‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 124 sur 190 · D. Juan José Vertiz, nommé lieutenant-général en · texte numérisé non relu

D. Juan José Vertiz, nommé lieutenant-général en

4. Thomas Robiuson II, baron Grantham of Grantham, ambassadeur d'Angleterre à Madrid de 1771 à 1779.

5. L'ambassadeur de Portugal, D. Francisco Innocencio de Souza. Nommé en décembre 1774, il mourut à Madrid, le 6 février 1780.

LE CIIEVALÏEH DE JER^•I^'GHAM 211

Le bon Colonna, transporté de joie, donna la nouvelle toute chaude à Milord, dans le grand escalier. Tu vois d'ici la figure qu'ils ont faite tous deux : Milord en apprenant la chose, et Colonna après le premier moment d'etourderi.... »

Dans la lettre suivante, qui est du 14 août 1777, Fernan Nunez s'occupe beaucoup moins de son prochain mariage que de questionner Salm sur les faits et gestes des Infantado et de la colonie espagnole de Paris. Il s'intéresse infiniment, dit-il, aux succès de la duchesse en France ; il a appris qu'elle a assisté avec plaisir à un dîner à Lyon, il la voit bientôt en petite coterie au milieu des élégantes de Paris qui la considéreront comme une femme descendue du ciel. « 11 serait à propos que notre grosse La Trémoille* « et sa suite s'appliquassent à l'imiter et à mettre la (( dévotion à la mode ; mais cela ne leur revient « guère. Fais mes compliments à toutes ces bonnes (( gens et à notre Gerningham "*. Dis à ta sœur que « son souvenir de Lyon m'a véritablement touché et « augmenterait encore, si c'était possible, la recon- (( naissance et l'affection que je lui ai vouées. » Le mariage du comte est toujours fixé au mois d'octobre et se fera probablement par procuration en

1 . Marie Maximilienne, princesse de Salm Kirbourg, femme de Jean Bretagne de la Trémouille, duc de Thouars.

2. Charles Jeruingham, appelé à Paris le chevalier de Jerningham ou le chevalier de Barfort, était fils cadet du cinquième baron de StalforJ et frère du poète Edouard Jer-

fningham. Il fut nommé colonel en second du régiment de 'Dillon, au service de France, en mai 1776. En 1784, il fut promu maréchal de camp.

Galice où Fernan Nunez ira chercher sa femme, les parents de celle-ci ne devant pas venir en Castille. En attendant, Don Carlos a reçu un portrait de sa fiancée, « horriblement mal peint et nullement ressemblant ». Puis il passe la plume à sa sœur :

« Mon ami, vous aurez trouvé à Paris une lettre qui ne vous aura appris rien de fort nouveau, mais qui vous aura prouvé que vos amis sont toujours les mêmes pour vous, quoiqu'ils ne vous le disent pas plus souvent. Vous ne m'en demandez pas, dites-vous, la raison. C'est ce que vous auriez grand tort de faire; ce seroit oublier que nous sommes convenus que vous n'aurez jamais des doutes sur ce qui regarde ma constante amitié. La façon incommode dont j'écris cette lettre en est une bonne preuve. C'est un petit livre, qui par-dessus le papier suit ma plume, qui me sert de table ; je suis dans mon lit, pas fort malade, mais souffrant de la tête, à mon ordinaire. Continuez de nous parler en détail de la colonie, cela m'intéresse, m'amuse et me fait grand plaisir. Je suis charmée de celui que vous avez eu en les voyant tous bien portants ; portez-vous de même et embrassez votre sœur de ma part le plus tendrement qu'il vous sera possible. N'abusez pas de sa complaisance pour vous en l'obligeant trop souvent à quitter sa solitude, car vous lui donnerez l'envie de retourner à San Andres ^ Si je ne pensois qu'à moi, je vous prierois du contraire. Mille choses à mon bon Tabara ^ et à toute la famille » .

Enfin, le pas difficile a été heureusement franchi; Fernan Nuiiez est marié et, en somme, satisfait de

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