LAIT; PAR
coupes, afin de montrer combien sont exactes les figures ainsi obtenues.
Supposons un utérus monté dans la paraffine et orienté sur le microtome de manière à obtenir des coupes transversales se succédant d'avant en arrière, c’est-à-dire des coupes faites selon un plan parallèle à la face antérieure de l'utérus, et débitant celui-ci en allant de la face antérieure à la face postérieure. En passant en revue la série des coupes, montées régulièrement sans omission d’une seule (la pièce que nous prenons ici pour exemple a fourni 215 coupes) ‘, nous trouvons d’abord des coupes qui ont enlevé seulement les couches les plus superficielles de la paroi antérieure de l'utérus; c’est seulement avec la 50° coupe que nous avons une préparation où se montre d’une manière assez significative une partie des cavités ulérines ; nous prenons, à la chambre claire, le dessin de cette coupe, tel qu'il est reproduit dans la fig. 1, en A. On voit que sur cette coupe, outre les cornes utérines, nous trouvons déjà deux fragments de l’oviducte gauche (T G). Continuant à passer en revue les coupes, nous ne nous arrêtons pas à celles qui diffèrent à peine de celle dessinée. Mais 16 coupes plus loin, c’est-à-dire arrivés à la 66° préparation, apparaissent des détails assez nouveaux pour que nous jugions nécessaire de prendre le dessin, à la chambre claire, de cette 66° coupe, telle qu'elle est reproduite dans la fig. I, en B; puis, de même, 21 coupes plus loin, c’est-à-dire à la 87° pièce, que représente la fig. [, en C; puis, 27 coupes plus loin (114° de la série), nous prenons la fig. I, D; puis la fig. I, E (126° coupe)
et enfin la fig. F (156° coupe). Dans ce choix des coupes dont un dessin est pris à la chambre claire, on a pour guide la nécessité d’avoir successivement les contours des parties qui doivent être présentés dans un dessin d'ensemble. Si, au moment de la reconsti- tution, une de ces parties manquait, on peut toujours reprendre la revue de la série des coupes, et faire le dessin de celle où se trouve la partie en question.
Pratiquement la reconstitution à faire, avec les éléments A, B, C, D, E,F, de la fig. I, est très simple. Disposant d’encres et de crayons
4. Cette pièce est celle qui a fourni l’ovule représenté dans la figure 145 de la planche I. Dans cette planche nous n'avons représenté que l’ovule, et non l'utérus et la corne utérine qui le renfermait, afin de ne pas faire double emploi, puisque nous nous réservions de donner ici le dessin de cet utérus, comme exemple du procédé de reconstruction employé.
LE
= 9% = de diverses couleurs, nous superposons les unes aux autres, sur un papier à décalquer, les figures A, B, etc., chacune tracée d’une couleur différente; puis, sur ce décalque polychrome, nous tracons à l’encre noire le contour des parties qui se font suite d’une figure à l’autre. Voulant donner ici, sans traits de couleurs différentes, un exemple de ce mode de procéder, nous allons suivre une méthode un peu différente, plus compliquée à certains égards, mais également sûre, et bien propre à montrer les actes successifs d’une reconstitution.
Nous tracons d’abord, par une ligne à traits interrompus, le
À et RE aa C Q
Fig. I. — Coupes destinées aux opéralions de reconstruction qui sont indiquées dans la fig. IT (voir le texte). Utérus et ses annexes débités, transversalement, en 215 coupes : en A, la 50°; — en B, la 66°; — en C, la 87; — en D, la 114°; — en E, la 126°; — en F la 156°.
décalque de la fig. I, A; et sur ce décalque, nous superposons, par un dessin à trait continu, celui de la fig. I, B. Nous obtenons ainsi la fig. IT, 1. Il est facile de voir que les éléments de cette figure, les uns en trait continu, les autres en trait interrompu, nous donnent déjà la continuité de diverses parties (oviducte gauche et parties externes des cavités des cornes utérines), sans que cependant ces parties soient complètes, et que, d'autre part, nous pouvons ne plus tenir compte du tracé à trait interrompu des contours extérieurs de l'utérus. Nous fusionnons donc en un seul et même dessin les parties diversement tracées, en omettant les lignes dont il n'y a plus lieu de tenir compte, et nous obtenons la fig. If, 9, qui est déjà une reconstitution partielle (A + B) avec les deux figures (1) A et B. Cette reconstitution partielle (A + B), nous la décalquons à traits interrompus dans la figure IT, en 3, et nous y superposons le
nt décalque, à traits continus, de la figure I, GC. Nous obtenons ainsi l’ensemble de la figure IT, 3, qui, composée de la reconstitution partielle précédente (A + B), avec superposition de la figure C, peut être désignée par la formule (A + B) + C. Agissant comme précédemment, c'està-dire fusionnant sur celte figure les parties qui se font suite, en omettant les lignes dont il n'y a plus à tenir compte, nous obtenons la figure IE, 4, qui peut recevoir la formule (A + B + C). Continuant la même série d'opérations, nous prenons, en
Fig. II. — Opérations successives de reconstruction avec les éléments fournis par la figure I.
traits interrompus, le décalque de cette figure (A + B + C) et nous lui superposons, en traits pleins, celui de la figure I, D, ce qui nous donne la figure Il, 5, dont la formule sera (A + B + C) + D. Celle-ci, par le dessin au net des parties en continuilé, et omission des lignes inutiles, nous donne la figure Il, 6, dont l’origine est rappelée par la formule (A + B + C + D). Remarquons qu'avec celle figure nous sommes arrivés à une reconslitulion presque complète de la pièce. Les cavités des cornes sont représentées dans toute leur étendue; l'oviducte gauche et l'ovaire sont complets; du côté opposé seulement (à gauche de la figure), l'oviducte droit n'est pas complet (il manque une partie près de son insertion à l'utérus), et l'ovaire droit est trop petit (nous ne sommes pas encore
RC ee
arrivés à la préparation où il est coupé selon son plus grand diamètre), enfin nous n’avons pas encore le col de l’utérus. Or tout ce qui nous manque sur cette figure est présent sur la figure I, en E et F. Procédant donc une dernière fois comme dans les opérations précédentes, nous prenons, en traits interrompus, le décalque de la fig. II, 6, et nous y superposons, d’un seul coup, les figures (1) Eet F, c’est-à-dire y mettons en place les parlies qui manquaient. Nous obtenons ainsi la fig. Il, 7, dont la composition est résumée par la formule (A + B + C + D) +E + F. Cette fois nous avons enfin le tracé, dans leur continuité, de toutes les parties qui consti-
WII
Fig. III. — Résultat définitif de la reconstitution, c'est-à-dire de la combinaison des schémas A+LB+EC+D+HE<+F de la figurel.
tuent l’ensemble de l'utérus et. de ses annexes; seulement ces parties sont encore figurées par des traits, les uns continus, les autres interrompus ; une dernière opération reste à faire pour mettre au net cette figure, et obtenir la figure définitive dont la formule est A+B+C+D+E + F). Cest ce résultat définitif de la reconstitution qui est représenté dans la figure TIT. Nous la donnons dans des dimensions doubles des figures précédentes, pour la mettre en rapport avec les figures semblables de notre planche I‘.
Les utérus et oviductes dont nous reconstituons une figure d’ensemble peuvent contenir un œuf. Par celte reconstruction nous obtenons la place exacte de l'œuf, soit dans l'oviducte, soit dans
4. Ces figures I, II et III ont.été dessinées dans les mêmes dimensions, puisqu'elles sont calquées les unes sur les autres : seulement, à la reproduction par la photographie, nous avons fait réduire les figures I et II de moitié en diamètre.
Eau
l'utérus. Ainsi le murin qui vient de nous servir d'exemple contenait un ovule qui n'était visible que dans les coupes précédant et suivant immédiatement celle représentée dans la fig. I, E. En s'en tenant à cette seule figure LE, E, il pourrait être difficile de dire dans quelle portion de l’oviducte est cet œuf; mais après reconstruction (Gg. I, 7, et fig. III) on voit qu'il est dans la portion étroite de l'oviducte, tout près de l'embouchure de celui-ci dans l'utérus. Et en effet cet œuf est celui qui sera étudié à propos de la figure 15 de la planche I, et qui sera signalé comme arrivé dans la région la plus interne du canal tubaire *.
Nous venons de prendre pour exemple une reconstruction ou reconstitution d’après des coupes faites selon le plan transversal du corps de l’animal, c’est-à-dire des coupes longitudinales des cornes utérines. Les mêmes opérations se pratiquent pour des coupes selon le plan vertical antéro-postérieur du corps, c'est-à-dire les coupes transversales de l'utérus. Nous en épargnerons l’explication au lecteur. Il suffira de jeter les yeux sur les figures 10 et 13 de la planche I, pour voir combien ces reconstitutions donnent des résultats instructifs, notamment pour déterminer la place de l’œuf dans l’oviducte.
Mais par contre nous devons insister sur les opérations de reconstruction que nous avons faites pour les ovules en segmentation afin de déterminer le nombre et les rapports de leurs segments. A cet effet prenons un exemple. Le murin, dont l'ovaire et l’oviducte sont représentés, après reconstruction, dans la fig. 6 de la planche I, contenait un ovule en segmentation, dans le tiers interne de l'oviducte. Cet ovule était présent sur 6 coupes. Nous donnons ici (fig. IV en A, B, C, D,E, F) le dessin de chacune de ces six coupes successives. Au premier abord, en présence de ces aspects successifs si différents, il semble bien difficile de se rendre compte de la disposition des parties constituantes de cet œuf. Cependant on peut remarquer d’abord que le petit cercle qui forme à lui seul la figure A n’est autre chose que le gros segment qui, sur la figure B, apparait en 1, sous la forme d’une grosse cellule avec un beau noyau, puis qui, en C, se retrouve avec un diamètre moins considérable et un noyau plus petit, et qui se retrouve une dernière fois en D, sous la forme d’un petit cercle (comme en A). C'est-à-dire que la partie
1. Dans des figures qui précèdent, nous avons négligé, pour simplifier les choses, de figurer le corps jaune, qui, dans ce cas, siégeait dans l'ovaire gauche.
op E
marquée 1, 1, 1 sur les figures À, B, C, D, est une seule et même sphère de segmentation, que les coupes ont d’abord entamée superficiellement (en A), puis, par deux fois au niveau de son noyau volumineux (en B et C), puis de nouveau superficiellement, de l’autre côté de son noyau (en D). De même, dans les figures B, CG, D, on reconnait, en 2, 2, 2, une seule et même sphère de segmentation, plus petite que la précédente, car elle n’est comprise que sur trois coupes et non sur quatre. Enfin en 3 (fig. G, D etE) et en 4 (fig. D, E, F) on reconnaît d’une part une autre petite sphère de segmenta-
Fig. IV. — Exemple de reconstitution d’un œuf en sezmentation. — A,B;C,D,E,F, coupes successives de cet œuf; — G,H,l, opérations de reconstruction (voir le texte).
tion, 3, et une autre grosse sphère, 4. Cet œuf se compose donc de quatre sphères de segmentation, deux grosses et deux petites. Comment sont disposées, les unes par rapport aux autres, ces quatre sphères? C’est ce qui nous sera indiqué par une reconstruction fort simpie. Nous prenons d’abord (fig. IV en G) le dessin de la cellule 4, dans ses plus grandes dimensions, c’est-à-dire en la décalquant sur la fig. B, et par un point noir nous marquons seulement le centre du fragment de la cellule 2. Alors, sur cette figure G, nous décalquons la cellule 2, d’après la figure GC (où elle présente ses plus grandes dimensions), en ayant soin de faire coïncider son noyau avec le point noir précédemment marqué. Nous obtenons ainsi la fig. H, qui nous donne les rapports de contact et de superposition des cellules ou sphères 1 et 2; sur cette figure H, en décalquant la cellule 2, d’après la figure G, nous avons eu soin de marquer par un point noir le centre du fragment de la cellule 4
Pen” MEL
(voir fig. C, le fragment 4) et le centre du fragment 3. Comme il se trouve que, sur la figure D, les sphères 3 et 4 sont présentes toutes deux dans leurs plus grandes dimensions, nous prenons d'un seul coup le décalque de ces sphères 3 et 4 et nous reportons ce décalque sur la figure H, en ayant soin de faire coïncider le noyau de chacune de ces sphères avec le point noir précédemment marqué comme repère de leur centre. Nous obtenons ainsi la figure Ï, qui est définitive, c'est-à-dire qui nous représente la reconstruction demandée, puisque les quatre cellules en question y sont représentées chacune selon son plus grand diamètre, c’est-à-dire telles qu’elles auraient été vues sur l’œuf non débité en coupe, si l’œil de l'observateur avait examiné cet œuf selon un rayon visuel perpendiculaire au plan dans lequel ont été pratiquées les coupes. La manière dont se recouvrent ces cellules, vues dans cette direction, est indiquée par le fait des portions de contours tracées en traits interrompus.
Nous avons fait la reconstruction en allant de la coupe A vers la coupe F ; nous pourrions la faire, mais la chose serait presque puérile, en allant en sens inverse, c'est-à-dire de F vers À, et alors nous aurions l'aspect de l'œuf tel qu'il se présenterait s’il était vu de l'autre côté (s'il avait été exactement retourné).
L'exemple que nous avons choisi est un des cas les plus simples qui se puissent présenter. C'est l'œuf qui sera étudié ci-après sur les figures 6 et 9, de la pl. I, et on voit en effet que la fig. IV, en Ï, est identique à la figure 9, sauf les deux globules polaires, dont nous avons pensé ne pas avoir à tenir compte afin de simplifier autant que possible cet exemple de reconstruction. La reconstruction devient un peu plus délicate lorsque la segmentation est plus avancée, par exemple pour l'œuf de la figure 14, pl. I; mais elle est toujours possible, et donne des résultats certains si elle est faite avec grand soin. Du reste elle devient inutile dès que les segments dépassent le nombre 9 à 18. Alors il est plus instructif d'étudier les coupes et de représenter celle qui passe par le milieu de l'œuf, ou, si ces coupes sont obliques, de procéder seulement à une reconstruction qui donne une coupe médiane complète. Ainsi on verra, sur la planche I, que nous n'avons eu en somme que quatre reconstructions complètes à faire, celles des figures 9, 11, 12 et 14.
Quelques remarques encore pour bien démontrer la rigueur et la sûreté de ces reconstructions. La fig. 9 (pl. I), aussi bien que les
“Au Es divers éléments de la figure IV, sont à un grossissement d'environ 400 diamètres. Or la sphère de segmentation marquée 1 se trouve avoir, sur ces figures, un diamètre de 10 millimètres, ce qui fait que ce diamètre réel est de 0" 095 (10/400 = 0, 025); c'est ce que nous pourrions appeler la largeur de cette cellule. Puisque ces cellules de segmentation sont des sphères, l'épaisseur doit être égale à la largeur. Or cette cellule est comprise sur quatre coupes (voir en À, B, C, D, fig. IV), et ces coupes sont à 1/150 de millimètre, c’està-dire que chacune a une épaisseur d'environ 0®"0066; l’épaisseur de la cellule, comprenant quatre de ces coupes, doit donc être de 0026 (0,0066 x 4 — 0,0264). On voit donc que les deux dimensions, l’une prise directement, l’autre calculée, se correspondent d'une manière suffisamment exacte (0, 025 et 0, 026).
D'autre part remarquons que ces coupes sont faites à la paraffine, avec le microtome de Minot, qui donne un ruban bien régulier, et que, par le collage de ce ruban sur la plaque porte-objet, chaque coupe se trouve orientée exactement comme celle qui précède et celle qui suit. En faisant donc glisser selon une ligne droite la plaque porte-objet, lors de l'examen et du dessin successif des coupes, on obtient des figures qui sont exactement superposables. Les lignes horizontales tracées sur la figure IV représentent précisément cette ligne de glissement de la préparation sur la platine du microscope, et on peut disposer sur cette platine, ainsi que cela existait sur les anciens types des microscopes de Nachet, un petit appareil qui serve de guide au mouvement de la préparation, la maintenant toujours sur la même ligne transversale de droite à gauche. Dans ces conditions on peut avoir confiance dans les points noirs tracés, pendant la reconstruction, pour servir de repère au centre d’une sphère de segmentation, et placer ensuite le noyau de cette sphère en coïncidence avec ce point noir. En un mot, et par bien d’autres artifices (oculaire quadrillé ou muni simplement d’un fil), on peut être assuré que par exemple la cellule marquée 2, 2, 2 dans la fig. IV, en B, G, D, est bien toujours la même cellule, et non une autre qui serait venue se substituer à sa place, par déviation et obliquité de la préparation. Tous ces détails seraient bien longs à énoncer par le menu. Nous les abrégeons; nous pensons en avoir dit assez pour être compris de ceux qui ont l'habitude du maniement du microscope et du dessin à la chambre claire, pour les coupes régulièrement sériées.
TT a
Divisions et plan. — Nous l'avons dit dès le début, notre première intention était seulement d'étudier le développement du placenta; mais comme les formations ectoplacentaires sont très précoces, il a fallu se rendre compte du développement de l’amnios, à propos duquel nous avons trouvé des faits singulièrement intéressants. Disposant de pièces relatives aux stades antérieurs à la première apparition de l’amnios, et cette première apparition pouvant donner lieu à des interprétations qui font intervenir les stades de gastrula et de blastula, nous avons dû étudier la segmentation de l’œuf, c’està-dire présenter une histoire presque complète des feuillets du blastoderme, du moins chez le murin. Nos études présentent encore à cet égard bien des lacunes; mais nous nous proposons de les combler en réunissant de nouveaux matériaux, comme il a été dit précédemment.
D'autre part, examinant des pièces empruntées au murin, au rhinolophe et à la pipistrelle, nous avons constaté de nombreuses différences entre ces animaux, tant pour la constitution du placenta que pour les dispositions des annexes embryonnaires et même de la blastophère. Ces différences ne sont guère plus importantes que celles que, chez les carnassiers, nous avons trouvées entre la chienne et la chatte. Toujours est-il que nous devons présenter à part l'étude de ces trois types de Chéiroptères. Ce travail comportera donc trois grandes divisions, dont chacune sera consacrée à l’une des espèces en question.
Prnrert Sera,
Re M LE" ire