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l'a observé Denys d'Halicarnasse, fort inférieur à Lysias. Son style est aussi clair, aussi net et aussi pur, ses phrases sont mieux faites; mais il n'y a plus chez lui cet air de jeunesse et de naïve franchise qui dut assurer le succès de son prédécesseur.
L'art de recommander un client à l'opinion des juges, le juste sentiment des convenances, la clarté et la netteté, le naturel, telles sont les qualités des exordes de Lysias; telles sont aussi celles de ses narrations, où elles peuvent même se développer davantage. Les narrations, en effet, tiennent la principale place dans les plaidoyers de l'orateur athénien : souvent elles se mêlent à l'exorde, quelquefois même le remplacent; elles reparaissent encore dans l'argumentation, qu'elles préparent toujours. C'est donc dans les narrations que dut surtout se montrer le talent de Lysias; ce sont elles principalement qui lui méritèrent les suffrages des critiques anciens : « Il n'y a rien de « plus parfait que Lysias, dit Quintilien l, si le rôle « de l'orateur se borne à instruire. » Denys d'Halicarnasse2 l'appelle la règle de l'éloquence dans la narration oratoire, et pense que les préceptes qui la concernent ont été tirés pour la plupart des modèles écrits qu'il avait laissés.
Dans les narrations, il s'agit de composer un