Iiifantado à Sali.:, Madrid. 21 janvier
entre autres témoins, figurèrent Emmanuel de Salm Salm, sa sœur la princesse de Starhemberg, la duchesse de Bouillon et Aranda*. L'année d'après, et en raison peut-être de certaines obligations mondaines que leur créait ce mariage de leur fille avec un des plus grands seigneurs des Pays-Bas autrichiens, les Infantado quittèrent le faubourg Saint-Germain, où ils se trouvaient trop à l'étroit, pour s'établir dans le superbe hôtel de la rue Saint-Florentin, construit en 1767 par Chalgrin et qui appartenait alors aux Fitz James. Le contrat de vente, du 5 septembre 1784, porte que l'acquisition fut faite par la princesse Marie-Anne de Salm Salm, avec l'autorisation de son mari*. Les nouveaux propriétaires ne se contentèrent point d'acheter cet hôtel, ils l'agrandirent et le complétèrent par des écuries somptueuses, mais d'un goût assez singulier, que construisit en 1786 l'architecte Cellerier^
La Révolution chassa ces grands d'Espagne qui avaient élu domicile à Paris et dont les immenses richesses se répandaient comme une manne bienfaisante sur nos industriels et nos pauvres. En 1789, la duchesse quitta définitivement Paris, non sans emporter les regrets des gens raisonnables et con-
1. Goethals, Miroir des notabilités nobiliaires de Belgique, des Pays-Bas et du nord de la France, Briîxelles, 1862, t. II, p. 297.
2. Communication du baron Alphonse de Rothschild, propriétaire actuel de l'hôtel.
3. KrafFt, Plans, coupes, élévations des plus belles maisons et des hôtels construits à Paris et dans les environs, Paris, s. d. (1795 à 1801), pi. 54.
l'hôtel de la hue saint-florentin 193
scients du dommage que cet exode d'opulents étrangers allait causer à la population parisienne. « Les u inquiétudes données à tous les citoyens, dit un « écrit de l'époque, ont causé des émigrations infi- ({ nies ([ui ont prodigieusement diminué le produit (( des impôts sur les consommations. Ainsi, des in- « suites faites à Madame l'Infantado, qui consommoit <( en France environ 800,000 livres, dont plus de la « moitié appartcnoit aux pauvres, viennent de lui (( (aire quitter le royaume et l'ont ramenée dans sa (( patrie '. » L'hôtel de la rue Saint-Florentin, abandonné par ses hôtes, fut vendu une douzaine d'années plus tard (20 frimaire an 9) par la duchesse, alors veuve, à D. José Martinez de Hervas, marquis d'Almenara ; mais l'illustre nom d'Infantado lui resta longtemps encore attaché, même après qu'il fut devenu la demeure de Talleyrand'^.
Leslnfantado, en quittant Paris, ne se rendirent pas directement en Espagne ; ils durent séjourner quelque temps dans les Vosges', et ensuite en Allemagne, car c'est, comme il a été dit, à Francfort-sur-le-Mein que le duc mourut, le 2 juin 1790.
Son fils aîné, nommé aussi Don Pedro, qui lui succéda dans tous ses majorats, se couvrit comme
1. Adresse aux provinces ou Examen des opérations de l'Assemblée Nationale, 1789, in- 8".