Madrid, 1682, in-folio
2. Au xvii« siècle, on prononçait assez habituellement Hernan Nunez, et ce qui le prouve est l'orthographe Eriian Nunez employée par des étrangers comme M™« de Viliars ou William Godolphin. Cependant le troisième comte signait Fernan Nunez, et c'est cette forme qui a prévalu dès le commencement du xviii* siècle.
vraiment le troisième comte du nom, qui, par ses propres mérites aussi bien que par son très avantageux mariage, tira sa maison de l'obscurité relative où elle s'était maintenue et contribua pour beaucoup à l'amener à l'état florissant où nous la voyons apparaître au XVIII® siècle et plus tard.
D. Francisco Gutierrez de Los Rios, troisième comte de Fernan Nunez, débuta comme page [menino) de la reine Marie-Anne d'Autriche, et, en cette qualité, eut l'honneur d'escorter jusqu'à la frontière, en 1660, l'infante Marie-Thérèse, future reine de France. Dès qu'il eut ceint l'épée, on l'embarqua à bord de l'escadre de l'Océan où il fit ses premières armes pendant la guerre de 1667. Sans interrompre cette carrière militaire et navale, qui le porta successivement aux grades élevés de général de l'artillerie et de gouverneur de l'escadre de l'Océan, Fernan Nunez sut remplir aussi avec succès quelques missions diplomatiques auprès de l'Empereur et des rois de Suède et de Pologne. La nouvelle dynastie, malgré tout ce qu'il pouvait devoir à l'ancienne, n'eut point d'avocat plus convaincu, de plus entêté défenseur; il fut des premiers à prendre parti pour Philippe V et à lui offrir ses services. Les Autrichiens le détestaient, et, lui appliquant le sobriquet injurieux donné par les Catalans aux Philippistes, l'appelaient « le plus grand butifler d'Espagne* )). Au contraire, les Français de l'entourage
1. Lettre de D. Juan Antonio Romeo à l'archiduc Charles. Barcelone, 15 septembre 1710 {Revista de archivas, bibliotecas y museos, t. III, p. 26). Le mot butifler signifie « joufflu ».