‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 12 sur 190 · Bruxelles · texte numérisé non relu

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celles que prescrit l'Eglise, il recommande de s'abstenir des oraisons « que tient pour pieuses l'igno- « rance des femmes et qui d'ordinaire sentent plutôt (( la superstition. » Pour un contemporain du Roi ensorcelé, voilà qui n'est déjà pas mal. De même, sur une grave question sociale, celle des majorats, le comte, quoique chef de maison noble, mayorazgo lui-même, énonce des théories dignes d'un Campomanes ou de tout autre écrivain philosophe de la fin du XVIII® siècle. L'institution des majorats est, dit-il, un produit de la vanité et de la manie d'(( être considéré » ; on frustre ainsi l'Etat de ses revenus les plus légitimes, les plus faciles à percevoir et les moins lourds : des droits sur les achats et les ventes. Et que de préjudices causés par cette fatale coutume aux vassaux et à l'agriculture ! Ne voit-on pas la plupart des maisons dépendant d'un majorât au bout de peu d'années tomber en ruines? C'est que le possesseur, sitôt que la rente dont il jouit ne suffit plus à l'entretien de l'immeuble, le laisse s'effondrer. Un autre inconvénient du majorât est la disparité qu'il établit entre les cadets et l'aîné : de là tant de rancunes, de haines inextinguibles. Il faudrait donc, et c'est sa conclusion, restreindre la faculté de créer des majorats. Réduits à l'état d'exceptions, ils rendent quelques services; multipliés à foison, comme ils commençaient à l'être au xvii^ siècle, ces privilèges sont pernicieux. — Pour passer à un autre sujet : l'étude des langues suggère au comte quelques réflexions judicieuses, aujourd'hui intéressantes à noter. L'homme bien élevé, dit-il, doit apprendre

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