Denys d'Halicarnasse, Lysias, I
plus vifs à l'indignation et à la pitié. Mais tout cela est contenu et enchaîné à une forme brève; jamais de grands élans, jamais de mouvements prolongés, jamais cette abondance et ces effusions par lesquelles semble se soulager la passion qui ne se maîtrise plus elle-même. Quel contraste avec les grandes péroraisons des plaidoyers romains, avec ces accumulations d'expressions passionnées, avec ces cris de colère ou de douleur, ces imprécations ardentes, ces larmes et ces supplications dont les hardiesses de l'action venaient encore augmenter l'effet !
Mais il serait injuste de faire supporter à Lysias tout le poids de ce parallèle avec les orateurs romains ; car on touche ici à une question qui intéresse toute l'éloquence athénienne. Rome réclama sur ce point la supériorité : « Nous l'emportons dans le pathétique, » dit Quintilien i en comparant Démosthène et Cicéron. Sans discuter ici la valeur de cette prétention, remarquons qu'il y avait moins à constater du côté des Grecs une infériorité de puissance qu'une différence de goût et d'habitudes. En général, ils s'abandonnèrent beaucoup moins que les Romains aux amplifications pathétiques. L'éloquence de Démosthène peut se définir la raison passionnée : l'émotion n'est jamais chez lui déta-
1. Salibus certe, et commiseratione, qui duo plurimum affectus valent, vincimus. (Quintil., X, i, 107.)
chée du corps même du discours, ni traitée à part comme un lieu commun ; mais, liée à l'argumentation, elle n'en arrête pas la marche rapide. Dans les péroraisons en particulier, auxquelles Quintilien faisait surtout allusion, loin de voir une occasion de s'élancer hors de la cause pour éblouir et toucher davantage, les orateurs athéniens semblent au contraire se concentrer et se borner à présenter une dernière fois avec fermeté les principales idées de leur discours; il leur arrive même, dans les causes importantes, de contenir leur émotion personnelle, comme s'ils voulaient faire succéder aux agitations de la lutte une sorte de recueillement, et laisser dans l'esprit des juges auxquels sont confiés leurs intérêts, une impression grave et solennelle. Telle est lintention de ces invocations par lesquelles Eschine finit son plaidoyer sur la Couronne; telle est celle de la belle prière qui termine la défense de Démosthène.
Il semble qu'une idée religieuse ait jusqu'à un certain point commandé aux avocats cette sobriété dans l'emploi du pathétique ; une loi spéciale la leur imposa i : défiance singulière qui n'était qu'un
1. Actor movere afïectus vetabatur. (Quiutil., II, xvi, 4.) — Athenis affectus movere etiam per praconem prohibebatur orator. (Id., IV, i, 7.) — Et fortasse epilogos (Demostheni) raos civitatis abstulerit. ,'/</., X, i, 82.) — Voyez aussi un passage (XII, x, 26) où Quintilien exprime la même idée par les mots « lege civitatis. »
hommage rendu au pouvoir de l'éloquence par la ville qui le connut le mieux. Cette loi, inspirée par le même esprit que l'institution de l'Aréopage, pa-f raît avoir influé sur le caractère du genre judiciaire : elle put contribuer à développer le talent d'exposition qui était seul autorisé.
Les avocats étaient d'ailleurs contenus, plus réellement peut être, par un frein que les Romains à leur tour finirent par juger nécessaire pour réprimer les excès d'une abondance intempestive : c'était la clepsydre. Cette habitude de mesurer sévèrement le temps de la parole explique chez les Athéniens le cadre restreint dans lequel se renferment les plaidoyers, surtout quand il s'agit de petites causes, et la nécessité pour l'orateur d'être concis et de ne point s'égarer en dehors de son sujet.
Ces souvenirs nous avertissent que, pour juger Lysias, nous ne pouvons pas rester exclusivement attachés au point de vue moderne ; il serait injuste de lui demander de grands développements pathétiques que ne lui permettaient pas les institutions de son pays, et auxquels du reste ne prêtaient guère les causes toutes civiles et souvent peu importantes qu'il eut surtout à plaider. Rappelonsnous aussi qu'à l'époque où se forma son talent, Athènes , sous une influence toute littéraire , se préoccupait principalement delà forme. La passion
était absente chez les sophistes, et cependant leur succès était très-grand. Dans un pareil moment, c'était assurément beaucoup que de ramener la forme oratoire à de bons principes et d'en déterminer le vrai caractère. Ce fut en partie le mérite de Lysias.
Toutefois, ces qualités de la sobriété et de la concision ne devaient point exclure la vigueur et la passion des chefs-d'œuvre de l'éloquence attique. Il n'est besoin, pour le prouver, que de citer le nom de Démosthène, sans insister, comme l'a fait Denys d'Halicarnasse, sur un parallèle trop défavorable à Lysias. Toute discussion sur ce point est impossible ; qu'il nous suffise de le remarquer. Il est moins intéressant pour nous de rechercher quels furent les défauts de Lysias que de reconnaître les qualités qui les compensèrent au jugement des Athéniens, et de définir le caractère de son talent. Or l'impression qui résulte de la lecture de ses plaidoyers, c'est qu'en général il repoussa les moyens ambitieux ou faux, et qu'il dut ses éclatants succès à ce qu'il prit pour point de départ la vérité : j'entends ce mot dans un sens littéraire. Ce principe produisit dans l'expression des sentiments, et dans ce que les rhétoriques appellent les mœurs, la vraisemblance ; dans le style, une sorte de simplicité et de franchise qui faisait de la langue la fidèle interprète de la pensée. Ce
fut là comme le fond sur lequel se développèrent les autres qualités de son éloquence.
La vie de Lysias, si l'on accepte la tradition ordinaire, offre le remarquable exemple d'un homme qui, déjà loin de la jeunesse et depuis longtemps illustre, renonce tout à coup aux principes qui l'ont dirigé depuis son enfance et qui ont fait sa réputation, pour s'attacher à des principes opposés qu'il croit meilleurs et dont en effet l'application est devenue son titre à l'admiration de la postérité. Habitant la colonie de Thurium depuis l'âge de quinze ans, il y pratique jusqu'à quarante-sept ans la tradition de la rhétorique sicilienne, qu'il a recueillie de la bouche même de Tisias, et c'est seulement à cette époque qu'une révolution politique le ramène à Athènes. D'abord il y reste fidèle aux habitudes déjà si anciennes de son talent et gagne ainsi les suffrages des Athéniens ; enfin, à cinquante ans passés, il change de système, et ce changement va jusqu'à nier l'existence de l'art dont il avait si longtemps vanté la puissance *. Dé-
1. Cicéron, d'après l'autorité d'Aristote, dit de Lysias [Brut., XII) : « Nam Lysiam primo profiteri solitum artem esse diccndi; deinde, quod ïheodorus esset in arte sub-
sormais il prétend que «. la rhétorique est chose d'expérience et non pas de théorie J, » et sa longue carrière lui permettra de soutenir ces nouvelles idées par les nombreux modèles qu'il léguera à ses successeurs.
L'importance de ce fait, non -seulement dans la vie de Lysias, mais dans l'histoire générale de l'éloquence attique, n'a pas échappé à la sagacité d'Otfried Muller2 ; mais il en a hasardé une explication toute conjecturale. Il attribue cette conversion de l'orateur athénien à l'influence salutaire d'une douleur véritable inspirée par la piété fraternelle : le désir de venger son frère Polémarque, mort victime de la tyrannie des Trente, lui fit trouver dans le plaidoyer qu'il lui fut permis de prononcer luimême contre Ératosthène, la langue naturelle et vivante que l'éloquence attendait encore, et il dit adieu pour toujours aux procédés artificiels et aux vides déclamations des sophistes. Cette révélation du sentiment et cette métamorphose dramatique ont quelque chose d'intéressant, mais manquent de vraisemblance. Le discours contre Ératosthène était habilement conçu, et il décida très- probablement
tilior, in orationibus autem jejunior, orationes eum scribcre aliis cœpisse, artem removisse. »
1. « Rlietoricen observationem quamdam esse, non artem. » (Quintil. , Institut, orat., II, xvn, G.)
2. Olfr. Muller, Histoire de la littérature grecque, chap. 3j.
la condamnation de l'accusé ; il offre les principales qualités de Lysias; mais, bien qu'il fût propre à produire les émotions les plus favorables à la cause, on y chercherait vainement l'inspiration ardente et spontanée de la passion. On y trouve même, en particulier dans l'exorde, quelques traces de la manière des sophistes.
Ce qui a pu conduire Otfried Muller à l'hypothèse qui l'a séduit, c'est qu'en effet Lysias semble avoir adopté son nouveau système vers le temps de la tyrannie des Trente. Les discours les plus authentiques qui nous restent sous son nom sont tous postérieurs à cette époque, et l'accusation contre Ératosthène ne put être prononcée qu'immédiatement après la révolution accomplie par Thrasybule. Or Aristote, cité par Cicéron, nous montre Lysias commençant la pratique de l'éloquence judiciaire au moment où il abandonne ses anciennes doctrines.
Il faut chercher les causes réelles du changement que subit le talent de Lysias, dans la nature même des ouvrages qu'il se mit à composer et dans le caractère des juges auxquels il les destina. Quelles étaient, en effet, les conditions imposées à ces plaidoyers civils dont la loi resserrait sévèrement l'étendue et que leur auteur ne composait pas en son nom et ne devait pas prononcer? Était-il possible d'y déclamer à vide et de perdre en diva-
gâtions un temps si précieux? La cause se suffisait à elle-même et excluait nécessairement tout développement étranger. S'agissait -il, à propos d'intérêts le plus souvent très- ordinaires, de prodiguer les effets de style l<? C'eût été braver imprudemment par un ridicule le bon sens des juges. Les tribunaux n'étaient pas remplis par un public d'école venu pour admirer l'esprit de Lysias, mais par un certain nombre de citoyens pris par la loi dans la masse du peuple pour écouter les plaintes d'un orpbelin dépouillé par ses tuteurs ou d'un homme maltraité par ses ennemis, pour juger un comptable infidèle, un soldat en faute, un mari meurtrier de l'amant de sa femme, en un mot un des mille acteurs du drame de la vie. Nous avons déjà de la peine à nous figurer l'effet de ces plaidoyers d'emprunt récités par les parties elles-mêmes; qu'on suppose chacun de ces personnages, qui présentaient tour à tour au tribunal leurs physionomies si diverses, venant réciter tranquillement, pour obtenir satisfaction d'une offense ou pour défendre sa fortune ou sa vie, une série de dissertations ingénieuses et de froides antithèses, où l'on reconnaît invariablement la plume du même au-
1. Quia et privatas ille (Lysias) plerasque, et eas ipsas aliis, et parvarum rerum causulas scripsit, videtur esse jejunior, quoniam se ipse consulte- ad minutarum gênera causarum limaverit. (Cicer., De optimu gen. orat., III.)
teur : c'est renoncer à toute vraisemblance. Si Lysias, au lieu de s'effacer avec soin au milieu.de ces scènes de la vie réelle, s'était toujours réservé la première place afin de faire briller son talent, l'esprit fin et précis des Athéniens l'aurait puni de cette grossière méprise, et ne lui aurait assurément pas accordé ces nombreuses victoires à côté desquelles, selon Plutarque et Photius, on ne compta que deux défaites. Lysias fut donc ramené à la vérité par les exigences de la pratique.
Les observations qui précèdent montrent quelle importance avaient à Athènes, dans l'éloquence judiciaire, l'exorde et l'exposition des faits, dont ni les amplifications pathétiques ni les développements de la preuve ne pouvaient diminuer l'effet et la place : c'étaient ces deux parties qui déterminaient l'impression et la conviction des juges. Ce sont celles qu'on doit le plus admirer chez Lysias.
Denys d'Halicarnasse, qui avait entre les mains plus de deux cents discours de Lysias, lui fait un grand mérite de la variété qu'il a su mettre dans ses commencements, où il ne copie jamais ni les autres ni lui-même. Et en effet, comme le remarque le même écrivain, cette qualité emprunte une grande valeur aux habitudes athéniennes, qui semblent avoir permis, non- seulement de se répéter soi-même, mais aussi de se servir sans scrupule des cxui des des autres. Malheureusement, dans le
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petit nombre de plaidoyers que nous ont laissés les attiques, nous trouvons, entre le commencement du discours de Lysias sur les biens d'Aristophane et celui d'un plaidoyer antérieur d'Andocide sur les Mystères, une ressemblance qui dépasse à nos yeux les limites d'une imitation légitime. Ce sont les mêmes idées, et, à peu de chose près, les mêmes expressions. Que penser des éloges de Denys d'Halicarnasse ?
Ne nous hâtons pas cependant de rejeter l'autorité du critique ancien, et cherchons la portée véritable du fait qui semble la condamner. D'abord nous avons lieu de croire que Lysias fut réellement l'auteur de la plupart de ses exordes ; ensuite, rappelons-nous les procédés de l'esprit grec, si différents de ceux de l'esprit moderne. Dans les arts, en Grèce, les traditions s'établirent avec une régularité et une précision que notre intelligence a peine à saisir. Elles revêtirent de bonne heure des formes nettes et arrêtées qui eurent pour effet d'exclure jusqu'à un certain point la nouveauté, ou plutôt la nouveauté ne put consister que dans l'emploi plus habile et plus ingénieux de moyens connus. La fidélité de l'imitation fut donc un principe admis, et le mot de plagiat, qui fait frémir la vanité des auteurs de nos jours, ne fut pas inventé, malgré un grand nombre de plagiaires qui ne se cachaient pas. Les écoles des artistes produisirent
une foule de ces plagiaires avoués et innocents, et c'est ce qui explique en partie, dans l'architecture et dans la statuaire, la sûreté de l'exécution, la perfection des détails et cette longue succession de chefs-d'œuvre que plusieurs siècles ne purent épuiser, dont l'unité résista longtemps aux modifications inévitables du goût et aux altérations de la décadence.
Si les arts, qui étendent si loin leur domaine dans 1 imagination, ont dû accepter le joug de formules précises et de types consacrés, nous étonnerons-nous de remarquer un fait analogue dans l'éloquence judiciaire, qui est toute de pratique et d'expérience ? Malgré la multiplicité des causes, le nombre des genres dans lesquels elles rentraient n'était pas infini. Pour ne parler que des exordes, on dut arriver vite à les classer dans des catégories où se produisaient invariablement les mêmes conditions et les mêmes circonstances ; on en vint à reconnaître, non-seulement que certaines idées, mais même que certaines formes convenaient mieux à certaines situations. De là des traditions et des habitudes, qui peut-être même furent de bonne heure fixées par des espèces de manuels où chacun puisait sans hésiter. Il arriva aussi que des orateurs firent d'avance, pour leur usage particulier, des développements destinés à figurer, dans l'occasion, .ni commencement ou au milieu de leurs discours.
On attribuait à Démosthène cinquante-six exordes de cette nature.
Toutefois l'existence de ces recueils ne dispensa pas les orateurs de l'originalité du talent ni du sentiment actuel des convenances. Les manuels ne suffirent pas plus pour faire un bon exorde que les répertoires de preuves pour faire une bonne argumentation. Il est curieux d'observer chez les grands orateurs de l'antiquité ces traces de l'éducation des rhéteurs et le parti qu'ils en purent tirer ; mais il faut bien prendre garde d'aller jusqu'à supprimer leur valeur personnelle et de méconnaître leur génie. Quant à Lysias, s'il ne justifie pas complètement les expressions de Denys d'Halicarnasse, si quelquefois il employa comme les autres des moyens qui étaient, pour ainsi dire, à la disposition de tout le monde, ce qui le distingua, ce fut le tact avec lequel il s'en servit et le juste sentiment des situations auquel il les subordonna. Ce qu'il dit dans telle circonstance n'est pas de son invention? Mais c'était ce qu'il fallait dire, et il le dit de telle façon qu'on ne pense pas au procédé et qu'on n'est occupé que du sujet. Le résultat cherché est donc obtenu; la critique pourra réclamer plus tard, mais sur le moment la cause n'y perd rien. Or il s'agit moins pour un avocat de faire preuve d'invention que de gagner son procès.
Lysias, dans ses exordes imités ou non, eut donc
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à un degré remarquable l'intelligence des besoins de la cause. Par là il sut animer ses œuvres; il se rendit complètement maitre des procédés et poussa l'habileté de l'avocat jusqu'à la dissimuler sous l'abandon de la nature : à la place d'un rhéteur muni de son bagage oratoire, il mit des hommes vivants, ayant leurs caractères et leurs physionomies, et réellement inspirés par les circonstances de leurs situations.
Voici, par exemple, les premières paroles qu'il fait dire à un jeune homme accusé de refuser le payement d'une dette :
« Aussitôt qu'Archébiade m'eut intenté ce pro- « ces, j'allai le trouver, juges, et lui représentai « que j'étais jeune et sans expérience des affaires, « qu'il me répugnait de paraître devant un tribuce nal. Si je te parle de mon âge, lui disais-je, ce « n'est pas pour te donner un mauvais prétexte : « fais venir tes amis et les miens, et expose-leur « comment la dette a été contractée ; et, si tu leur « parais dire la vérité, sans qu'il soit besoin de « procès, prends ton bien et emporte-le. Mais il « est juste que tu ne caches rien et que tu dises « tout en présence d'un adversaire trop jeune pour « te tendre un piège : nous pourrons ainsi, instruits « de ce que nous ne savons pas, nous consulter « sur tes prétentions, et peut-être verrons-nous « clairement si tu désires injustement mon bien,
« ou si tu cherches justement à rentrer en posses- « sion du tien. — Malgré ma proposition, jamais il « ne voulut consentir à une entrevue, ni exposer « ainsi sa réclamation, ni accepter l'arbitrage que « lui offrait votre loi sur les arbitres *. »
Ce début n'est-il pas la préparation la plus habile de la défense? N'est-il pas bien calculé pour dissiper les préventions inspirées par le seul nom de débiteur et pour les changer en dispositions bienveillantes? Les efforts qu'a faits l'accusé pour entrer en accommodement, son inexpérience, sa jeunesse, son éloignement pour les procès : telles sont les idées adroitement présentées par Lysias pour atteindre ce but difficile. Mais son principal mérite c'est de les avoir exprimées avec un naturel et une vraisemblance qu'une traduction ne laisse deviner que très-imparfaitement : les juges sont déjà gagnés, et cependant on ne sent aucun effort pour parvenir à ce résultat; quelques paroles ont suffi à Lysias pour concilier à son client cette confiance si précieuse. C'est ainsi que sur la scène un mot de situation produit un grand effet là où une tirade paraîtrait froide : le triomphe de l'art est d'arriver à se cacher complètement pour laisser parler la nature elle-même. L'orateur Isée, exprimant plus tard les mômes idées, est resté, comme