‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 133 sur 190 · La galerie des dames françaises, Londres, 1790, p · texte numérisé non relu

La galerie des dames françaises, Londres, 1790, p

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alors que le pamphlétaire anonyme énumère complaisamment d'autres amants supposés de la duchesse, et par exemple ce chevalier de Jerningham, dont il a été question plus haut et qu'il qualifie : « l'étalon en titre, actuellement, de M*"® de Bouillon*». Doit-on en conclure que le prince Emmanuel n'avait point encore pris auprès de la duchesse la place qu'il tint par la suite? Possible. Mais il serait oiseux de vouloir pénétrer les origines de cette liaison délicate et tendre.

L'année 1783 fut marquée pour Salm par un événement qui eut une grande influence sur sa carrière et consolida singulièrement sa situation d'officier étranger au service de France. Elevé déjà, le 5 décembre 1781, au grade de maréchal de camp, il obtint deux ans après une faveur plus signalée et plus avantageuse : la propriété du régiment qu'il commandait jusque-là au nom du prince d'Anhalt. En vertu d'une convention passée entre le Roi Très Chrétien et les régents des états de Salm Salm, le 22 février 1783, il fut décidé que le régiment d'infanterie allemande, ci-devant Anhalt, porterait désormais le nom de Salm Salm et continuerait d'être au service de la France, comme précédemment, et aux ordres du Roi ou de ses successeurs. En outre, l;i ( onvention portait: que le prince régnant de la maison de Salm Salm serait propriétaire de ce régi-

l. Les petits soupers et les nuits de i hôtel Bouillon. A. Bouillon, 1783. L'auteur prétend a>oir fait imprimer son factum une première fois en 1782.

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ment, mais que Sa Majesté, daignant agréer les arrangements faits par cette noble maison en faveur du prince Emmanuel, permettait que ce dernier conservât, sa vie durant, la qualité et les prérogatives demestre de camp propriétaire dudit régiment*. Un tel traité était des plus honorables pour la maison de Salm Salm et surtout- pour le prince Emmanuel qui en bénéficiait le premier ; il assurait en effet à cette famille princière la propriété du plus ancien régiment allemand au service de France, régiment levé pour la première fois en 1667 parle prince Guillaume de Fûrstemberg, évêque de Strasbourg; et, qui plus est, la concession avait lieu en forme de capitulation. Or, trois maisons d'Allemagne seules étaient traitées aussi favorablement: Hesse-Darmstadt, Deux- Ponts et Nassau ; les autres régiments de maisons n'avaient point de capitulation. Grâce ainsi à la faveur dont jouissait à la cour de Louis XVI le prince Emmanuel, les Salm Salm rehaussaient leur prestige, devenaient nominalement les égaux de princes souverains d'une bien autre importance : tout était pour le mieux. Mais voici qu'un incident imprévu faillit compromettre l'heureuse négociation qui venait

1. Ordonnance du Roi pour mettre le régiment d'Anhalt sous le nom de Salm Salm, et expliquer ses intentions relativement à ce changement. Du 13 mars 1783. Paris, 1783, in4<'. Un exemplaire de cette ordonnance se trouve, avec le texte de la convention, dans le carton T 1541-3 des Archives Nationales. Diverses objections faites à ces arrangements par Vergennes sont consignées dans une lettre de ce ministre au marquis de Ségur, du 11 février 1783 (Aff. Etr. ; France, Mémoires et documents, vol. 1461, fol 284).

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