‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 126 sur 190 · Madrid, 9 janvier · texte numérisé non relu

Madrid, 9 janvier

2. Correspondance complète de la marquise Du Deffand, éd. de Lescure, t. II, p. 631.

suspicion par son cousin Joseph P"", Jean de Bragance ou le duc de Lafôes, comme on le nommait dans son pays^, avait pris le parti prudent de quitter le Portugal et s'était mis à voyager en Europe et en Asie pour se distraire et s'instruire. Pendant un temps même, il entra, comme volontaire, au service de l'Autriche et, au cours de la guerre de Sept Ans, commanda un corps de l'armée de Marie- Thérèse. Sans doute ce fut à Vienne que Fernan Nunez le rencontra et lia connaissance avec lui ; nous savons, en effet, que Bragance s'y trouvait en 1774^. Venu à Paris à la fin de Tannée 1777, il fut aussitôt présenté à la cour par l'ambassadeur portugais ; on parla même un instant de le marier à une princesse française. Mais l'avènement de Dona Maria (24 février 1777) et la chute de Pombal lui rouvrirent les portes de sa patrie où il rentra en octobre 1778. Le duc de Lafoens appartenait, bien entendu, au groupe des « ilustrados )), mais, doué d'un grand sens pratique et instruit par ses voyages, il ne faisait point parade d'irréligion ni ne formait de projets chimériques. En Portugal, il rendit de bons services à l'instruction publique et fonda l'Académie des sciences de Lisbonne ; sa mémoire est encore très vénérée parmi ses compatriotes. On conçoit que Fernan

1. Correspondance secrète inédite sur Louis XVI, publiée par M. de Lescure, Paris, 1866, t. I, p. 188.

2. Il fut « déclaré » duc de Lafoens au mois de mai 1777 par la reine Dona Maria.

3. Garât, Mémoires historiques sur M. Suard, Paris, 1820, t. II, pp. 220 et suiv.

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