'ombre de l'autre, qui n'a gardé de l'Italie que le nom, qui n'est qu'une proie jetée à l'univers, une vile chouette plumée par le premier oiseau venu, une fille effrontée, une infâme courtisane, l'opprobre des nations, jadis la reine du monde par ses vertus, aujourd'hui l'esclave des plus vils par ses vices. O puissance, ô force, ô violence de la sainte vérité, que d'infamies tu m'obliges à dire à ma chère patrie, mon doux nid, où je suis né, où j'ai reposé, où j'ai grandi! Pardonne-moi, douce patrie, sois patiente; la vérité est plus forte que l'affection,

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