‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 114 sur 190 · Alicante, 29 juillet · texte numérisé non relu

Alicante, 29 juillet

228 GRANDS d'eSPAGNE

avait-il d'autres raisons pour souhaiter une existence plus retirée et plus calme ? Il semble en tout cas que la mystérieuse amie d'Italie dont il a été parlé tînt encore une grande place dans ses pensées et fût un peu cause des désillusions et de la sensation de vide dont il fait l'aveu à Salm. « Tâche de la « voir en passant par Bologne et dis-moi ce qu'elle « t'aura dit de moi, car nous sommes maintenant (( sur le pied de l'amitié ; mais n'aie l'air de rien, si <c elle ne te questionne pas. » Il demande aussi à Salm de lui communiquer ses projets, parce qu'il craint que les faveurs et l'éloquence persuasive de Joseph II n'éloignent le prince et ne le « mènent ailleurs » ; et, en finissant, il lui donne des nouvelles de quelques camarades qui ont pris part à l'échauffourée d'Alger : Borghese, revenu avec les frégates de Naples et qui est malade à Carthagène ; D. Pedro de Silva, frère du marquis de Santa Cruz, qui commandait à Alger son régiment à^ Afrique, sous les ordres du brigadier marquis de La Canada, à l'aile gauche de l'armée ; puis l'inséparable Caamano, dont le régiment de Majorque, représenté par un bataillon, fut placé dans le corps de réserve. Tous trois ont sauvé leur peau.

A un mois de là, Fernan Nunez réside à Valence où sa sœur, la duchesse de Béjar, est accourue pour lui tenir compagnie et le soigner.

« Devine, écrit-il à Salm, devine qui m'a remis une lettre du 8 courant dans la même chambre où tu te coiffais quand tu es venu me rendre visite ici ? Il est im-

Page 1