OPÉRATIONS SUR LE TERRAIN
OÙ elle se trouvait, n'aurait pu être ni secourue ni même appuyée par les feux de l'escadre. Mais les Algériens restèrent postés sur les hauteurs qui couronnent la baie et, plus près aussi du rivage, dans des jardins, tapis derrière des haies d'aloès ou des monticules de sable, d'où ils tiraient avec de mauvaises armes, mais à coup sûr, sur les Espagnols, qui enrageaient d'être ainsi fusillés sans même pouvoir discerner leurs ennemis : les seuls qu'ils réussirent à voir furent quelques groupes de cavaliers qui vinrent attaquer leurs flancs et furent promptement dispersés par les canons de la flotte.
O'Reilly, quoi qu'il eût pu constater dès son arrivée sur le terrain que ses ordres n'avaient pas été exécutés, ne fit rien pour former ses troupes en colonnes : soit qu'il eût changé d'avis, soit qu'il reconnût l'impossibilité d'opérer si tardivement cette manœuvre. Pour déloger les Algériens des jardins où ils se tenaient cachés, il fit avancer quelques compagnies de chasseurs. Cette troupe légère fut bientôt décimée par le feu de l'ennemi et dut se replier. 11 ne restait plus qu'à tenter une attaque générale. C'est ce qui eut lieu ; les tambours battirent la charge et toute la ligne se porta vivement en avant, baïonnette au ciinon. Qui commanda cette marche ? Les rchilions plus on moins inspirées par O'Reilly dégagent sa responsabilité et donnent à entendre que le mouvement, qui commença par la gauche, où se tiou valent les Gardes Wallones, s'effectua sans aucun ordre de sa part. Fernan Nunez ne parait pas très disposé à accepter cette version : a Tout ce que