AVANT-PROPOS
En 187G, ine trouvant à Madrid, j'allais souvent tout au bout de la rue de Don Pedro examiner les curiosités littéraires que renfermait alors le palais de l'Infantado. Quand je dis palais, c'est pour me conformer à l'usage qui désigne ainsi les hôtels de la Grandesse espagnole ; car rien dans l'aspect extérieur de la vaste bâtisse, sans style, nue et blanchie à la chaux, ne rappelait l'origine de son très illustre propriétaire, D. Mariano Tellez Giron, duc d'Osuna, de Tlnfantado el autres lieux. Et l'intérieur ne faisait pas, à première vue, une meilleure impression.
La porte franchie, on se serait cru dans quelque administration où le public besoigneux afflue et stationne : monl-de-piété ou caisse d'épargne. Le grand escalier d'honneur, orné encore de deux ou trois tableaux de (liasses, ne servait guère qu'aux commis des gens d'affaires, (M'éanciers du duc ruiné, qui avaient établi leuis bureaux dans sa propre demeure ; seuls leurs pieds crottés foulaient ces marches qu'avaient