DON CARLOS ET SA SŒUR
une louable modération, mais avec fermeté, son opinion sur la conduite d'O'ReilIy, qui, en cette occurrence, manqua totalement de grandeur d'âme, Don Carlos passe à l'autre sujet qui lui donnait le plus à penser et lui causait le plus de tourment d'esprit. Il remercie Salm d'avoir renseigné et rassuré son amie sur ce qui s'est passé en Afrique ; il compte que le prince lui fera savoir comment il l'a trouvée et ce qu'elle lui a dit. La lettre se termine par un post-scriptum de la duchesse de Béjar, en français.
De Totre toilette, ce 29 aoust.
« J'ai reçu, mon cher ami, vos deux lettres de juillet et du 1" aoust, la première à mon départ de Madrid, la seconde à mon arrivée ici ; il ne me reste rien à ajouter au sujet de mon frère, vous ayant écrit tout de suite après son malheur. J'ai d'abord pensé à vous dans ce moment là, comme ma lettre vous l'aura déjà prouvé, j'espère. Voilà ma manière de vous maltraiter; vous ne vous plaindrez jamais de moi plus raisonnablement que cela. Quand aurez-vous une belle-sœur abbesse, et quand hériterezvous des pensions de M. l'Abbé? Instruisés-moi bien de tout ce qui vous intéresse, je vous fais grâce du reste. Votre présent pour la petite-nièce doit être arrivé, mais, étant ici, je n'ai pu le voir, ni mon ami le porteur non plus. Sylva ' est logé chez nous, nous menons une vie unie et tranquille. Amusés-vous et ne nous oubliez pas. Je ne vous dis rien du plaisir que j'ai eu d'embrasser mon frère ».
On sait que le désastre d'Alger eut pour conséquence politique la chute du premier ministre de