D. Pedro de Silva, frère du marquis de Santa Cruz
Charles III. Grimaldi cependant ne tomba pas tout de suite. Le rusé et intrigant Italien essaya d'une savante manœuvre pour rétablir son crédit fort ébranlé ; il pensa faire un coup de maître en persuadant au Roi d'admettre dans son conseil d'Etat son fils aîné, le prince des Asturies, qui avait été jusque-là soigneusement tenu à l'écart de la politique : il était grand temps, disait-il, que le Prince qui devait régner un jour fût initié aux secrets de l'Etat. En réalité, Grimaldi cherchait par là à réduire un ennemi, à amadouer le futur Charles IV, accaparé et dominé par les Jragonais qui travaillaient depuis longtemps à ruiner le ministre italien pour s'emparer de la direction des affaires. La manœuvre de Grimaldi ne réussit pas. Comme auparavant, le Prince n'agit que sur les insinuations de sa femme et de sa camarilla, et continua son opposition au ministre. En sorte que ce dernier mécontenta le père, fort jaloux de son pouvoir absolu et qui n'aimait pas à le partager même avec ses proches, et ne gagna pas non plus le fils. Dans ces conditions, la place devenait intenable et le moindre incident devait décider une retraite que tout le monde considérait comme forcée. Une question d'étiquette quelconque amena Grimaldi à donner sa démission, qui fut acceptée en novembre 1776*. Pour reconnaître ses services, le Roi le nomma ambassadeur à Rome ; puis, l'année d'après,